vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEHILI-FRACESCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2020, la société Stanroc 18, représentée par Me Sehili-Franceschini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2020 par lequel le maire de la commune de Clamart a refusé d'accorder le permis de construire tendant à la construction d'un bâtiment de logements collectifs en r+5 intégrant un local commercial, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Clamart de délivrer le permis de construire demandé ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Clamart le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, la commune de Clamart, représentée par Me Aaron, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge de la société requérante le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante n'a pas justifié de l'impossibilité de créer des aires de stationnement sur sa parcelle ;
- l'acquisition des 24 places de parking est incertaine.
Par une lettre du 30 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de se fonder sur le moyen soulevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de la règle de droit et de procéder à une substitution de base légale de la décision contestée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Buisson, président-rapporteur ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Tavernier pour la commune de Clamart.
Considérant ce qui suit :
1. La société Stanroc 18, propriétaire d'une parcelle H71, située au 22 rue de Vanves à Clamart, a déposé une demande de permis de construire tendant à la réalisation d'un bâtiment de logements collectifs en r+5 intégrant un local commercial. Par un arrêté du 23 juin 2020, le maire de la commune de Clamart a refusé de délivrer le permis de construire au motif que la promesse d'acquisition de 24 places de parking dans un programme immobilier en cours de réalisation au 6-8 boulevard des frères Vigouroux à Clamart est contraire à l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme, du fait que le pétitionnaire n'argumente et ne démontre pas, dans aucune pièce de son dossier, de l'impossibilité qui lui est faire de créer les places de stationnement requises, sur l'assiette foncière du projet. La société Stanroc 18 demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. A B, adjoint au maire chargé de l'urbanisme et de la démocratie locale de la commune de Clamart qui disposait d'une délégation du maire, accordée par un arrêté n°DAJA-73/2017 du 27 octobre 2017, à l'effet de signer notamment " l'instruction et la délivrance des autorisations d'occupation des sols () ", publié et transmis au contrôle de légalité le 27 octobre 2017. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement impose la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés, celles-ci
peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat. / Lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant du premier alinéa, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération, soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions. ". Aux termes de l'article 12-2 du réglement du plan local d'urbanisme de la commune de Clamart : " Lors de toute opération de construction neuve, il devra être réalisé des aires de stationnement (). ". Aux termes de l'article 12-5 du même réglement " () lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations de création d'aires de stationnement pour des raisons techniques, architecturales ou patrimoniales, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit : / - de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération / - soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions. / Les parcs publics ou privés visés ci-dessus devront être situés dans un environnement immédiat de l'opération ".
4. D'une part, il résulte de ce qui précède que l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Clamart relatif au stationnement impose, d'une part, la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés pouvant être réalisées sur le terrain d'assiette du projet et prévoit, d'autre part, des solutions alternatives en cas d'impossibilité technique d'aménager les places de stationnement sur le terrain d'assiette. Par suite, la décision attaquée ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme.
5. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
6. En l'espèce, la décision attaquée, motivée par l'absence de places de stationnement sur le terrain d'assiette, trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article 12-5 du règlement du plan local d'urbanisme qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme dès lors, en premier lieu, que le maire de la commune de Clamart se trouvait dans la situation où, en application de l'article 12 du règlement, il pouvait décider de refuser le permis de construire en raison d'une absence de places de stationnement sur le terrain d'assiette, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver la société requérante d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
7. D'autre part, il résulte des dispositions précitées de l'article 12-5 du plan local d'urbanisme de la commune de Clamart qu'un constructeur peut être admis à se soustraire aux obligations imposées par le plan local d'urbanisme en matière de réalisation d'aires de stationnement sur le terrain d'assiette, en concluant une concession à long terme dans un parc privé de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé dans un environnement immédiat de
l'opération. Cette possibilité est toutefois subordonnée à l'existence d'une impossibilité technique de réaliser sur la parcelle les aires de stationnement correspondant aux prescriptions du plan local d'urbanisme. Si la société requérante fait valoir qu'elle dispose d'un acte de réservation de 24 places de stationnement situées à proximité du projet, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait dans l'impossibilité de réaliser les places sur le terrain d'assiette. Dans ces conditions, le maire de la commune de Clamart n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit et le moyen doit, par suite, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société Stanroc 18 n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 juin 2020. Sa requête doit par suite être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Clamart qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Stanroc 18 demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Stanroc 18 une somme de 1000 euros au titre des frais exposés par la commune de Clamart et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Stanroc 18 est rejetée.
Article 2 : La société Stanroc 18 versera à la commune de Clamart une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Stanroc 18 et à la commune de Clamart.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Buisson, président ;
- Mme Garona, première conseillère ;
- M. Ausseil, conseiller ;
assistés de Mme Pradeau, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
Le président rapporteur, L'assesseur le plus ancien,
Signé signé
L. Buisson E. Garona
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026