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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2010435

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2010435

lundi 17 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2010435
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantLE GALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 octobre 2020 et 26 septembre 2022, sous le n° 2010435, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. F G, représenté par Me Le Gall, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 14 septembre 2020 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement de cette somme à son profit.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'entretien qui lui a été accordé le 3 septembre 2020, en vue d'évaluer sa situation de vulnérabilité, n'est pas conforme aux dispositions des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles elle a été prise, ne permettent pas de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que le demandeur d'asile est revenu en France après l'exécution d'un arrêté de transfert ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation tant sur sa situation de vulnérabilité que sur le non-respect des exigences des autorités en charge de l'asile qui lui est imputé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise.

II. Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2021, sous le n° 2111336, M. G, représenté par Me Le Gall, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 20 juillet 2021 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement de cette somme à son profit.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle au regard notamment de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation tant sur sa situation de vulnérabilité que sur le motif ayant justifié la suspension de ses conditions matérielles d'accueil.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Un mémoire complémentaire, présenté pour M. G a été enregistré le 26 septembre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue le 23 août 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la décision du Conseil d'Etat n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2010435 et n° 2111336, présentées pour M. G, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. G, se présentant comme un ressortissant afghan né le 20 novembre 1992, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 15 octobre 2019 par les services de la préfecture de police de Paris en procédure dite " Dublin ". Le 21 octobre suivant, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Après avoir été transféré aux autorités autrichiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, le 7 août 2020, l'intéressé est de nouveau entré sur le territoire français, où sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite " Dublin " le 3 septembre 2020. Après l'avoir reçu en entretien le même jour, l'OFII lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et l'a invité à présenter des observations. Par une décision du 14 septembre 2020, la directrice territoriale de Montrouge de l'OFII lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 5 juillet 2021, l'intéressé a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 20 juillet 2021, la directrice territoriale de Montrouge de l'OFII a rejeté sa demande. M. G demande au tribunal d'annuler les décisions des 14 septembre 2020 et 20 juillet 2021 par lesquelles la directrice territoriale de Montrouge de l'OFII lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et lui en a refusé le rétablissement.

Sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. D'une part, dans l'instance n° 2010435, M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2020. D'autre part, dans l'instance n° 2111336, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. G au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

4. Par sa décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019 visée ci-dessus, le Conseil d'Etat a jugé que les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, applicable au litige dès lors que M. G a bénéficié des conditions matérielles d'accueil après le 1er janvier 2019, étaient partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013. Le Conseil d'Etat a, par la même décision, précisé les conditions dans lesquelles les autorités compétentes pouvaient, dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 par le législateur, limiter ou supprimer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile qui quittent leur lieu d'hébergement ou la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2 du même code ou qui ne respectent pas les exigences des autorités chargées de l'asile. Ainsi, il reste possible à l'OFII de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Enfin, si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'OFII qui doit apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

En ce qui concerne la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil en date du 14 septembre 2020 :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier () les personnes atteintes de maladies graves () / L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. / Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article R. 744-14 de ce code, dans sa rédaction applicable à la même date : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. "

6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire d'offre de prise en charge produit par le directeur général de l'OFII et signé par M. G le 21 octobre 2019, que le requérant a bénéficié d'un entretien avec un agent de l'OFII, en présence d'un interprète, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile. En outre, le 3 septembre 2020, soit avant l'intervention de la décision contestée, l'intéressé a de nouveau bénéficié d'un entretien avec un agent de l'OFII, avec l'assistance d'un interprète, en vue d'évaluer sa vulnérabilité. A cet égard, aucune disposition législative ou règlementaire n'imposait à l'OFII de faire figurer dans le compte-rendu d'entretien le nom de l'interprète ayant assisté l'intéressé, ce compte-rendu mentionnant en tout état de cause qu'il s'agissait d'un interprète de l'association ISM interprétariat. En outre, si le requérant fait valoir qu'il n'a pas été informé de la possibilité de remettre des documents médiaux sous pli confidentiel pour obtenir l'avis du médecin de l'OFII, il ne soutient pas ni n'allègue qu'il aurait spontanément présenté des documents à caractère médical lors de son entretien du 3 septembre 2020. Enfin, la circonstance que l'intéressé n'aurait pas été informé de la possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale ne l'a pas privé de la garantie de voir sa situation de vulnérabilité évaluée. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'entretien qui lui a été accordé le 3 septembre 2020, en vue d'évaluer sa situation de vulnérabilité, n'est pas conforme aux dispositions des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie doit être écarté.

7. En deuxième lieu, la décision attaquée est fondée sur le motif non contesté selon lequel M. G n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande. Ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, un tel motif figure au nombre de ceux permettant à l'OFII de suspendre les conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut de base légale constitutif d'une erreur de droit doit être écarté.

8. En troisième lieu, si M. G soutient qu'après son transfert en Autriche, il n'a bénéficié d'aucune prise en charge et d'aucun accompagnement et qu'après trois jours, il est revenu en France, il n'apporte aucun élément circonstancié permettant d'établir que les autorités autrichiennes auraient refusé d'examiner sa demande d'asile ou de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En outre, si le requérant produit des résultats d'analyse médicale, mentionnant qu'il est porteur du virus de l'hépatite B, ces seuls documents, qui ne se prononcent pas sur l'état d'avancement et la gravité de sa pathologie, ne suffisent pas à démontrer l'existence d'une situation de vulnérabilité particulière. Ainsi, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil en date du 20 juillet 2021 :

9. En premier lieu, par une décision du 1er mai 2021, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de l'Office a donné délégation à Mme A C, directrice territoriale à Montrouge, à l'effet de signer toutes les décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction de Montrouge telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 modifiée portant organisation générale de l'OFII, au nombre desquelles comptent les décisions refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice d'incompétence doit être écarté.

10. En deuxième lieu, la décision en litige, qui vise notamment l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, rappelle que M. G a fait l'objet d'une décision de suspension des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités en charge de l'asile, en présentant une nouvelle demande d'asile après avoir été transféré vers l'Etat membre responsable de l'instruction de sa demande et mentionne que les motifs qu'il évoque ne justifient pas des raisons pour lesquelles il n'avait pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII. Elle énonce qu'après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est rejetée. Ainsi, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

11. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de rétablir les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. G, l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle au regard notamment de sa vulnérabilité. En particulier, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été reçu en entretien les 21 octobre 2019, 3 septembre 2020 et 12 mai 2021 et que sa situation a été examinée par le médecin de l'OFII qui a rendu un avis le 2 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

12. En dernier lieu, la circonstance qu'après son retour sur le territoire français, la demande d'asile de M. G a de nouveau été enregistrée en procédure dite " Dublin " le 3 septembre 2020 n'imposait pas à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En outre, si le requérant, qui était âgé de vingt-neuf ans à la date de la décision attaquée, produit des résultats d'analyse médicale, mentionnant qu'il est porteur du virus de l'hépatite B, ces documents ne suffisent pas à démontrer l'existence d'une situation de vulnérabilité particulière ou de besoins spécifiques en matière d'accueil, alors que, par un avis du 2 novembre 2020, le médecin de l'OFII a évalué la vulnérabilité de l'intéressé à 1 sur une échelle de 0 à 3 et préconisé un hébergement sans caractère d'urgence. Par ailleurs, si le requérant fait valoir qu'après son transfert en Autriche, il n'a bénéficié d'aucune prise en charge, il ne démontre pas que les autorités autrichiennes auraient refusé d'examiner sa demande d'asile ou de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, alors qu'il n'est resté que trois jours sur le territoire autrichien selon ses propres déclarations. Ainsi, au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'OFII aurait entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées des 14 septembre 2020 et 20 juillet 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. G, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes visées ci-dessus de M. G sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F G et au directeur général de l'OFII.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. B et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé

S. BLe président,

signé

R. FÉRALLa greffière,

signé

M. E

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2111336

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