vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | LECOMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 septembre 2020 et 22 décembre 2020, la société par actions simplifiée (SAS) French Cars, représentée par Me Lecomte, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 à raison de locaux situés 15, rue de la Pompe, à Cergy (Val d'Oise) ;
2°) de prononcer la restitution des cotisations primitives de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux qu'elle a acquittés au titre des années 2015 à 2018 à raison des mêmes locaux, à concurrence respectivement des sommes de 681 euros, 674 euros, 690 euros et 702 euros, ou, à défaut, de prononcer leur restitution totale ;
3°) à titre subsidiaire, de désigner un expert ayant pour mission de mesurer toutes les surfaces de ses locaux constituant l'assiette de la taxe sur les bureaux ;
4°) de mettre à la charge de l'État les dépens de l'instance, ainsi qu'une somme de 13 700 euros, comprenant les honoraires du géomètre-expert, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale admettant que les cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux ne sont pas fondées, il y a lieu de lui donner acte de ce qu'elle renonce à toute imposition supplémentaire ;
- elle est fondée à demander la restitution partielle des cotisations primitives de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux qu'elle a acquittées au titre des années 2015 à 2018 dès lors qu'elle produit un plan de masse et un état des surfaces utiles de ses locaux, établis les 26 février 2019 et 24 juin 2019 par un géomètre-expert, qui démontrent que ses locaux à usage de bureaux sont d'une superficie de 239,80 mètres carrés, alors qu'elle avait déclaré une surface de bureaux de 380 mètres carrés ;
- si le tribunal estime que les surfaces calculées par le géomètre-expert ne constituent pas une preuve suffisante, elle serait fondée à demander la restitution totale des droits de taxe sur les bureaux dès lors que l'administration fiscale ne rapporte la preuve d'aucune surface de bureaux taxable au sein de ses locaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- par une décision du 25 novembre 2020, elle a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux auxquelles la SAS French Cars a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 ;
- les conclusions de la société requérante tendant à la restitution totale des droits de taxe sur les bureaux qu'elle a acquittés au titre des années 2015 à 2018, présentées pour la première fois devant le tribunal et en l'absence d''une réclamation préalable, sont irrecevables en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 200-2 du livre des procédures fiscales ;
- pour le surplus, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) French Cars, qui exerce une activité d'achat et vente de véhicules d'occasion, carrosserie et mécanique, exploite un ensemble immobilier, dont elle est propriétaire, situé 15, rue de la Pompe à Cergy (Val-d'Oise). La SAS French Cars a spontanément acquitté, à raison de ces locaux, la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux prévue par l'article 231 ter du code général des impôts au titre des années 2015 à 2018, pour une surface déclarée de 380 mètres carrés. A la suite d'un contrôle sur pièces, par une proposition de rectification du 26 septembre 2018, l'administration fiscale lui a notifié des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux au titre des mêmes années. Ces impositions ont été mises en recouvrement le 30 juin 2019. La réclamation de la SAS French Cars en date du 14 février 2020 a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 6 août 2020. A l'appui de sa requête, la SAS French Cars demande au tribunal, d'une part, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018, et d'autre part, de prononcer la restitution partielle ou totale des cotisations primitives de cette taxe, acquittées au titre des mêmes années.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 25 novembre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux auxquelles la SAS French Cars a été assujettie au titre des années 2015 à 2018. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin de restitution des cotisations primitives de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
3. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". La SAS French Cars ayant été imposée à la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux conformément à ses déclarations au titre des années des années 2015 à 2018, il lui appartient de justifier du caractère exagéré de ces impositions pour pouvoir en obtenir la décharge ou la réduction.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
4. Aux termes de l'article 231 ter du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. - Une taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux est perçue, dans les limites territoriales de la région d'Ile-de-France. / II. - Sont soumises à la taxe les personnes privées () qui sont propriétaires de locaux imposables (). / La taxe est acquittée par le propriétaire () qui dispose, au 1er janvier de l'année d'imposition, d'un local taxable. () III.- La taxe est due : / 1° Pour les locaux à usage de bureaux, qui s'entendent, d'une part, des bureaux proprement dits et de leurs dépendances immédiates et indispensables destinés à l'exercice d'une activité, de quelque nature que ce soit, par des personnes physiques ou morales privées () ".
5. D'une part, si la SAS French Cars soutient que ses locaux à usage de bureaux, pour lesquelles elle a déclaré une superficie de 380 mètres carrés, sont en réalité d'une superficie de 239,80 mètres carrés, le plan de masse et l'état des surfaces utiles de ses locaux, dressés le 26 février 2019 et le 24 juin 2019 par un géomètre-expert ont toutefois été établis postérieurement au 1er janvier des années 2015 à 2018 et ne permettent ainsi pas de démontrer' que ses locaux étaient agencés de la même manière et qu'ils présentaient les mêmes caractéristiques à la date du fait générateur des impositions en litige. Ainsi, la société requérante ne justifie pas que la surface des locaux à usage de bureaux qu'elle a déclarée devrait être réduite. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la restitution partielle des impositions restant en litige.
6. D'autre part, il est constant que la SAS French Cars a déclaré une surface de bureaux de 380 mètres carrés et qu'elle a été assujettie à la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux à raison de cette superficie. Ainsi, alors qu'elle supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions en litige, ainsi qu'il a été dit au point 3, elle n'établit le caractère exagéré de ces impositions en se bornant à faire valoir que l'administration fiscale ne rapporte la preuve d'aucune surface de bureaux taxable au sein de ses locaux, la société requérante ne contestant d'ailleurs pas qu'elle disposait de surfaces de bureaux taxables au sein de ces locaux. Par suite, elle n'est pas davantage fondée à demander la restitution totale des impositions restant en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale et d'ordonner une expertise, la SAS French Cars n'est pas fondée à demander la restitution des impositions restant en litige.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SAS French Cars et non compris dans les dépens. En revanche, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par la société requérante à ce titre ne peuvent être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur les bureaux qui ont été réclamés à la SAS French Cars au titre des années 2015 à 2018.
Article 2 : L'État versera à la SAS French Cars une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS French Cars et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. A et M. B, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
S. ALe président,
signé
R. FERALLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026