mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2010370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | JANURA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 octobre 2020, 3 février 2021, 1er mars 2022 et 30 mars 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 20 octobre 2020 Mme B A, représentée par Me Janura, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020 notifiée le 13 août 2020, par laquelle le maire de la commune de Chaville a refusé de la titulariser, ensemble l'arrêté du 1er septembre 2020 par lequel il a mis fin à son stage et l'a radiée des effectifs;
2°) d'enjoindre à la commune de Chaville de la réintégrer ;
3°) de condamner la commune de Chaville à lui verser, en réparation des préjudices qu'elle a subi du fait de sa révocation illégale, à titre principal, la somme de 19 286 euros à parfaire, assortie des intérêts et de leur capitalisation ou, à titre subsidiaire, la somme de 4 257 euros à parfaire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision lui refusant sa titularisation est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commune de Chaville n'a pas sollicité l'avis préalable du président du centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), en méconnaissance des articles 7 et 9 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emploi des attachés territoriaux ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas pu exercer ses fonctions de stagiaires les conditions prévues par la loi, n'ayant notamment pas bénéficié de la formation d'intégration à laquelle elle avait droit au cours de son stage, en méconnaissance de l'article 7 du décret du 30 décembre 1987 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le maire de la commune n'était pas en mesure de porter une appréciation sur ses qualités professionnelles et son aptitude à servir dans la mesure où elle n'avait pas suivi la formation obligatoire d'intégration ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son insuffisance professionnelle n'est pas caractérisée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle n'a pas eu connaissance de l'appréciation par sa hiérarchie de sa manière de servir, avant le 5 mars 2020, alors même que les deux compte-rendus d'entretien des 16 septembre 2019 et 5 mars 2020, qui lui ont tous deux été notifiés le 5 mars 2020, n'ont donné lieu à aucun entretien ;
- elle est illégale dès lors que son stage ne s'est pas déroulé dans des conditions lui permettant d'exercer ses fonctions compte tenu des tâches qui lui ont été confiées et des mouvements de personnel au cours de son stage;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle se fonde sur des griefs dont la matérialité n'est pas établie ;
- en prenant cette décision illégale de refus de titularisation, la commune de Chaville a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- elle a subi de ce fait un manque à gagner au titre des traitements qu'elle aurait pu percevoir si son stage avait été prolongé 6 mois et un préjudice moral d'un montant de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, la commune de Chaville, représentée par Me Drai, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 31 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le décret n° 2008-512 du 29 mai 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure
- les conclusions de M. Goupillier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Boukheloua, substituant Me Janura, représentant Mme A, et de Me Margaroli, substituant Me Drai, représentant la commune de Chaville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par la commune de Chaville le 1er juin 2019 en qualité d'agente non titulaire pour occuper un emploi de juriste confirmée au sein du pôle juridique et citoyenneté. Reçue au concours d'attaché territorial de 2018, elle a été nommée attachée territoriale stagiaire dans cette même commune à partir du 1er septembre 2019 pour une durée d'un an. Par une décision du 28 juillet 2020 notifiée le 13 août 2020, le maire de la commune de Chaville l'a informée de son intention de ne pas la titulariser à l'issue de son stage. Par un arrêté du 1er septembre 2020, il a mis fin à son stage et l'a radiée des effectifs de la commune. Par un courrier du 9 octobre 2020, Mme A a demandé à la commune de Chaville de l'indemniser des préjudices qu'elle estimait avoir subis du fait de cette éviction illégale. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision lui annonçant le refus de sa titularisation notifiée le 13 août 2020, de l'arrêté du 1er septembre 2020 mettant fin à son stage et la radiant des effectifs, et de la décision de rejet de sa demande indemnitaire préalable notifiée le 4 décembre 2020. Elle demande également à être réintégrée et à être indemnisée des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cette éviction illégale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, sous réserve d'un licenciement intervenant en cours de stage et motivé par ses insuffisances ou manquements professionnels, tout fonctionnaire stagiaire a le droit d'accomplir son stage dans des conditions lui permettant d'acquérir une expérience professionnelle et de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il est destiné.
3. D'autre part, aux termes de l'article 7 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux : " Les candidats inscrits sur la liste d'aptitude prévue à l'article 4 ci-dessus et recrutés sur un emploi d'une des collectivités ou établissements publics mentionnés à l'article 2 sont nommés attachés stagiaires pour une durée d'un an par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination. Au cours de leur stage, ils sont astreints à suivre une formation d'intégration, dans les conditions prévues par le décret n° 2008-512 du 29 mai 2008 relatif à la formation statutaire obligatoire des fonctionnaires territoriaux et pour une durée totale de dix jours ". Aux termes de l'article 9 de ce même décret : " La titularisation des stagiaires intervient, par décision de l'autorité territoriale, à la fin du stage mentionné aux articles 7 et 8 ci-dessus. Pour les stagiaires mentionnés à l'article 7, cette titularisation intervient au vu notamment d'une attestation de suivi de la formation d'intégration, établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. Lorsque la titularisation n'est pas prononcée, le stagiaire est soit licencié s'il n'avait pas auparavant la qualité de fonctionnaire, soit réintégré dans son cadre d'emplois, corps ou emploi d'origine. / Toutefois l'autorité territoriale peut, à titre exceptionnel, décider que la période de stage est prolongée d'une durée maximale d'un an pour les stagiaires mentionnés à l'article 7 et de deux mois pour les stagiaires mentionnés à l'article 8 ". Par ailleurs, l'article 9 du décret du 29 mai 2008 relatif à la formation statutaire obligatoire des fonctionnaires territoriaux dispose que : " Dès la nomination d'un fonctionnaire astreint à la formation d'intégration, l'autorité territoriale en informe le Centre national de la fonction publique territoriale en vue de l'organisation de cette formation ".
4. En l'espèce, la décision de non-titularisation de Mme A, motivée par son insuffisance professionnelle, est intervenue à l'issue de son stage, par l'arrêté du maire de la commune de Chaville du 1er septembre 2020, prenant effet le même jour. Il est constant que Mme A n'a pas suivi la formation obligatoire d'intégration de dix jours, à laquelle elle avait droit, prévue par les dispositions précitées et destinée à faciliter l'intégration des fonctionnaires territoriaux dans leur environnement de travail. Si la commune de Chaville fait valoir en défense que Mme A avait déjà effectué un stage en 2015 à l'issue duquel elle n'avait pas été titularisée, et qu'elle avait par conséquent déjà suivi une telle formation, elle ne l'établit pas. La commune de Chaville ne saurait davantage se prévaloir de ce que Mme A aurait fait preuve d'un manque de diligence en ne demandant pas à suivre cette formation, dès lors qu'il résulte des dispositions du décret du 29 mai 2008 qu'il appartenait à la collectivité de prendre contact avec le CNFPT en vue de son organisation. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que la décision du 28 juillet 2020 refusant de la titulariser est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées du décret du 30 décembre 1987.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du maire de la commune de Chaville du 28 juillet 2020 et, par voie de conséquence, son arrêté du 1er septembre 2020 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le motif d'annulation des décisions en litige implique seulement que la commune de Chaville procède au réexamen de la situation de Mme A au regard de ses droits à titularisation. Il y a lieu de fixer un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la faute de la commune :
7. L'illégalité de la décision de refus de titularisation opposée à Mme A par le maire de la commune de Chaville, et celle en découlant de la décision la radiant des effectifs, constituent des fautes à raison desquelles l'intéressée est fondée à rechercher la responsabilité de la commune.
En ce qui concerne les préjudices allégués par la requérante :
8. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité.
9. D'une part, si Mme A allègue un préjudice résultant de pertes de traitement, il résulte de l'instruction que préjudice n'est qu'éventuel, dès lors que l'intéressée ne démontre pas qu'elle aurait été titularisée au terme de son stage si elle avait bénéficié de la formation d'intégration de dix jours mentionnée supra.
10. D'autre part, Mme A n'établit pas la réalité de son préjudice moral. Dans ces conditions, sa demande formulée à ce titre doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A à fins d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Chaville, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1 : La décision du maire de la commune de Chaville en date du 28 juillet 2020 portant refus de titularisation de Mme A et son arrêté du 1er septembre 2020 portant radiation des effectifs sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Chaville de réexaminer la situation de Mme A au regard de ses droits à titularisation dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Chaville versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Chaville.
Délibéré après l'audience du 29 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
Mme Fléjou, première conseillère,
Et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
Le président,
signé
L. BuissonLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026