vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MAYET & PERRAULT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2008746 enregistrée le 4 septembre 2020, M. D B et Mme C A, représentés par Me Perrault, demandent au tribunal d'annuler la décision du 23 décembre 2019 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine les a informés de la réception d'une demande d'octroi du concours de la force publique pour procéder à leur expulsion du logement qu'ils occupent 9, rue de Visien à Courbevoie.
Ils soutiennent que :
- la décision est illégale dès lors qu'ils ont formé appel de la décision du tribunal judiciaire de Nanterre le 13 mars 2020 ayant rejeté leur demande de délais supplémentaires pour libérer le logement qu'ils occupent ;
- elle est illégale dès lors que la société Septembre Orange, adjudicataire de l'immeuble qu'ils occupent, est couverte du montant de l'indemnité d'occupation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'ils justifient de l'existence de circonstances exceptionnelles.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2021 et le 20 septembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable, son courrier du 23 décembre 2019 étant purement informatif.
Par une ordonnance en date du 16 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 2 mars 2023.
II. Par une requête n° 2010390 enregistrée le 12 octobre 2020, M. D B et Mme C A, représentés par Me Perrault, demandent au tribunal d'annuler la décision du 5 octobre 2020 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a accordé le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion du logement qu'ils occupent 9, rue de Visien à Courbevoie à compter du 19 octobre 2020.
Ils soutiennent que :
- la décision du 5 octobre 2020 est illégale dès lors que la société Septembre Orange, adjudicataire de l'immeuble qu'ils occupent, est couverte du montant de l'indemnité d'occupation ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'ils justifient de l'existence de circonstances exceptionnelles.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2021 et le 20 septembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête de M. B et Mme A et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B et Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 31 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 17 avril 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme A étaient propriétaires d'une maison d'habitation située au 9, rue de Visien à Courbevoie. Par jugement d'adjudication sur folle enchère du tribunal de grande instance de Nanterre statuant en matière de saisie immobilière le 6 juin 2019, la SARL Septembre Orange a été déclarée adjudicataire de leur maison d'habitation. Un commandement de quitter les lieux a été signifié à M. B le 17 juillet 2019. Par un courrier du 23 décembre 2019, le préfet des Hauts-de-Seine les a informés qu'il avait été saisi d'une demande d'assistance de la force publique pour évacuer le logement qu'ils occupent. Par une décision du 5 octobre 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a octroyé le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion du logement 9, rue de Visien à Courbevoie à compter du 19 octobre 2020. Par deux requêtes, M. B et Mme A demandent au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées enregistrées sous les numéros 2008746 et 2010390 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur la fin de non- recevoir opposée par le préfet des Hauts-de-Seine s'agissant de la requête n°2008746 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
4. Par un courrier en date du 23 décembre 2019, le préfet des Hauts-de-Seine a informé Mme A de son obligation de donner suite à la saisine de Me Thibault, huissier de justice, d'une demande d'assistance de la force publique pour évacuer le logement qu'elle occupe, des suites du jugement du tribunal de grande instance de Nanterre du 6 juin 2019. Le courrier mentionne les conséquences de la saisine du préfet des Hauts-de-Seine. Il précise par ailleurs les dispositifs d'accompagnement dont Mme A peut bénéficier. Enfin, il informe Mme A que dans le cadre de l'instruction de la demande d'octroi du concours de la force publique, les services de police de la commune de Courbevoie sont chargés de lui adresser un rapport la concernant. Il s'ensuit que ce courrier constitue une simple lettre d'information et ne présente pas le caractère d'une décision au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête n°2008746 de M. B et Mme A tendant à l'annulation du courrier en date du 23 décembre 2019, sont irrecevables. Par suite la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être accueillie.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet des Hauts-de-Seine s'agissant de la requête n°2010390 :
6. Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que M. B et Mme A ayant libéré le logement qu'ils occupaient sans droit ni titre au 9, rue de Visien à Courbevoie et emménagé dans un logement du parc social, leur recours contre sa décision en date du 5 octobre 2020 accordant le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion de ce logement a en conséquence perdu son objet. Toutefois, la circonstance que les requérants aient libéré les lieux le 9 septembre 2021 n'a pas fait perdre à la requête son objet, dès lors que ladite décision n'a pas été rapportée, qu'elle a produit des effets juridiques et qu'elle est notamment susceptible d'avoir causé à M. B et Mme A un préjudice dont ils peuvent demander réparation. Dès lors, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet des Hauts-de-Seine ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation s'agissant de la décision du 5 octobre 2020 :
7. En premier lieu, les requérants soutiennent que la décision du préfet des Hauts-de-Seine accordant le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion est illégale dès lors que la société Septembre Orange, adjudicataire de l'immeuble qu'ils occupent, est couverte du montant de l'indemnité d'occupation. Toutefois cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision en litige dès lors que celle-ci a pour objet l'exécution du jugement du tribunal de grande instance de Nanterre du 6 juin 2019 prononçant leur expulsion de cet immeuble. Par suite ce moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, dans sa version applicable au litige, : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation. ".
9. Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion - telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine - peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d'octroi de la force publique, il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonnée, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. M. B et Mme A font valoir qu'ils ont souffert d'une infection au coronavirus COVID-19, que M. B a été hospitalisé en réanimation, que la famille a engagé des procédures pour se voir attribuer un logement social et que leurs deux enfants majeurs ainsi que le père du requérant résident avec eux, rendant leur expulsion impossible. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B avait, à la date de la décision, réintégré son domicile, que les requérants ne justifient pas que le père âgé de M. B et leurs enfants majeurs résideraient 9 rue de Visien avec eux, ni que leur état de santé serait incompatible avec un déménagement. Enfin, la circonstance que les démarches sociales ne peuvent aboutir pendant la période de pandémie est sans incidence sur la décision du préfet. Par suite, en l'absence de trouble à l'ordre public et sans porter atteinte à la dignité de la personne humaine, ni entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, le préfet des Hauts-de-Seine a pu octroyer le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des requérants du logement.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B et Mme A tendant à l'annulation des décisions du préfet des Hauts-de-Seine des 23 décembre 2019 et 5 octobre 2020 doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes n° 2008746 et n° 2010390 de M. B et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme C A et au ministre l'Intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
E. Chaufaux
La présidente,
signé
S. EdertLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au ministre l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2010390
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026