mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | LESAGE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 1er septembre 2020, enregistrée au greffe du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 4 septembre 2020, le président par intérim du tribunal administratif de Versailles a transmis la requête présentée le 15 juillet 2020 par M. C A.
Par cette requête, M. A, représenté par Me Lesage, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, une décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ainsi que la décision du 23 avril 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande tendant à la restitution de quatre points sur le solde de son permis de conduire, à la suite de l'accomplissement d'un stage de sensibilisation à la sécurité soutière ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer quatre points sur le solde de son permis de conduire, de retirer la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire et de lui restituer ce dernier, à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 540 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a suivi un stage de sensibilisation les 6 et 7 mars 2020 et que c'est à tort que le ministre de l'intérieur lui a refusé le bénéfice de la récupération de points en résultant ; que la décision du 23 avril 2020 est insuffisamment motivée ; que la décision " 48 SI ", qui ne lui a jamais été notifiée, est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de reconstitution de ses points ; qu'il n'a pas reçu, s'agissant de cette décision, et de toute autre décision de retrait de point, les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable.
Par une ordonnance en date du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Coblence, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande l'annulation de la décision en date du 23 avril 2020 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande tendant au bénéfice de la reconstitution de quatre points suite à un stage de sensibilisation suivi les 6 et 7 mars 2020, contre laquelle il a formé, le 8 juin 2020, un recours administratif par une lettre recommandée avec avis de réception reçue par le ministère de l'intérieur le 12 juin 2020, qui est restée sans réponse. M. A conclut en outre à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de créditer le capital de son permis de conduire de quatre points suite à ce stage, de retirer la décision invalidant son permis de conduire, qui ne lui a jamais été notifiée malgré la demande adressée au ministre de l'intérieur en ce sens le 8 juin 2020, et de lui restituer ce titre de conduite.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Le ministre de l'intérieur fait valoir en défense que la requête de M. A est irrecevable dès lors qu'il ne parvient pas à accéder aux informations relatives au permis de conduire de l'intéressé en raison du caractère erroné des renseignements donnés par celui-ci. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le ministre a répondu, par la décision en date du 23 avril 2020, à la demande de reconstitution partielle de points présentée par le requérant suite à un stage de sensibilisation en la rejetant au motif qu'une décision " 48 SI " notifiant l'invalidation de son permis de conduire lui avait été notifié antérieurement à ce stage. Il ressort des termes mêmes de ce courrier qu'il mentionne l'état civil de M. A ainsi que son adresse dans son en-tête, et l'existence d'une décision " 48 SI " d'invalidation du permis de conduire de l'intéressé dont la date n'est toutefois pas précisée. Le ministre n'établit dès lors pas que les éléments donnés par le requérant feraient échec à la consultation de son dossier. Il ne ressort par ailleurs et en tout état de cause d'aucune disposition législative ou réglementaire que la circonstance, interne à l'administration, qu'elle ne parvient pas à accéder aux informations d'un dossier, pour regrettable qu'elle soit, entraînerait l'irrecevabilité de la requête présentée par un conducteur. Dans ces conditions, aucune irrecevabilité à ce titre ne peut être opposée à la requête présentée par M. A. La fin de non-recevoir doit donc être écartée.
Sur la reconnaissance des points reconstitués suite au stage de récupération des 23 et 24 novembre 2018 :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () ". Aux termes de l'article R. 223-1 du même code : " I. Le permis de conduire est affecté d'un nombre maximal de douze points () ".
4. Le troisième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route dispose : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière () ". Aux termes de l'article R. 223-8 de ce code : " I.- Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III.- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage () ".
5. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
6. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que M. A a suivi un stage à la sensibilisation routière les 6 et 7 mars 2020 ouvrant droit à un crédit de points sur son permis de conduire. Si l'attestation de ce stage n'est pas produite par le requérant, il ressort des pièces du dossier que, par la décision en date du 23 avril 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté la demande de reconstitution partielle de points demandée par l'intéressé dès lors que ce dernier aurait été destinataire, antérieurement à ce stage dont le ministre ne conteste pas la matérialité, d'une décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire. Toutefois, le ministre, qui se borne en défense à alléguer ne pas pouvoir accéder aux informations relatives à M. A, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 2, ne produit pas la décision " 48 SI " qu'il mentionne dans la décision du 24 avril 2020 ni aucune preuve de sa notification à M. A avant les dates du stage effectué par l'intéressé. Dans ces conditions, M. A pouvait donc bénéficier des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route au titre de ce stage. Il suit de là que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2020 en tant qu'elle le lui refuse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. A le bénéfice des points récupérés suite au stage de sensibilisation à la sécurité routière des 6 et 7 mars 2020 et de réexaminer la situation de l'intéressé dès lors que le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et, le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Le surplus des conclusions à fin d'injonction doit être rejeté. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur en date du 24 avril 2020 refusant à M. A le droit à une reconstitution partielle de points suite au stage de sensibilisation à la sécurité routière des 6 et 7 mars 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. A le bénéfice des points suite au stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 6 et 7 mars 2020 et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer sa situation pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
E. BLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026