lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011635 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | PILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 novembre 2020 et le 18 mars 2021, Mme A B, représentée par Me Da Palma, demande au tribunal:
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2020 par laquelle le directeur de Pôle emploi Ile-de-France, l'a radiée de la liste des demandeurs d'emploi à compter de cette date pour une durée de huit mois ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de Pôle emploi a rejeté son recours administratif préalable du 23 juillet 2020 contre la décision du 29 juin 2020 ;
3°) d'enjoindre à Pôle emploi de la rétablir sur la liste des demandeurs d'emploi rétroactivement à la date du 29 juin 2020 ;
4°) d'enjoindre à Pôle emploi de lui rétablir ses droits au revenu de remplacement à compter de cette même date, sous astreinte ;
5°) de mettre à la charge de Pôle emploi le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas bénéficié du délai légal de dix jours lui permettant de présenter ses observations écrites préalablement à l'édiction de la sanction ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait, en l'absence de fausse déclaration de sa part dès lors qu'elle avait spontanément et vainement informé l'agence Pôle emploi de Nanterre de sa reprise d'activité, intervenue le 26 septembre 2019, dès cette date et à plusieurs reprises ensuite ;
- la sanction de radiation prise à son encontre est injustifiée et disproportionnée au regard du comportement qui lui est reproché et au vu notamment de ses conséquences sur sa situation financière, alors qu'elle avait effectué spontanément les démarches pour informer Pôle emploi du changement de sa situation et qu'un accord de remboursement avait été trouvé un mois avant la sanction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2021, Pôle emploi Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.
Par un courrier du 30 septembre 2022 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 juin 2020 dès lors que la décision prise à la suite du recours préalable obligatoire présenté par Mme B, s'est entièrement substituée à la décision initiale et est seule susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B s'est inscrite à Pôle emploi en novembre 2018 et a bénéficié de l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter du 28 novembre 2018. Elle a repris une activité professionnelle entre le 26 septembre 2019 et le 6 mars 2020. Par un courrier du 20 avril 2020, Pôle emploi l'a informée de l'existence d'un trop-perçu d'un montant de 9 544,10 euros du fait du maintien du versement de son allocation pendant cette reprise d'activité. Le 12 mai 2020, un accord de remboursement a été conjointement signé, prévoyant un calendrier d'échelonnement par retenue mensuelle sur ses allocations. Par courrier électronique du 25 juin 2020,
Mme B a reçu un avertissement avant sanction, et par la décision du 29 juin 2020, Pôle emploi a pris à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et de suppression définitive des allocations au titre du revenu de remplacement pour une durée de 8 mois en raison de la fraude dont l'intéressée s'était rendue coupable. Le 23 juillet 2020, Mme B a présenté un recours administratif contre la décision de radiation, lequel a été implicitement rejeté. Par la présente requête, elle demande l'annulation de ces deux dernières décisions.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 29 juin 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 5412-2 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'État, la personne qui a fait de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrite sur cette liste ". Aux termes de l'article L. 5412-8 du même code : " La personne qui entend contester une décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi forme un recours préalable devant le directeur régional de Pôle emploi. Ce recours n'est pas suspensif ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code de relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
3. L'institution par les dispositions l'article L. 5412-8 du code du travail d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être déférée au juge.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du 29 juin 2020, par laquelle Pôle emploi a sanctionné Mme B en la radiant pour huit mois de la liste des demandeurs d'emploi, laquelle s'est entièrement substituée la décision implicite rejetant le recours préalable obligatoire formé le 23 juillet 2020 par Mme B, sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet du recours formé le 23 juillet 2020 :
5. L'article R. 5412-7 du code du travail prévoit que : " Lorsqu'il envisage de prendre une décision de radiation, le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 informe préalablement par tout moyen donnant date certaine l'intéressé des faits qui lui sont reprochés et de la durée de radiation envisagée, en lui indiquant qu'il dispose d'un délai de dix jours pour présenter des observations écrites ou, s'il le souhaite, pour demander à être entendu, le cas échéant assisté d'une personne de son choix ". Aux termes de l'article L. 5412-7-1 du même code : " Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 se prononce dans un délai de quinze jours à compter de l'expiration du délai de dix jours dans lequel l'intéressé peut présenter des observations écrites ou, si l'intéressé demande à être entendu, à compter de la date de l'audition ".
6. D'une part, il résulte de l'instruction que la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article R. 5412-7 du code du travail a été ouverte par Pôle emploi le 25 juin 2020. Il est toutefois constant que, dès le 29 juin 2020, date à laquelle Pôle emploi a reçu les observations écrites de Mme B, le directeur régional de Pôle emploi a pris la sanction litigieuse. Ce faisant, il n'a pas respecté l'obligation d'attendre l'expiration du délai de dix jours prévue à l'article L. 5412-7-1 du code du travail, pendant lequel l'intéressée pouvait encore faire valoir sa défense ou solliciter une audition pour présenter des observations orales. La décision est donc entachée d'un vice de procédure.
7. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
8. Le délai de dix jours qui précède l'édiction de la sanction administrative vise à permettre le déroulement de la procédure contradictoire, au cours de laquelle le demandeur d'emploi peut envoyer des observations écrites, qu'il peut compléter par d'autres observations écrites dans le délai donné, mais aussi au cours de laquelle il peut solliciter, le cas échéant en complément de ses observations écrites, de pouvoir être entendu. Ce délai de dix jours doit donc être regardé comme constituant une garantie, dont en l'espèce Mme B a été privée. Le vice de procédure mentionné au point 6 a donc été de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision implicite par laquelle Pôle emploi Ile-de-France a rejeté le recours préalable de Mme B contre la décision du 26 juin 2020 l'ayant radiée de la liste des demandeurs d'emploi pour huit mois doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard aux motifs d'annulation du présent jugement, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction de Mme B, qui ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu de mettre à la charge de Pôle emploi le versement à Mme B de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision implicite par laquelle Pôle emploi Ile-de-France a rejeté le recours préalable de Mme B contre la décision du 26 juin 2020 est annulée.
Article 2 : Pôle emploi Ile-de-France versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à Pôle emploi Ile-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
M. CLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026