lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2010597 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ATGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 octobre 2020 et le 28 décembre 2020, M. B E, représenté par Me Atger, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 21 août 2020 par laquelle le directeur territorial de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et lui verser l'allocation de demandeur d'asile, à titre rétroactif, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à lui verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il na pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement à son édiction ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'examen de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a respecté l'ensemble de ses obligations ;
- elle méconnaît l'article 20 de la directive 2013//33/UE et est inconventionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2020, le directeur général de l''Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une décision du 21 décembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Féral, Président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant afghan né le 4 juin 1994, a présenté en France une demande d'asile qui a été enregistrée le 20 décembre 2018 en procédure dite " Dublin ". Un arrêté de transfert vers l'Autriche, responsable de l'examen de sa demande d'asile, lui a été notfiié le 5 février 2020 dont le tribunal administratif de Paris a confirmé la légalité. Le 17 février 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'acceuil. Par décision du 21 août 2020, dont il demande l'annulation, le directeur territorial de l'OFII de Montrouge lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'acceuil.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision en date du 21 décembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 744-8, R. 744-7, R. 744-9, D. 744-35 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est ainsi motivée en droit. Si cette décision ne mentionne en revanche pas le motif fondant la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil prononcée, aucun des motifs figurant dans la liste reporduite n'étant clairement identifié, elle indique toutefois que par un courrier du 17 février 2020 l'OFII a notifié à M. E son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et précise que le motif retenu dans cette lettre d'intention justifie la suspension. Or, cette lettre d'intention de suspension en date du 17 février 2020, à laquelle la décision attaquée fait référence, indiquait sans ambiguité et de manière claire que le motif de la suspension envisagée était le non-respect par le requérant de son obligation de se présenter aux autorités. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que cette lettre d'intention a été précédemment adressée et régulièrement notifiée à M. E qui a d'ailleurs fait valoir ses observations en réponse le 20 février 2020 en indiquant qu'il ne s'était jamais soustrait à ses obligations. Ainsi, la décision en litige et la lettre d'intention à laquelle elle se réfère permettaient au requérant de connaître les considérations de fait au vu desquelles la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil avait été finalement arrêtée et de les contester utilement, ce qu'il fait au demeurant dans la présente instance. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquéde doit être écarté.
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4. En deuxième lieu, si M. E fait valoir qu'il n'a pas été invité à formuler des observations avant l'intervention de la décision en litige en méconnaissance de l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il vient d'être dit, qu'il s'est vu adresser un courrier daté du 17 février 2020 par lequel l'OFII lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et qu'il a présenté des observations par courrier du 20 février 2020 dont la copie est produite à l'instance par l'OFII. Par suite, le moyen, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, que tout demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien personnel, destiné à évaluer sa vulnérabilité, lors de la présentation de sa première demande d'asile. En revanche, ces mêmes dispositions n'imposent pas qu'un tel entretien soit à nouveau mené, préalablement à la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil.
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'offre de prise en charge signée par M. E le 27 décembre 2018, que le requérant a bénéficié d'un entretien avec un agent de l'OFII, en présence d'un interprète, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, au cours duquel sa vulnérabilité a été évaluée. L'OFII n'était pas tenu d'accorder un nouvel entretien à l'intéressé avant de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En outre, la décision attaquée mentionne que l'OFII a procédé à un examen de sa situation préalablement à la décision attaquée et qu'aucun facteur de vulnérabilité n'est apparu. L'intéressé, dans ses observations préalables à la décision en litige n'a ad'ailleurs fait état d'aucune vulnérabilité particulière. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé d'un entretien et d'un examen de sa vulnérabilité doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicable au litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'acceuil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".
8. Il résulte des ces dispositions que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est notamment subordonné au respect des obligations de présentation aux autorités. M. E soutient qu'aucun manquement à ses obligations ne peut lui être opposé par l'OFII et, notamment, qu'il n'a pas réfusé d'embarquer dans un vol à destination de l'Autriche le 13 septembre 2019. Il ressort toutefois des pièces produites par l'OFII, et en particulier du procès-verbal en date du 12 septembre 2019 établi par l'agent de police judiciaire en résidence à Roissy, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'intéressé a refusé, le même jour, d'embarquer sur le vol à destination de l'Autriche prévu à 7h du matin dans le cadre de l'exécution de son arrêté de transfert. Si le requérant, en se fondant sur la copie du routing produit par l'OFII qui prévoit un embraquement sur un vol à destination de l'Autriche le 13 septembre à 7h du matin, soutient que l'on ne peut retenir les éléments mentionnés dans le procès-verbal rédigé une journée auparavant, la seule copie de ce routing, établi le 29 août 2019, soit près de quinze jours avant le vol qu'il mentionne, ne saurait suffire à apporter la preuve contraire des énonciations contenues dans le procès-verbal établi par l'agent de police judiciaire en résidence à Roissy selon lesquelles l'intéressé a réfusé, le 12 septembre 2019, d'embarquer sur le vol prévu à destination de l'Autriche. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur de fait doit être écarté.
9. En cinquième et dernier lieu, M. E ne saurait utilement se prévaloir, pour contester la décision litigieuse, d'une méconnaissance de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, laquelle a fait l'objet d'une transposition en droit interne et dont il ne critique pas les mesures de transposition. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. résulte de ce qui précède, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 août 2020 par laquelle le directeur territorial de l'OFII de Montrouge lui a suspendu son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'OFII, qui n'est pas la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais du litige.
D É C I D E :
Article 1er : M. E n'est pas amdis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
M. A et M. D, premiers conseillers,
assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
R. Féral
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
S. A
La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
Le Greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026