mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 20 novembre 2020, 17 et 24 novembre 2022, M. C D, représenté par Me Lerat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2020 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a reconnu comme étant imputable au service son état de santé déclaré le 9 octobre 2018, pris en charge ses soins médicaux jusqu'au 31 décembre 2019, fixé la date de consolidation de son état de santé au 2 décembre 2019 et son taux d'incapacité permanente partielle à 3% ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de procéder sans délai au réexamen de sa situation ;
3°) à titre subsidiaire d'ordonner avant dire droit la réalisation d'une expertise ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, la directrice académique des services de l'éducation nationale s'étant estimée en situation de compétence liée au regard des conclusions de l'expertise médicale réalisée par le Docteur B ;
- la directrice académique des services de l'éducation nationale a commis une erreur d'appréciation en fixant la date de consolidation de son état de santé au 2 décembre 2019 et son taux d'incapacité permanente partielle à hauteur de 3%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022 à 12H.
Par une mesure d'instruction du 19 juin 2023, a été demandé la communication des conclusions du rapport d'expertise réalisé par le Docteur B le 2 décembre 2019.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Colin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Riedinger, rapporteure publique,
- les observations de Me Lerat représentant les intérêts de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, professeur d'éducation physique et sportive titulaire depuis le 1er septembre 2007, est affecté depuis le 1er septembre 2019 au collège Les Vallées à la Garenne Colombes. Par un courrier du 2 octobre 2019, il a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'état anxio-dépressif et de la souffrance psychologique dont il souffre. Par une décision du 17 septembre 2020 la directrice académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a reconnu l'imputabilité au service de son état de santé, pris en charge ses soins médicaux jusqu'au 31 décembre 2019, fixé la date de consolidation de son état de santé au 2 décembre 2019 et a retenu un taux d'incapacité permanente partielle de 3%. Le requérant doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de cette décision en tant seulement qu'elle fixe la date de consolidation de son état de santé au 2 décembre 2019 et le taux d'incapcité permanente partielle à 3 %.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme Beulzé, secrétaire générale et signataire de la décision attaquée du 17 septembre 2020, disposait d'une subdélégation de signature en vertu de l'article 2 de l'arrêté du 3 octobre 2019 de la rectrice de l'académie de Versailles, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de région Île-de-France, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A, directrice académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine, " tous les actes relevant de l'exécution des recettes et de l'ordonnancement des dépenses de personnel sur les unités opérationnelles placées sous l'autorité du recteur pour les matières suivantes : () / - les dépenses liées aux accidents du travail et maladies professionnelles des personnels affectés dans les services de l'éducation nationale et établissements d'enseignement rattachés du département des Hauts-de-Seine ". Par son objet, la décision contestée qui reconnait imputable au service l'état de santé du requérant, fixe la date de consolidation de son état de santé et son taux d'incapacité permanente partielle relève des dépenses liées à un accident de travail. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 17 septembre 2020 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Et aux termes de l'article 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision du 17 septembre 2020 en tant qu'elle fixe la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressé et le taux de son invalidité à 3% ne peut être regardée comme refusant à M. D un avantage au sens des dispositions précitées. Par suite, celle-ci n'entrant dans aucune autre des catégories de mesures qui doivent être motivées en application du code des relations entre le public et l'administration, le moyen, doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes mêmes de la décision attaquée, que la directrice des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine, alors même qu'elle a entendu s'approprier les conclusions de l'expertise réalisée le 2 décembre 2019 par le Docteur B se soit considérée comme étant en situation de compétence liée au regard de cet avis et de cette expertise. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent, ce qui permet d'apprécier un taux d'incapacité physique permanente. Aux termes de l'article L. 434-2 du code la sécurité sociale : " Le taux de l'incapacité permanente est déterminé d'après la nature de l'infirmité, l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime ainsi que d'après ses aptitudes et sa qualification professionnelle () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, pour fixer la date de consolidation de l'état anxio dépressif et des souffrances psychologiques dont souffre le requérant, l'administration s'est fondée sur les conclusions de l'expertise du Dr B du 2 décembre 2019 qui proposait de fixer une date de consolidation le même jour et évaluait le taux d'incapacité permanente partielle de M. D à 3 %. Le requérant fait valoir que ses troubles anxio-dépressifs et ses souffrances psychologiques perdurent et que son état de santé a été sous-évalué. Il produit à l'appui de ses allégations deux certificats l'un émanant d'un médecin psychiatre en date du 31 mai 2019 indiquant " qu'il est envahi " et l'autre du 27 octobre 2020 émanant d'un médecin généraliste indiquant " qu'il a des bouffées d'angoisse, des troubles du sommeil et régulièrement des idées noires ". Toutefois, d'une part ces médecins n'ont pas conclu à l'absence de consolidation de son état de santé ni proposé une nouvelle date de consolidation, d'autre part, ces certificats médicaux établis les 31 mai 2019 et 27 octobre 2020 à la demande de M. D, qui ne proposent pas une réévaluation du taux d'incapacité permanente partielle supérieure à 3 %, ne suffisent pas à remettre en cause les conclusions de l'expertise du 2 décembre 2019 précitée. Par suite, en fixant la date de consolidation au 2 décembre 2019 et un taux d'incapacité permanente partielle de 3 % l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'ordonner avant dire-droit une expertise, que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de la décision du 17 septembre 2020 en tant qu'elle fixe la date de consolidation de son état de santé au 2 décembre 2019 et son taux d'incapacité permanente partielle à 3% doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. D ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. D au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
Mme Colin, première conseillère,
Mme Debourg, conseillère
assistées de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
C. COLIN
La présidente,
Signé
H. LE GRIEL
La greffière,
Signé
D. BONFANTI
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026