mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2010564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | EVODROIT-SCP INTER BARREAUX D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 9 septembre 2020 sous le n°2010564 et un mémoire enregistré le 1er décembre 2020, M. H D et Mme F D demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler les arrêtés des 14 janvier 2020 et 29 mai 2020 par lesquels le maire de Villaines-sous-Bois a accordé à M. B un permis de construire un immeuble de quatre logements sur des parcelles cadastrées A 462 et 265 dans cette commune, ensemble la décision du 17 juillet 2020 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler les arrêtés du 5 octobre 2020 par lesquels le maire de Villaines-sous-Bois a retiré les arrêtés du 14 janvier 2020 et du 29 mai 2020 mentionnés ci-dessus et délivré à M. B un permis de construire un immeuble de trois logements sur les mêmes parcelles.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- les arrêtés attaqués ont été pris par une autorité incompétente ;
- ils méconnaissent l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme ;
- ils méconnaissent l'article A 424-2 du même code ;
- l'arrêté du 29 mai 2020 comporte une erreur matérielle et ne visait pas à rectifier des erreurs matérielles ;
- une nouvelle consultation du préfet aurait dû être organisée avant la rectification de l'arrêté initial ;
- la décision de rejet de leur recours gracieux n'est pas motivée ;
- le projet ne comporte pas un nombre suffisant de places de stationnement ;
- le projet prévoit d'abattre un arbre ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- ils méconnaissent l'article R. 111-7 du même code ;
- le permis délivré le 5 octobre 2020 est un permis de construire modificatif et l'arrêté du 5 octobre 2020 portant annulation du permis délivré le 14 janvier 2020 est entaché d'illégalité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 octobre 2020 et 17 septembre 2021, la commune de Villaines-sous-Bois, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir ;
- la requête est irrecevable en l'absence de notification dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête a perdu son objet dès lors que les arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020 ont été retirés le 18 septembre 2020 à la demande du pétitionnaire.
Par une ordonnance du 12 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mai 2023 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête enregistrée le 4 décembre 2020 sous le n°2013890 et des mémoires enregistrés les 14 mars 2022, 20 mars 2023, 27 septembre 2023 et 29 février 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. H D et Mme F D, représentés par Me Gaël Dechelette, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2020 par lequel le maire de Villaines-sous-Bois a délivré à M. B un permis de construire un immeuble comportant trois logements sur des parcelles cadastrées A 462 et 265 dans cette commune ;
2°) d'ordonner, d'une part, la démolition de tout bâtiment édifié sous le bénéfice des permis de construire illégaux et, d'autre part, la reconstruction du mur séparant leur propriété de celle du pétitionnaire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villaines-sous-Bois la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 septembre 2021 et 14 avril 2022, la commune de Villaines-sous-Bois, représentée par Me Landon, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir ;
- la requête est irrecevable en l'absence de notification dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens contenus dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Yohann Laplante, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le projet ne méconnaît pas l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.
Par une ordonnance du 12 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mars 2024 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 7 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par M. et Mme D tendant à ce qu'il soit enjoint, d'une part, de démolir les constructions édifiées par M. B au bénéfice du permis de construire litigieux et, d'autre part, de reconstruire le mur séparant la propriété de M. B et celle des requérants.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stéphane Eustache, premier conseiller,
- les conclusions de M. Arnaud Bories, rapporteur public,
- les observations de Me Dechelette, représentant M. et Mme D, G, représentant la commune de Villaines-sous-Bois, et de Me Laplante, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 23 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 5 novembre 2019 et complété le 8 janvier 2020 une demande de permis de construire un immeuble de quatre logements sur des parcelles cadastrées A 462 et 265 à Villaines-sous-Bois. Par un arrêté du 14 janvier 2020, rectifié par un arrêté du 29 mai 2020, le maire de cette commune a délivré le permis sollicité. Par des arrêtés du 5 octobre 2020, le maire de la même commune a, d'une part, retiré cet arrêté du 14 janvier 2020 et, d'autre part, délivré à M. B un nouveau permis aux fins d'édifier un immeuble comportant trois logements sur les mêmes parcelles. Par des requêtes enregistrées sous les n°2010564 et 20138920, M. et Mme D demandent l'annulation de ces quatre arrêtés et de la décision rejetant leur recours gracieux contre l'arrêté du 14 janvier 2020. Il y a lieu de joindre ces deux requêtes, qui présentent à juger des questions semblables, pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête n°2010564 :
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2020 portant retrait de permis de construire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " () le permis de construire () ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, () les permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. / La délivrance antérieure d'une autorisation d'urbanisme sur un terrain donné ne fait pas obstacle au dépôt par le même bénéficiaire de ladite autorisation d'une nouvelle demande d'autorisation visant le même terrain. Le dépôt de cette nouvelle demande d'autorisation ne nécessite pas d'obtenir le retrait de l'autorisation précédemment délivrée et n'emporte pas retrait implicite de cette dernière ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 18 septembre 2020, M. B a demandé au maire de Villaines-sous-Bois de retirer le permis de construire qui lui avait été délivré par un arrêté du 14 janvier 2020, rectifié le 29 mai 2020. Par un arrêté du 5 octobre 2020, le maire de Villaines-sous-Bois a fait droit à cette demande de retrait, en prononçant " l'annulation " de ce permis de construire.
4. Il est vrai que M. B a présenté le 24 juillet 2020 une nouvelle demande de permis de construire portant sur les mêmes terrains pour l'édification d'un immeuble ne comportant plus que trois logements - demande à laquelle le maire a fait droit par un autre arrêté du 5 octobre 2020. Si ce nouveau projet n'apportait pas au premier projet un bouleversement tel qu'il en aurait changé la nature même, aucune disposition ni aucun principe n'imposait à M. B de solliciter un permis de construire modificatif et il lui était loisible, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, de déposer une nouvelle demande portant sur les mêmes terrains, en sollicitant le retrait du permis délivré par les arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la demande de retrait présentée par M. B aurait dû également porter sur le permis délivré le 5 octobre 2020. Ce moyen doit ainsi être écarté.
5. En second lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'illégalité des arrêtés du 14 janvier et du 29 mai 2020, à la supposer avérée, entacherait " par voie de conséquence " l'arrêté litigieux du 5 octobre 2020 portant retrait de permis de construire, dès lors que ce dernier arrêté n'a pas été pris sur le fondement ou en application des arrêtés des 14 janvier et du 29 mai 2020. Ce moyen doit ainsi être écarté comme inopérant.
6. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2020 portant retrait du permis de construire délivré par des arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020 et de la décision rejetant un recours gracieux :
7. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
8. En l'espèce, dès lors que, pour les motifs énoncés ci-dessus, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 5 octobre 2020 portant retrait du permis de construire délivré par les arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020 doivent été rejetées, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre ce permis de construire et contre la décision rejetant le recours gracieux formé contre ce permis, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de ces conclusions. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée par la commune de Villaines-sous-Bois doit être accueillie.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation du permis de construire délivré par un arrêté du 5 octobre 2020 :
9. En premier lieu, si les requérants soutiennent que le permis de construire délivré le 5 octobre 2020 revêt un caractère modificatif et que les modifications apportées n'ont pas régularisé les vices entachant le permis de construire délivré les 14 janvier et 29 mai 2020, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus.
10. En second lieu, si les requérants soutiennent que l'allée donnant accès au projet est trop étroite et que l'arrêté attaqué est entaché de vices de forme, ils évoquent à l'appui de leurs allégations le projet autorisé par les arrêtés du 14 janvier 2020 et du 29 mai 2020 et se bornent à annoncer l'introduction d'un nouveau recours contentieux contre le permis délivré par l'arrêté du 5 octobre 2020, sans produire d'élément précis et circonstancié dans la présente instance sur la consistance du projet autorisé par ce dernier arrêté, alors que les dimensions du chemin d'accès doivent être appréciées au regard des caractéristiques de ce projet et notamment du nombre de logements créés. Ce moyen ne peut qu'être ainsi écarté.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 5 octobre 2020 portant permis de construire doivent être rejetées.
Sur la requête n°2013890 :
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation du permis de construire délivré par un arrêté du 5 octobre 2020 :
S'agissant de la compétence du maire de Villaines-sous-Bois et de l'avis du préfet du Val-d'Oise :
12. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu (). Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'État dans les autres communes. / Les demandes de permis de construire () sur lesquelles il n'a pas été statué à la date du transfert de compétence restent soumises aux règles d'instruction et de compétence applicables à la date de leur dépôt ".
13. D'autre part, aux termes de l'article L. 174-1 du même code : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. / La caducité du plan d'occupation des sols ne remet pas en vigueur le document d'urbanisme antérieur. / A compter du 1er janvier 2016, le règlement national d'urbanisme mentionné aux articles L. 111-1 et L. 422-6 s'applique sur le territoire communal dont le plan d'occupation des sols est caduc ".
14. Aux termes de l'article L. 422-5 du même code : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article R. 423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable ".
15. Il est constant que le territoire de la commune de Villaines-sous-Bois a été couvert jusqu'au 31 décembre 2015 par un plan d'occupation des sols, qui est devenu caduc le 1er janvier 2016. Conformément aux dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, cette circonstance n'a pas eu pour effet de retirer au maire agissant au nom de la commune la compétence, qui lui avait été antérieurement transférée de manière définitive, de se prononcer sur les demandes de permis de construire déposées après la survenance de cette caducité.
16. Il s'ensuit que le maire de Villaines-sous-Bois était compétent pour se prononcer au nom de la commune, comme l'indique d'ailleurs l'arrêté attaqué, sur la demande de permis de construire litigieuse. Il ressort en outre des pièces du dossier que, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, le maire a sollicité sur le projet l'avis conforme du préfet. En application des dispositions précitées de l'article R. 423-59 du code de l'urbanisme, le silence gardé par le préfet pendant plus d'un mois a fait naître un avis conforme favorable sur le projet. Si les visas de l'arrêté attaqué ne précisent pas que cet avis était conforme, cette seule omission est sans incidence sur la légalité de cet avis et de l'arrêté attaqué.
17. Par suite, les moyens tirés d'un vice d'incompétence du maire doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-16 du code de l'urbanisme ne saurait être accueilli.
S'agissant de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :
18. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code : " () Le maire peut, sous sa responsabilité, certifier le caractère exécutoire d'un acte () ".
19. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par M. C E, adjoint au maire, délégué à l'urbanisme, lequel bénéficiait à cet effet d'une délégation de fonctions consentie par un arrêté du 7 juillet 2020 du maire de Villaines-sous-Bois sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 2122-8 du code général des collectivités territoriales. Si les requérants soutiennent que cet arrêté n'a pas été régulièrement affiché en mairie, ils ne produisent pas d'élément précis et circonstancié à l'appui de leurs allégations, alors que le maire de Villaines-sous-Bois a certifié qu'il a été procédé le 8 juillet 2020 à cet affichage. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
S'agissant des conditions d'accès au projet :
20. Aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".
21. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de trois logements et de trois places de stationnement ainsi que l'aménagement, aux frais du pétitionnaire, de l'allée desservant la construction, qui sera revêtue d'un " gravier carrossable " sur une distance d'environ 47 mètres jusqu'au croisement avec la rue de Villiers-le-Sec. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une autre construction que celle litigieuse présenterait un accès pour véhicules dans cette allée qui forme une impasse. Il s'ensuit que l'allée en cause ne présentera qu'un trafic routier limité.
22. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier réalisé le 12 août 2021, que l'allée desservant le projet présente une largeur variable, mesurant 3,08 mètres au croisement avec la rue de Villiers-le-Sec mais 2,67 mètres seulement au droit de l'habitation des requérants. Ces derniers soutiennent que cette largeur sera inférieure à 2, 67 mètres si les candélabres qui ont été démontés en vue des travaux sont réinstallés dans cette impasse. La commune fait touefois valoir, sans être sérieusement contredite, qu'il était projeté à la date de l'arrêté attaqué de ne pas réinstaller ces candélabres et de les remplacer de manière définitive par un système d'éclairage implanté sur les murs des constructions bordant l'allée. En outre, si cette dernière ne permet pas à deux véhicules de se croiser, le projet prévoit la création d'une aire de " retournement " sur le terrain d'assiette, dont le caractère suffisant n'est pas sérieusement contesté par les requérants.
23. En troisième lieu, si l'allée en cause est grevée d'une servitude de passage, il ressort des pièces du dossier que seule une habitation, qui appartient au demeurant au pétitionnaire, présentait, avant le projet, une entrée piétonne dans cette allée à proximité du croisement avec la rue de Villiers-le-Sec. En outre, si les requérants soutiennent que l'allée est régulièrement fréquentée par des piétons et qu'un panneau de signalisation routière alertant sur la présence d'enfants était implanté à la date de l'arrêté attaqué au croisement avec la rue de Villiers-le-Sec, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, et notamment des trois photographies produites, au demeurant non datées, que cette fréquentation serait d'une ampleur telle qu'elle justifierait de refuser le projet ou de l'assortir de prescriptions spéciales, alors que le projet ne générera qu'un trafic routier limité sur cette allée et que les habitants du lotissement situé au nord du projet peuvent rejoindre la rue de Villiers-le-Sec, sans emprunter cette allée, en utilisant la rue du Paradis. Au surplus, le panneau de signalisation mentionné ci-dessus a été démonté le 24 mai 2023, après l'édiction de l'arrêté attaqué.
24. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que l'allée litigieuse ne permettrait pas l'intervention des services de lutte contre l'incendie, ils ne produisent pas d'élément précis et circonstancié à l'appui de leurs allégations, alors que le service départemental d'incendie et de secours du Val-d'Oise a émis un avis favorable sur le projet, notamment en se référant aux dispositions de l'arrêté interministériel du 31 janvier 1986 modifié relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, applicables aux habitations de la 2ème famille et alors qu'un hydrant, dont la capacité n'est pas sérieusement contestée, se trouve à moins de 200 mètres du projet.
25. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'une place de stationnement est située sur la rue de Villiers-le-Sec à proximité de l'entrée de l'allée litigieuse. Si cette place de stationnement, lorsqu'elle est occupée, limite la visibilité des véhicules circulant au croisement de ces deux voies, il ressort des pièces du dossier qu'elle est signalée par un terre-plein sur lequel est installé un panneau de signalisation réfléchissant et qui, par son emplacement, conduit les véhicules circulant selon un axe est/ouest sur la rue de Villiers-le-Sec, où la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h, à ralentir à l'approche de l'allée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les véhicules sortant de l'allée en direction de l'est ne disposeraient pas d'un espace suffisant pour effectuer leurs manœuvres dans des conditions de sécurité appropriées.
26. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.
27. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions aux fins d'annulation du permis de construire délivrée par l'arrêté du 5 octobre 2020 doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'injonction :
28. Dès lors que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées pour les motifs énoncés ci-dessus, les conclusions aux fins d'injonction doivent, par voie de conséquence et en tout état de cause, être également rejetées.
Sur les frais liés aux instances :
29. Dans l'intsance n° 2013890, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Villaines-sous-Bois, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
30. En revanche, dans les instances n°2010564 et 2013890, il y a lieu de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme globale de 1 000 euros à la commune de Villaines-sous-Bois et d'une somme globale de 1 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n°2010564 de M. et Mme D, tendant à l'annulation des arrêtés des 14 janvier et 29 mai 2020 du maire de Villaines-sous-Bois.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n°2010564 de M. et Mme D est rejeté.
Article 3 : La requête n°20138920 de M. et Mme D est rejetée.
Article 4 : M. et Mme D verseront une somme globale de 1 000 euros à la commune de Villaines-sous-Bois et une somme globale de 1 000 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. H D, Mme F D, la commune de Villaines-sous-Bois et M. A B.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience publique du 10 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Thomas Bertoncini, président de chambre,
- M. Stéphane Eustache, premier conseiller,
- Mme Séverine Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Eustache
Le président,
signé
T. Bertoncini
La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
N°2010564, 2013890
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026