LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2011920

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2011920

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2011920
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPETIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2020, Mme C H G, représentée par Me Petit, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 3 juin 2020 par lequel le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte temporaire de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser à Me Petit au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et invitation à quitter le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont à cet égard entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) d'avoir émis un avis dans des conditions régulières ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est à cet égard entachée tant d'une erreur de droit, le préfet s'étant à tort estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII, que d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne l'invitation à quitter le territoire français :

- elle est illégale en tant que fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle est constitutive d'une obligation de quitter le territoire français déguisée dès lors que le préfet du Rhône l'a assortie d'un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'erreur de droit en l'absence de toute base légale mentionnée dans l'arrêté ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne le délai de départ volontaire :

- cette décision est illégale en tant que fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, en l'absence de toute perspective raisonnable d'éloignement à la date de la décision attaquée, du fait de la pandémie de covid-19 ;

- elle est entachée d'erreur de droit et de défaut de base légale, faute pour le préfet d'avoir édicté une obligation formelle de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- son invitation à quitter le territoire français ne faisant pas grief, les conclusions dirigées à son encontre sont irrecevables ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 août 2022 à 12 heures.

Par un courrier du 19 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le délai de départ volontaire, inexistante.

Mme H G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 en vigueur à la date des décisions attaquées ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Sitbon, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A G, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 20 janvier 1989, indique être entrée en France le 14 septembre 2012. Après avoir été déboutée du droit d'asile, elle a bénéficié d'une carte temporaire de séjour pour soins entre le 31 mars 2015 et le 30 mars 2016. Par un arrêté du 15 septembre 2016, devenu définitif, le préfet du Rhône a refusé de renouveler ce titre et l'a obligée à quitter le territoire français. Le 2 octobre 2018, Mme A G, qui n'a pas exécuté cette décision, a sollicité un nouveau titre de séjour en qualité d'étrangère malade. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 juin 2020 par lequel le préfet du Rhône a refusé de faire droit à cette demande et l'a invitée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours.

Sur la recevabilité des conclusions de la requête :

2. En premier lieu, l'arrêté du 3 juin 2020, qui rejette la demande d'admission au séjour présentée par Mme A G, se borne par ailleurs à inviter l'intéressée à quitter le territoire français sans lui en faire obligation. La circonstance que cet arrêté prévoit un délai indicatif de quatre-vingt-dix jours est sans incidence sur la nature de la décision en litige qui n'est pas une obligation de quitter le territoire français déguisée et ne fait dès lors pas grief. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Rhône doit être accueillie et les conclusions dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français rejetées comme étant irrecevables.

3. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par l'arrêté est purement indicatif. Par conséquent, le préfet du Rhône n'a pas édicté une décision de délai de départ volontaire, seule susceptible d'un recours contentieux. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre cette prétendue décision sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. La décision portant refus de titre de séjour en litige, qui vise notamment le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale de New York relative aux droits de l'enfant, rappelle les conditions de l'entrée et du séjour de Mme A G en France. Elle mentionne que l'intéressée, qui déclare être entrée irrégulièrement en France le 14 septembre 2012, a vu sa demande d'asile rejetée définitivement le 20 décembre 2013. Elle retient également que Mme H G a bénéficié d'un titre de séjour pour soins entre le 31 mars 2015 et le 30 mars 2016, que sa demande de renouvellement a été rejetée le 15 septembre 2016 et que ce rejet a été confirmé par la cour administrative d'appel de Lyon le 23 octobre 2017. Elle rappelle que l'intéressée, après s'être maintenue en situation irrégulière sur le territoire, a sollicité un nouveau titre de séjour pour soins le 2 octobre 2018. Cette décision mentionne qu'après instruction et avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), il en ressort que l'état de santé de Mme H G nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. En outre, cette décision précise que Mme H G est célibataire et n'est pas dépourvue d'attaches privées et familiales en République démocratique du Congo où résident ses deux enfants, sa mère et ses trois frères et sœurs. Dès lors, la décision portant refus de titre de séjour comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, si Mme A G soutient qu'elle est en couple avec un ressortissant français depuis le début de l'année 2019, il est constant qu'elle n'en a pas informée l'autorité préfectorale. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à se prévaloir de ce que la décision attaquée, qui mentionne qu'elle est célibataire, serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 de ce code, en vigueur à la date de la décision attaquée, dispose que : " () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ". Selon l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application de ces dispositions : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

8. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'un avis du 3 janvier 2019 a été rendu, pour l'instruction de la demande d'admission au séjour de Mme A, par un collège de médecins de l'OFII composé des docteurs Sebille, Beaupere et Mauze. D'autre part, il ressort du bordereau de transmission produit par le préfet du Rhône en défense que le rapport médical a été établi le 9 novembre 2018 par le docteur E, laquelle n'a donc pas siégé au sein du collège dont la composition vient d'être rappelée. Enfin, si la requérante soutient qu'il n'est pas démontré que l'avis a été rendu au terme d'une délibération collégiale, cet avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins émet l'avis suivant " qui fait foi, jusqu'à preuve du contraire, de l'existence d'une délibération collégiale. Par suite, sans qu'il soit besoin de diligenter le supplément d'instruction demandé par Mme H G, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

10. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône se serait estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis du collège de médecins de l'OFII. La seule circonstance que le préfet ait mentionné cet avis dans l'arrêté attaqué et qu'il l'ait suivi ne saurait suffire à l'établir. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

11. D'autre part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

12. En l'espèce, l'arrêté attaqué a été pris au visa de l'avis du 3 janvier 2019 par lequel le collège de médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de Mme H G nécessitait une prise en charge médicale, son défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ajoutant qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Pour contester cette appréciation, que le préfet du Rhône n'a pas remis en cause, la requérante déclare souffrir d'un état de stress post-traumatique avec une dépression secondaire invalidante liés aux traumatismes vécus dans son pays d'origine où, en tant qu'opposante politique, elle a subi deux détentions arbitraires et des sévices sexuels. Elle produit à cet égard un certificat médical du docteur B du 23 juillet 2020 qui indique qu'elle fait l'objet d'un suivi médical tous les deux mois depuis plus de six ans et d'un traitement médicamenteux quotidien, qu'elle reste psychologiquement très fragile et qu'elle ne peut retourner dans son pays d'origine sauf à encourir un risque vital sur le plan psychique, une attestation sur l'honneur de son compagnon, ainsi que des extraits d'un ouvrage du professeur D intitulé " Les névroses traumatiques ". Mme H G produit également le jugement du 31 mars 2015 par lequel le tribunal administratif de Lyon a enjoint le préfet du Rhône à la délivrance d'un titre de séjour pour soins au motif que ce dernier n'établissait pas qu'elle pourrait accéder à un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, et dès lors en outre que le préfet du Rhône justifie en défense que les molécules que prend Mme H G sont disponibles dans son pays d'origine où il existe par ailleurs, à Kinshasa, un centre neuropsychiatrique dédié au stress post-traumatique, ces éléments ne sont pas suffisamment circonstanciés ou actualisés pour contredire l'avis émis par le collège des médecins. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Mme H G déclare être entrée en France le 14 septembre 2012 et vivre, depuis le début de l'année 2019, en situation de concubinage avec un ressortissant français avec lequel elle a conclu un pacte civil de solidarité le 13 juillet 2020. Néanmoins, à supposer cette circonstance établie et alors en toute hypothèse que ce concubinage serait récent à la date de la décision attaquée, il ressort des pièces que l'intéressée s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement en date du 15 septembre 2016 et s'est maintenue en situation irrégulière sur le territoire français. En outre, il est constant que Mme H G n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses deux enfants, sa mère et ses trois frères et sœurs et dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de dix-neuf ans. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Rhône a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation de la décision du 3 juin 2020 portant refus titre de séjour présentées par Mme H G ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fins d'injonction, ainsi que de celles présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de Mme A G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H G et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

Mme F et M. Sitbon, conseillers,

Assistés de Mme Ricaud, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2020.

La présidente,

Signé

C. Oriol

Le rapporteur,

Signé

J. Sitbon

La greffière,

Signé

V. Ricaud

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions