jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | VIGNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 septembre 2020, 4 décembre 2020 et 6 septembre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées les 4 décembre 2020 et 22 décembre 2020, la société Plurimedia, représentée par Me Weil et Destouches, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle l'inspecteur du travail a refusé d'autoriser le licenciement de Mme B A pour motif économique ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de la réalité des deux motifs économiques fondant la demande d'autorisation de licenciement de Mme A.
La direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France a produit une pièce, qui a été enregistrée le 4 janvier 2021, faisant état du recours hiérarchique de la société Plurimedia à l'encontre de la décision de l'inspecteur du travail.
Par un mémoire enregistré le 25 juin 2021, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 4 novembre 2020, Mme B A, représentée par Me Vigneau, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société Plurimedia à lui verser la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 8 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Me Fauroux, représentant Mme A.
1. Mme A, salariée de la société Plurimedia depuis le 23 août 2010, occupe un emploi de rédactrice iconographe et est également titulaire du mandat de représentant au comité social et économique. Le 4 février 2020, la société Plurimedia a saisi l'inspecteur du travail d'une demande d'autorisation en vue de la licencier pour motif économique. Par une décision du 7 juillet 2020, l'inspecteur du travail a refusé d'autoriser ce licenciement. La société a alors formé, le 4 septembre 2020, un recours hiérarchique contre cette décision, recours qui a été implicitement rejeté par la ministre du travail. La société Plurimedia demande l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 7 juillet 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1233-3 du code du travail : " Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment : () 2° A des mutations technologiques ; 3° A une réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ; (). () les mutations technologiques ou la nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise s'apprécient () au niveau du secteur d'activité commun à cette entreprise et aux entreprises du groupe auquel elle appartient, établies sur le territoire national, sauf fraude ".
3. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Lorsque l'employeur sollicite une autorisation de licenciement pour motif économique fondée sur le refus du salarié protégé d'accepter une modification de son contrat de travail, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si cette modification était justifiée par un motif économique. A cet égard, lorsque la demande d'autorisation de licenciement pour motif économique est fondée sur la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise, l'autorité administrative doit s'assurer du bien-fondé d'un tel motif, en appréciant la réalité de la menace pour la compétitivité de l'entreprise, le cas échéant, au niveau du secteur d'activité dont relève l'entreprise en cause au sein du groupe.
4. En premier lieu, il ressort des termes de la décision et des pièces du dossier que la société Plurimedia a fondé sa demande de licenciement de Mme A sur un double motif économique, justifiant chacun la suppression de l'emploi de la salariée. Si la société soutient que l'inspecteur du travail a confondu les deux fondements de sa demande, il ressort des termes de la décision attaquée que l'inspecteur du travail a procédé à l'examen complet de la demande présentée par la société sur chacun des deux fondements de licenciement tirés d'une part de l'existence d'une menace sur sa compétitivité et d'autre part des conséquences de l'introduction de nouvelles solutions technologiques au sein de l'entreprise.
5. En second lieu et d'une part, pour fonder son refus d'autoriser le licenciement économique de Mme A, l'inspecteur du travail a, d'une part, considéré qu'il n'existait pas de menace sur la compétitivité de la société justifiant la suppression de l'emploi de la salariée. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, la société Plurimedia, fournisseur de guides de programmes de télévision, tant en termes de métadonnées que de services éditoriaux, occupait la première place sur ce marché en France, fournissant l'ensemble des grands opérateurs de télévision français et les deux tiers des groupes de presse français, avec un chiffre d'affaire en hausse depuis 2018, un résultat net supérieur aux entreprises françaises équivalentes et un fort développement dans le secteur du numérique permettant de compenser la réduction de son chiffre d'affaire sur le marché dit du " print ". Si la société soutient que sa position est également menacée en raison du risque de pertes de contrats et de l'arrivée de nouveaux concurrents, les pièces qu'elle produit n'étayent aucunement la réalité de cette menace à court et moyen-termes.
6. D'autre part, la société soutient que la mutation technologique initiée en 2020, avec le déploiement en France de deux solutions issues de la maison-mère polonaise, les logiciels Hubert et TV Man Next, a induit une automatisation du traitement des images et visuels, rendant nécessaire la suppression de plusieurs postes en iconographie, dont celui de Mme A. Toutefois, aucune des pièces qu'elle produit ne permet d'établir cette allégation et de justifier que l'introduction de ces technologies a été la cause de la suppression de l'emploi de Mme A. Par conséquent, l'inspecteur du travail a pu, sans erreur d'appréciation, considérer que la société n'était pas engagée dans une mutation technologique justifiant le licenciement pour motif économique de Mme A.
7. Il résulte de ce qui précède que la société Plurimedia n'est pas fondée à soutenir que la décision de l'inspecteur du travail est entachée d'une erreur de d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par la société Plurimedia à l'encontre de la décision de l'inspecteur du travail du 7 juillet 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Plurimedia les sommes que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Plurimedia au bénéfice de Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de la société Plurimedia est rejetée.
Article 2 : La société Plurimedia versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Plurimedia, à Mme B A et au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion.
Copie sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme C et M. D, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023
La rapporteure,
signé
M. C
La présidente,
signé
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026