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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2011419

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2011419

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2011419
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantVEILLAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 novembre 2020, le 3 juin 2022 et le 15 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Veillat, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 2 octobre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a contraint à se présenter à la préfecture des Hauts-de-Seine toutes les semaines pendant ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte temporaire de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de sept jours à compter de ladite notification ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Veillat au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure, faute pour l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) d'avoir été émis dans des conditions régulières ;

- elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont à cet égard entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été prise aux termes d'une procédure irrégulière, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie pour avis en amont de son édiction, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est à cet égard entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant à tort senti lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII, et d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en tant que fondée sur une décision portant refus de renouvellement de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle a été prise en méconnaissance du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et transmet au tribunal les pièces utiles du dossier en sa possession.

Par une ordonnance du 8 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2022 à 12 heures.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2022, notifiée le 27 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- et les observations de Me Veillat pour M. A. A la question de la présidente, Me Veillat précise qu'elle ne souhaite pas lever le secret médical.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais né le 10 janvier 1963, indique être entré en France le 7 décembre 2013. Il a bénéficié d'une carte temporaire de séjour pour soins entre le 18 juillet 2019 et le 17 janvier 2020, dont il a sollicité le renouvellement le 2 juin 2020. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a contraint à se présenter à la préfecture des Hauts-de-Seine toutes les semaines pendant ce délai.

Sur les moyens communs aux décisions contestées :

2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Selon l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date des décisions attaquées : " I. - L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne () lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / () 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I () ".

3. La décision portant refus de renouvellement titre de séjour en litige, qui vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 11° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de son édiction, rappelle les conditions de l'entrée et du séjour de M. A en France et mentionne que l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pour soins. Cette décision rappelle le contenu de l'avis rendu le 21 août 2020 par le collège des médecins de l'OFII qui a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, vers lequel il peut voyager sans risque pour sa santé. En outre, cette décision précise que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse et ses cinq enfants et où il a vécu jusqu'à l'âge de cinquante ans et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans ce pays. Elle relève enfin qu'après un examen de sa situation administrative et personnelle, M. A ne peut bénéficier d'une mesure de régularisation à titre discrétionnaire. La décision portant obligation de quitter le territoire français, concomitante au refus de renouvellement de titre de séjour, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de cette dernière. Quant à la décision portant obligation de pointage hebdomadaire à la préfecture, qui concourt à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Dès lors, l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date des décisions attaquées : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 de ce code, en vigueur à la date des décisions attaquées, dispose que : " () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé pris pour l'application de ces dispositions : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". Selon l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

5. D'une part, il ressort des termes de l'avis du 21 août 2020, au visa duquel a été pris l'arrêté attaqué, qu'il a été rendu par un collège de médecins composé des docteurs Levy-Attias, Quilliot et Coulonges, lesquels ont été régulièrement désignés par la décision INTV1933261S du directeur général de l'OFII en date du 18 novembre 2019, publiée sur le site internet de l'Office. D'autre part, il comporte la signature, en mentions lisibles, de ces trois médecins. Si M. A soutient qu'il ne s'agit pas de signatures sécurisées, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives auxquelles elles renvoient, dès lors que les signatures en fac-similé numérisé apposées sur l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, qui n'est au demeurant pas au nombre des actes relevant du champ d'application de l'article L. 212-3 précité dont le respect ne s'impose qu'aux décisions administratives, ne sont pas des signatures électroniques. En outre, aucun élément du dossier ne permet de douter de l'identité des médecins, le format numérisé des signatures manuscrites ne suffisant pas à remettre en cause leur authenticité. Enfin, si le requérant soutient qu'il n'est pas démontré que l'avis a été rendu au terme d'une délibération collégiale, l'avis du 21 août 2020 porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins émet l'avis suivant " qui fait foi, jusqu'à preuve du contraire, du caractère collégial de la délibération. Par suite, l'intéressé n'établissant pas que l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII l'a été dans des conditions irrégulières, le moyen tiré de ce vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date des décisions attaquées, dorénavant codifiée sous l'article L. 425-9 : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Pour refuser au requérant le renouvellement de son titre de séjour, l'arrêté attaqué a été pris au visa de l'avis du 21 août 2020 par lequel le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Pour contester cette appréciation, que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas remise en cause, le requérant établit souffrir d'un diabète de type 2 non insulinodépendant avec hypertension artérielle et cholestérol et suivre un traitement quotidien à base de cinq médicaments antidiabétiques et antihypertenseurs. Pour justifier de ce que ces médicaments ne sont pas disponibles dans son pays d'origine, M. A produit des courriels de laboratoires pharmaceutiques ainsi que des extraits du rapport de l'Organisation mondiale de la santé de 2016 sur le profil des pays pour le diabète mentionnant que la molécule de metformine, utilisée pour le traitement du diabète, est " généralement indisponible " au Bangladesh. Toutefois, le rapport est antérieur de quatre ans aux décisions attaquées et les courriels fournis ne permettent pas d'établir que les molécules correspondant aux deux médicaments non commercialisés ne seraient pas disponibles au Bangladesh. L'intéressé produit également quatre certificats médicaux établis en France les 9 novembre 2017, 7 mai 2019, 10 juillet 2020 et 30 mai 2022. Ces certificats, dont l'un est, au demeurant, postérieur à la date de l'arrêté attaqué, ne sont cependant pas suffisamment circonstanciés ni catégoriques sur l'impossibilité d'une prise en charge médicale au Bangladesh. En outre, M. A soutient que les soins nécessaires au traitement de sa pathologie sont trop onéreux dans son pays d'origine pour qu'il puisse y avoir effectivement accès. Néanmoins, l'attestation de la Nagar Pharmacy, située dans sa ville d'origine, et le certificat médical du docteur F que le requérant produit sont respectivement datés du 1er juin et du 23 mai 2022 et sont donc postérieurs à la date des décisions attaquées et, en tout état de cause, insuffisamment circonstanciés s'agissant du coût des médicaments dans l'ensemble du pays. Enfin, si le requérant se prévaut de nombreux articles de presse et d'organisations non gouvernementales ainsi que d'une thèse de doctorat soutenue à l'Université Paris-Saclay le 15 décembre 2021 intitulée " Les faux médicaments : de la définition à la répression " faisant état, d'une part, de l'insuffisance des infrastructures médicales et des personnels soignants au Bangladesh et, d'autre part, du trafic de médicaments falsifiés qui y sévit, ces pièces sont trop générales pour contredire l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII selon lequel M. A pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ont été codifiées, postérieurement à la date de l'arrêté attaqué, à l'article L. 425-9 de ce code. Il n'a pas davantage entaché les décisions attaquées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Il n'est pas contesté que M. A n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse et ses cinq enfants et dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de cinquante ans. Dans ces conditions, l'intéressé, qui ne produit aucun élément de nature à justifier de liens personnels et familiaux effectifs en France, n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant le renouvellement de son titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

11. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés aux points 8 et 10 ci-dessus, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle du requérant.

Sur la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. A :

12. En premier lieu, il résulte des articles L. 312-1 et L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision en litige, que la commission du titre de séjour instituée dans chaque département est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.

13. Dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 8, M. A ne remplissait pas les conditions lui permettant de bénéficier de plein droit de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, faute pour le préfet des Hauts-de-Seine d'avoir saisi préalablement la commission du titre du séjour, est inopérant et doit donc être écarté.

14. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et attentif de la situation de M. A.

15. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine se serait estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis du collège de médecins de l'OFII. La seule circonstance que le préfet ait mentionné cet avis dans l'arrêté attaquée et qu'il l'ait suivi ne saurait suffire à l'établir. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas fondée sur une décision de refus de séjour illégale. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité invoqué à l'encontre de cette première décision doit donc être écarté.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".

18. Il résulte de ce qui a été exposé au point 8 du présent jugement que M. A peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

Mme E et M. Sitbon, conseillers,

Assistés de Mme Vivet, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 202La présidente,

Signé

C. Oriol

Le rapporteur,

Signé

J. D La greffière,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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