mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2010482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TARON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 octobre 2020 et 11 février 2023, M. et Mme E, représentés par Me Taron, agissant en qualité de représentants légaux de leurs quatre enfants G, D, F et B et en leur nom propre, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à payer les sommes de 100 000 euros à G E, 5 000 euros à D E, 10 000 euros à F E, 5 000 euros à B E, et 100 000 euros à leur profit, en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence ainsi que d'une somme correspondant aux frais de scolarisation de G E au sein de l'association " apprendre autrement ", d'un montant de 750 euros par mois, déboursés depuis le 28 novembre 2016 (somme à actualiser) et d'une somme de 6 828 euros correspondant aux sommes engagées pour employer une aide à domicile en raison de sa carence fautive dans la scolarisation et la prise en charge adaptée de G ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée à raison de l'absence de scolarisation effective de G en méconnaissance des articles L. 111-1, L. 111-2 et L. 351-2 du code de l'éducation et L. 144-1-1 et L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles : la nécessité d'une prise en charge en institut médico-éducatif (IME) est justifiée depuis le 13 février 2015 ;
- G a subi un préjudice moral ainsi que des troubles dans les conditions d'existence estimé à 100 000 euros en raison de l'absence de prise en charge durant plus de cinq ans à la date d'enregistrement de la requête ;
- M. et Mme E ont subi un préjudice financier estimé à 36 828 euros du fait de la nécessité d'engager une aide à domicile qui les assiste dans leurs tâches quotidiennes (6 828 euros) ainsi que du coût mensuel d'accueil de G, qui s'élève à 750 euros par mois, et qu'ils déboursent depuis le 28 novembre 2016 ;
- M. et Mme E ont également subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence estimé à 100 000 euros, du fait de l'éloignement géographique de l'association " Apprendre autrement ", de la présence de leurs trois autres enfants, de la fatigue inhérente à l'accompagnement d'un enfant autiste, de l'épuisement physique et psychologique extrême dans lequel se trouve Mme E qui souffre par ailleurs de problèmes de dos et de troubles du sommeil importants, et qui s'occupe également de sa fille F, également diagnostiquée dans le spectre de l'autisme.
- D et B ont subi un préjudice moral estimé à 5 000 euros chacune, engendré par la souffrance de ne pas voir leur frère bénéficier d'une prise en charge éducative conforme aux orientations de la CDAPH ;
- F a subi un préjudice moral provoqué par les mêmes causes que ses sœurs D et B, mais estimé à 10 000 euros en raison de sa situation particulière : elle est en effet porteuse de troubles autistiques et le temps que ses parents accordent à G les empêche de lui consacrer tout le temps qu'ils souhaiteraient lui dédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, l'agence régionale de santé (ARS) d'Île de France conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure,
- et les conclusions de M. Louvel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le jeune G E, né le 3 octobre 2009, est porteur d'un trouble du spectre de l'autisme, diagnostic confirmé au terme d'un bilan psychologique effectué le 27 juin 2016 qui préconise des " prises en charge ciblées et intensives au sein d'une structure spécialisée de type IME ". Le 26 décembre 2014, ses parents ont sollicité une orientation en institut médico-éducatif (IME). Celle-ci a été recommandée par une décision du 13 février 2015 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) des Hauts-de-Seine. Toutefois, aucune place ou prise en charge adaptée n'a été proposée par les établissements visés par la décision de la CDAPH des Hauts-de-Seine, malgré les demandes formulées en ce sens par M. et Mme E. L'orientation en IME a été révisée par décision de la CDAPH des Hauts-de-Seine du 11 décembre 2015, qui a proposé trois autres établissements adaptés à la prise en charge de G. En outre, la CDAPH, par deux décisions du 11 décembre 2015 et 21 décembre 2018, a engagé à suivre des séjours temporaires de rupture à temps plein, dans la limite d'un accueil global de quatre-vingt-dix jours, au sein de différents IME. Par lettre du 30 juillet 2020 reçue le 4 août suivant, M. et Mme E ont demandé l'indemnisation des préjudices résultant de l'absence de prise en charge éducative et médico-sociale de G au ministre des Solidarités et de la Santé qui a transmis sa demande à l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France. En l'absence de réponse, M. et Mme E demandent au tribunal de condamner l'Etat à leur verser, la somme de 136 828 euros à leur profit, 100 000 euros à G, 5 000 euros à D, 5 000 euros à B, et 10 000 euros à F en réparation du préjudice qu'ils estiment subir.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 111-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " () Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté. () ". Aux termes de l'article L. 111-2 du même code dans sa rédaction alors applicable : " Tout enfant a droit à une formation scolaire qui, complétant l'action de sa famille, concourt à son éducation. () Pour favoriser l'égalité des chances, des dispositions appropriées rendent possible l'accès de chacun, en fonction de ses aptitudes et de ses besoins particuliers, aux différents types ou niveaux de la formation scolaire. () ".
3. Aux termes de l'article L. 112-1 de ce code, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire () aux enfants () présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents () handicapés. () ". Aux termes de l'article L. 112-2 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au litige : " Afin que lui soit assuré un parcours de formation adapté, chaque enfant () handicapé a droit à une évaluation de ses compétences, de ses besoins et des mesures mises en œuvre (). Cette évaluation est réalisée par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8 du code de l'action sociale et des familles. () En fonction des résultats de l'évaluation, il est proposé à chaque enfant () handicapé, ainsi qu'à sa famille, un parcours de formation qui fait l'objet d'un projet personnalisé de scolarisation assorti des ajustements nécessaires en favorisant, chaque fois que possible, la formation en milieu scolaire ordinaire. Le projet personnalisé de scolarisation constitue un élément du plan de compensation visé à l'article L. 146-8 du code de l'action sociale et des familles. Il propose des modalités de déroulement de la scolarité coordonnées avec les mesures permettant l'accompagnement de celle-ci figurant dans le plan de compensation ". Aux termes de l'article L. 351-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction alors applicable : " Les enfants et adolescents présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant sont scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires et les établissements visés aux articles L. 213-2 [collèges], L. 214-6 [lycées, établissements d'éducation spéciale et lycées professionnels maritimes], L. 422-1 [collèges et lycées ne constituant pas des établissements publics locaux], L. 422-2 [établissements du second degré ou d'éducation spéciale municipaux ou départementaux] et L. 442-1 [établissements privés sous contrat] du présent code et aux articles L. 811-8 [établissements publics locaux d'enseignement et de formation professionnelle agricole] et L. 813-1 [établissements d'enseignement agricole privés sous contrat] du code rural et de la pêche maritime, si nécessaire au sein de dispositifs adaptés, lorsque ce mode de scolarisation répond aux besoins des élèves. Les parents sont étroitement associés à la décision d'orientation et peuvent se faire aider par une personne de leur choix. La décision est prise par la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles [commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées], en accord avec les parents ou le représentant légal. A défaut, les procédures de conciliation et de recours prévues aux articles L. 146-10 et L. 241-9 du même code s'appliquent () ". Aux termes de l'article L. 351-2 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " La commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles désigne les établissements ou les services ou à titre exceptionnel l'établissement ou le service correspondant aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent en mesure de l'accueillir. / La décision de la commission s'impose aux établissements scolaires ordinaires et aux établissements ou services mentionnés au 2° et au 12° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles [respectivement les établissements ou services d'enseignement qui assurent, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social et médico-social aux mineurs et les centres d'action médico-sociale précoce] dans la limite de la spécialité au titre de laquelle ils ont été autorisés ou agréés. () ".
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions, d'une part, que le droit à l'éducation étant garanti à chacun, quelles que soient les différences de situation et, d'autre part, que l'obligation scolaire s'appliquant à tous, les difficultés particulières que rencontrent les enfants en situation de handicap ne sauraient avoir pour effet ni de les priver de ce droit, ni de faire obstacle au respect de cette obligation. Ainsi, il incombe à l'Etat, au titre de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation, et, le cas échéant, de ses responsabilités à l'égard des établissements sociaux et médico-sociaux, de prendre l'ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que ce droit et cette obligation aient, pour les enfants en situation de handicap, un caractère effectif.
5. Il s'ensuit que la carence de l'Etat à assurer effectivement le droit à l'éducation des enfants soumis à l'obligation scolaire est constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité. La responsabilité de l'Etat doit toutefois être appréciée en tenant compte, s'il y a lieu, du comportement des responsables légaux de l'enfant, lequel est susceptible de l'exonérer, en tout ou partie, de sa responsabilité. En outre, lorsque sa responsabilité est engagée à ce titre, l'Etat dispose, le cas échéant, d'une action récursoire contre un établissement social et médico-social auquel serait imputable une faute de nature à engager sa responsabilité à raison du refus d'accueillir un enfant orienté par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
6. En l'espèce, ainsi qu'il a été énoncé au point 1, G E n'a bénéficié d'aucune prise en charge en accueil de jours, au sein de l'un des IME désignés par la CDAPH des Hauts-de-Seine dans ses décisions du 13 février 2015, 11 décembre 2015 et 21 décembre 2018. Un tel défaut de prise en charge est ainsi constitutif d'une carence fautive de l'Etat, de nature à engager sa responsabilité à compter du 13 février 2015.
7. En outre, les requérants ont versé aux débats des lettres justifiant qu'ils ont sollicité l'admission de leur fils dans l'ensemble des six établissements désignés, et que cinq d'entre eux ont opposé un refus au motif, pour trois d'entre eux d'un manque de place, et pour deux d'entre eux, de critères respectivement liés à l'âge et au ressort géographique de l'établissement saisi. Le sixième établissement désigné n'a quant à lui pas apporté de réponse à la demande de M. et Mme E. Par ailleurs, il résulte des pièces produites en défense par l'ARS, que la mise en place d'un plan d'accompagnement global (PAG) a été proposée en janvier 2019 à M. et Mme E et qu'il a été accepté par ces derniers. Sa mise en œuvre est prévue, selon l'article L. 114-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1° En cas d'indisponibilité ou d'inadaptation des réponses connues / 2° En cas de complexité de la réponse à apporter, ou de risque ou de constat de rupture du parcours de la personne ", ce qui est de nature à traduire qu'aucune place dans un institut médico-social adapté aux décisions de la CDAPH n'était disponible. Dans ces conditions, alors même qu'ils ont mis fin au PAG en date du 10 mai 2019, le comportement de M. et Mme E n'est pas de nature à exonérer l'Etat de sa responsabilité.
En ce qui concerne la réparation des préjudices invoqués :
S'agissant des préjudices de G :
8. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence d'une prise en charge adaptée, G n'a pas pu bénéficier des compétences scolaires et sociales que devait lui permettre d'acquérir un suivi adapté. Le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence qui en découlent pour le jeune G est en lien direct avec la faute de l'Etat. Il sera fait une juste évaluation de ce préjudice en fixant sa réparation à 80 000 (quatre-vingt-mille) euros.
S'agissant des préjudices de M. et Mme E :
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la carence de l'Etat a contraint Mme E à s'occuper du suivi de son fils et à multiplier les démarches pour qu'il puisse bénéficier d'une prise en charge adaptée, aggravant les difficultés pour maintenir un équilibre dans sa vie sociale et familiale. Faute d'autre solution, G a été accueilli au sein de l'association " Apprendre autrement " située dans le 19ème arrondissement de Paris, où Mme E s'est chargé de le transporter, à raison de quatre jours par semaine, du mois de novembre 2016 au mois de décembre 2018. Il résulte par ailleurs de l'instruction que Mme E souffre de problèmes de dos et de sommeil en raison de l'épuisement physique et psychologique qu'elle subit au quotidien du fait de la carence de l'Etat. Enfin, les pièces produites par les requérants attestent que ces derniers ont également trois autres enfants porteurs de handicaps. Dans ces circonstances, M. et Mme E sont fondés à demander l'indemnisation du préjudice moral et des troubles dans leurs conditions d'existence qui en ont découlé pour eux. Il sera fait une juste appréciation de l'indemnisation de nature à en assurer la réparation en la fixant à un montant total de 80 000 (quatre-vingt-mille) euros.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 541-2 du code de la sécurité sociale : " Pour la détermination du montant du complément d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, l'enfant handicapé est classé, par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, au moyen d'un guide d'évaluation défini par arrêté, dans une des six catégories prévues ci-dessous. L'importance du recours à une tierce personne prévu à l'article L. 541-1 est appréciée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées au regard de la nature ou de la gravité du handicap de l'enfant en prenant en compte, sur justificatifs produits par les intéressés, la réduction d'activité professionnelle d'un ou des parents ou sa cessation ou la renonciation à exercer une telle activité et la durée du recours à une tierce personne rémunérée : () 6° Est classé en 6e catégorie l'enfant dont le handicap, d'une part, contraint l'un des parents à n'exercer aucune activité professionnelle ou exige le recours à une tierce personne rémunérée à temps plein et, d'autre part, dont l'état impose des contraintes permanentes de surveillance et de soins à la charge de la famille () "
11. Il résulte de l'instruction que M. et Mme E ont employé des aides à domicile et ont déboursé à ce titre une somme de 6 828 (six-mille-huit-cent-vingt-huit) euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction et n'est pas contesté par les requérants, qu'ils perçoivent le sixième complément de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) qui permet, ainsi qu'en disposent les dispositions précitées de l'article R. 541-2 du code de la sécurité sociale, de financer ce type de dépenses. Dans ces conditions, la demande d'indemnisation de ce préjudice doit être rejetée.
12. En dernier lieu, les requérants justifient avoir versé, à compter du 28 novembre 2016, à l'association " Apprendre autrement " une somme de 750 euros par mois qu'ils continuent de payer afin que G puisse être accueilli à raison de quatre jours par semaine, dans cette structure. Il résulte de l'instruction que la CDAPH a considéré, que malgré l'accueil de G en externat au sein de l'établissement d'éducation spéciale que constitue l'association " Apprendre autrement " à raison de quatre jours par semaine, M. et Mme E remplissaient les conditions fixées à l'article R. 541-2 du code de la sécurité sociale et a continué de leur allouer cette allocation qu'elle leur versait depuis 2013. Il s'ensuit que ce préjudice n'a pas vocation à être pris en charge par le sixième complément de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et qu'en l'absence de carence fautive de l'Etat dans la scolarisation de G, M. et Mme E aurait continué à le percevoir. Les frais de scolarisation de G au sein de cette association présentent un lien direct et certain avec la carence fautive de l'Etat dans la scolarisation et la prise en charge de ce dernier. Dans ces conditions, il sera fait une exacte appréciation de l'indemnisation de ce préjudice en fixant sa réparation à une somme de 57 250 (cinquante-sept-mille-deux-cent-cinquante) euros sur la période du 28 novembre 2016 au 7 mars 2023.
S'agissant des préjudices de D, B et F :
13. La carence de l'Etat qui laisse le jeune G sans structure éducative ni prise en charge adaptée à son handicap est également à l'origine directe et certaine d'un préjudice moral et de troubles dans les conditions d'existence pour les autres membres de la famille. Il sera fait une juste appréciation de l'indemnisation de nature à en assurer la réparation en la fixant à 5 000 (cinq mille) euros pour B E, la benjamine de la famille, 5 000 (cinq mille) euros pour D, sa sœur aînée, et 10 000 (dix mille) euros pour F E, son autre sœur.
Sur les intérêts et la capitalisation :
14. D'une part, les requérants ont droit aux intérêts au taux légal sur les sommes qui leur sont dues à compter du 4 août 2020, date de réception de leur demande indemnitaire préalable par l'administration.
15. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois le 14 octobre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 14 octobre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais non compris dans les dépens :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 (mille-cinq-cent) euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à :
- M. et Mme E en leur qualité de représentants légaux de M. G E, la somme de 80 000 (quatre-vingt-mille) euros ;
- M. et Mme E, la somme de 137 250 (cent-trente-sept-mille-deux-cent-cinquante) euros ;
- M. et Mme E en leur qualité de représentants légaux de Mme D E, la somme de 5 000 (cinq-mille) euros ;
- M. et Mme E en leur qualité de représentants légaux de Mme F E, la somme de 10 000 (dix-mille) euros ;
- M. et Mme E en leur qualité de représentants légaux de Mme B E, la somme de 5 000 (cinq-mille) euros ;
Article 2 : Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020 et des intérêts capitalisés à compter du 14 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme E la somme de 1 500 (mille-cinq-cent) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, Mme C E et au ministre des solidarités et de la santé.
Copie en sera délivrée à l'agence régionale de santé d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Baude, premier conseiller,
Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin Le président,
signé
P. Thierry
La greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 20104822
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026