lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2012067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BALME LEYGUES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 24 novembre 2020 sous le n° 2012067, M. A B, représenté par Me Balmes Leygues, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la commission administrative paritaire (CAP) a maintenu son évaluation au titre de l'année 2019, ensemble le compte-rendu d'entretien professionnel révisé par l'autorité hiérarchique du 4 août 2020 et le compte-rendu initial d'évaluation du 10 mars 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions du 24 septembre 2020 et du 4 août 2020 sont entachées d'un défaut de motivation ;
- la décision du 24 septembre 2020 est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le procès-verbal de la CAP ayant examiné sa demande contient des erreurs ;
- les décisions sont entachées d'une erreur de droit dans l'application du décret du 28 juillet 2010, dès lors que son évaluation porte un jugement sur ses qualités personnelles ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de ses mérites professionnels ;
- elles méconnaissent l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, dès lors qu'elles visent uniquement à mettre en œuvre un harcèlement moral à son encontre ;
- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir puisqu'elles révèlent une sanction déguisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions d'annulation de la décision du 4 août 2020 par lesquelles l'autorité hiérarchique a fait partiellement droit à la demande de révision de M. B et celle du 24 septembre 2020 par laquelle la CAP a refusé la demande de révision de M. B sont irrecevables, dès lors qu'il s'agit d'actes préparatoires et non de décisions faisant grief ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 23 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel initial notifié le 10 mars 2020, dès lors que la décision du 4 août 2020, par laquelle l'autorité hiérarchique a révisé ce compte-rendu pour en établir la version définitive, antérieure à l'introduction de la requête, a implicitement mais nécessairement procédé au retrait de la version initiale de ce compte-rendu.
Un mémoire de M. B a été enregistré le 28 octobre 2022 qui n'a pas été communiqué.
II. Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021 sous le n° 2114192, M. B, représenté par Me Balmes Leygues, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2021 par laquelle la CAP a maintenu son évaluation au titre de l'année 2020, ensemble la décision du 9 juin 2021 par laquelle l'autorité hiérarchique a refusé de réviser son compte-rendu d'évaluation professionnelle et le compte-rendu initial d'évaluation du 2 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions du 9 juin 2021 et du 20 septembre 2021 sont entachées d'un défaut de motivation ;
- les décisions sont entachées d'une erreur de droit dans l'application du décret du 28 juillet 2010, dès lors que l'évaluation porte un jugement sur ses qualités personnelles ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que ses mérites professionnels sont mal évalués et que cette notation contribue au harcèlement moral qu'il subit ;
- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir puisqu'elles révèlent une sanction déguisée, la procédure de sanction n'ayant pas été respectée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions d'annulation formées à l'encontre de l'avis de la commission administrative paritaire et de la décision du 9 juin 2021 sont irrecevables, dès lors qu'il s'agit d'actes préparatoires à l'établissement d'un compte-rendu d'entretien définitif et non de décisions faisant grief ;
- les conclusions d'annulation formées contre la version initiale du compte-rendu d'entretien professionnel établi le 2 mars 2021 sont irrecevables, dès lors que la version définitive de ce compte-rendu d'entretien, intervenue le 9 septembre 2021, a implicitement mais nécessairement retiré la version initiale ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Un mémoire de M. B a été enregistré le 28 octobre 2022 qui n'a pas été communiqué.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- les observations de Me Balme Leygues, représentant M. B ;
- et les observations de M. C, représentant le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, inspecteur des finances publiques, affecté depuis le 4 mars 2013 au sein de la mission départementales risques et audit de la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise, a été évalué au titre de l'année 2019, un compte-rendu de l'entretien professionnel (CREP) lui ayant été notifié le 31 mars 2020 par son supérieur hiérarchique direct. Il a formé un recours hiérarchique le 31 juillet 2020, auquel il a été répondu le 4 août 2020 par une modification de certaines rubriques du compte-rendu, M. B se voyant notifier cette nouvelle version de son évaluation le 14 août 2020. Le 5 juin 2020, M. B a formé un recours devant la commission administrative paritaire (CAP) à l'encontre de cette nouvelle version de son CREP. Le 24 septembre 2020, la CAP a rejeté la demande de révision de M. B. Par la requête n°2012067, M. B demande l'annulation de son CREP pour l'année 2019, de son CREP tel que révisé par l'autorité hiérarchique et de la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la CAP a rejeté sa demande de révision. Le 2 mars 2021, M. B a été évalué pour l'année 2021, puis a contesté le compte-rendu d'évaluation professionnelle issu de cette procédure, l'autorité hiérarchique refusant sa révision par une décision du 9 juin 2021. La CAP a également rejeté sa demande de révision le 20 septembre 2021. Par la requête n° 2114192, M. B demande également l'annulation de ces trois décisions afférentes à son évaluation pour l'année 2020.
2. Les requêtes dans les instances enregistrées sous les nos 2012067 et 2114192 ont été introduites par le même requérant et présentent à juger des questions communes, qui ont fait l'objet d'une même instruction. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2012067 :
En ce qui concerne le compte-rendu d'évaluation professionnel initial du 10 mars 2020 :
3. Aux termes de l'article 17 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires: " Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées. / Les statuts particuliers peuvent ne pas prévoir de système de notation ". Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 relative à la fonction publique de l'État: " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct ".
4. Aux termes de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. () Le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui le signe pour attester qu'il en a pris connaissance puis le retourne à l'autorité hiérarchique qui le verse à son dossier ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " L'autorité hiérarchique peut être saisie par le fonctionnaire d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Ce recours hiérarchique est exercé dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de notification à l'agent du compte rendu de l'entretien. L'autorité hiérarchique notifie sa réponse dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Les commissions administratives paritaires peuvent, à la requête de l'intéressé, sous réserve qu'il ait au préalable exercé le recours mentionné à l'alinéa précédent, demander à l'autorité hiérarchique la révision du compte rendu de l'entretien professionnel ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité la révision de son compte-rendu d'évaluation professionnelle pour l'année 2019 auprès de l'autorité hiérarchique, en application des dispositions de l'article 6 du décret du 28 juillet 2010 précité. Par conséquent, la décision du 4 août 2020, par laquelle l'autorité hiérarchique a révisé ce compte-rendu pour en établir la version définitive a implicitement mais nécessairement procédé au retrait de la version initiale de ce dernier. Il en résulte que M. B n'est pas recevable à demander l'annulation d'une décision qui avait été retirée avant l'introduction de la requête. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel initial pour l'année 2019 notifié le 10 mars 2020 doivent être rejetées.
En ce qui concerne le surplus des conclusions d'annulation :
6. En premier lieu, ni la décision du 4 août 2020 par laquelle l'autorité hiérarchique de M. B a révisé le compte-rendu d'évaluation professionnel de M. B, ni la décision par laquelle la CAP a rejeté sa demande de révision ne sont aux nombres des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ou, en tout état de cause, en application de toute autre disposition législative ou réglementaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions, inopérant, doit être écarté.
7. En deuxième lieu, le requérant soutient que le procès-verbal de la CAP ayant examiné sa demande est inexact, dès lors que les mentions relatives au sens des votes des membres de cette instance n'est pas conforme à la réalité, de même que le contenu des interventions lors de la séance. Toutefois, si la première version du procès-verbal faisait état de quatre votes en faveur d'un rejet de la demande de révision de M. B et de quatre abstentions, il ressort des pièces du dossier que, lors de sa séance du 26 novembre 2020, la CAP a adopté un nouveau procès-verbal de sa séance du 24 septembre 2020, corrigeant le relevé erroné des votes, mentionnant désormais seulement trois abstentions et un vote contre et précisant l'intervention orale d'un représentant du personnel qui n'était pas initialement mentionnée. Il est en outre constant que la demande de révision de M. B a bien été examinée et rejetée par la CAP compétente. Le moyen tiré de ce que la décision du 24 septembre 2020 serait entachée d'un vice de procédure ne peut donc qu'être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 précité : " L'entretien professionnel porte principalement sur : / 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; / 3° La manière de servir du fonctionnaire ; /4° Les acquis de son expérience professionnelle ; / 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; / 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; / 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier ".
9. Si le requérant soutient que les décisions méconnaissent ces dispositions, dès lors que le CREP porte un jugement personnel et non une appréciation de ses qualités professionnelles, il ressort de termes de ce compte-rendu que l'évaluation de M. B a été conforme aux objectifs fixés par ces dispositions. Son moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment () l'évaluation () ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements () ".
11. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. En outre, pour apprécier si des agissements revêtent le caractère de harcèlement moral, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
12. Pour faire présumer que son évaluation est intervenue dans un contexte de harcèlement moral, en méconnaissance des dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, le requérant fait valoir que le fonctionnement de son administration s'est dégradée en 2019-2020 visant à réduire les effectifs, qu'il rencontre des difficultés croissantes depuis 2005, qu'il a été " placardisé ", qu'il A fait l'objet de violences verbales et, le 17 juillet 2019, d'un acte de violence physique de la part de son supérieur hiérarchique.
13. Toutefois, la dégradation de ses conditions de travail et la mise à l'écart alléguées par M. B au cours des années 2019 et 2020 ne ressortent pas des pièces du dossier, le requérant ne se prévalant au demeurant d'aucune pièce permettant d'établir ses allégations. Par ailleurs, la circonstance qu'il ait fait l'objet d'une évaluation négative pour l'année 2019 n'est pas de nature à traduire l'existence d'une situation de harcèlement de la part de hiérarchie. Enfin, s'il a eu une altercation avec son supérieur hiérarchique le 17 juillet 2019, ce dernier l'ayant poussé contre un mur, et dont il ressort des pièces du dossier qu'elle aurait engendré pour M. B une griffure dans le dos et un choc psychologique, il ressort des pièces produites en défense que cet acte ponctuel de violence physique est intervenu dans un contexte d'hostilité et d'agressivité croissante de M. B à l'encontre de l'auteur de ces faits, à l'issue d'une discussion animée où M. B refusait de quitter le bureau de l'intéressé. Dans ces conditions, cet acte, pour regrettable qu'il soit, ne révèle aucun agissement constitutif de harcèlement moral.
14. Il résulte de ce qui précède que les agissements dénoncés par M. B, qui ne sont au demeurant pas tous établis, s'expliquent par des considérations étrangères à tout harcèlement. Dans ces conditions, M. B ne peut soutenir que son évaluation est intervenue dans un contexte de harcèlement moral et son moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 ne peut qu'être écarté.
15. En cinquième lieu, le requérant se prévaut de ses vingt années de carrière au sein de son administration et de la situation de harcèlement dont il estime être l'objet pour justifier que l'évaluation de ses mérites professionnels serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, en se bornant à contester de manière générale l'appréciation portée sur ses compétences et ses connaissances par l'autorité hiérarchique, le requérant n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause les termes précis de cette appréciation, corroborée par les pièces du dossier, selon laquelle sa manière de servir s'est fortement détériorée en 2019, avec un implication insuffisante, un absentéisme chronique, une difficultés à s'inscrire dans des relations professionnelles et une propension à remettre en cause les tâches qui lui sont confiées, justifiant le caractère critique de l'ensemble des appréciation portées sur sa manière de servir. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
16. En sixième et dernier lieu, si M. B soutient que cette évaluation à coloration exclusivement négative serait une sanction déguisée, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les appréciations portées par la hiérarchie de l'intéressé, et signifiées dans des termes mesurés, étaient justifiées par sa manière de servir au cours de l'année 2019. Par suite, le moyen doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. B à l'encontre de son compte-rendu d'évaluation définitif du 4 août 2020, ainsi qu'à l'encontre de la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la CAP a rejeté sa demande de révision de cette notation doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2114192 :
18. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 9 juin 2021 par laquelle l'autorité hiérarchique a refusé de réviser le CREP de M. B et de celle du 20 septembre 2021 par laquelle la CAP a maintenu cette évaluation, inopérant, doit être écarté.
19. En deuxième lieu, si le requérant soutient que les décisions méconnaissent les dispositions de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État citées au point 7, dès lors que le CREP porte un jugement personnel et non une appréciation de ses qualités professionnelles, il ressort de termes mêmes de ce compte-rendu que l'évaluation de M. B est conforme aux objectifs fixés par ces dispositions. Son moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
20. En troisième lieu, pour établir le caractère manifestement infondé de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2020, le requérant relève le caractère excessivement négatif des appréciations et indique que cette évaluation contribue au harcèlement moral dont il fait l'objet. Toutefois et d'une part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, la situation de harcèlement morale n'est pas davantage établie à la date de la décision attaquée alors que l'ensemble des mesures qu'ils présentent comme témoignant de ce harcèlement ont été prises dans l'intérêt du service ou dans son intérêt propre et dans la limite de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. D'autre part, le requérant ne conteste pas les faits qui fondent l'appréciation négative dont il fait l'objet dans le compte-rendu d'entretien professionnel, dont tant son autorité hiérarchique que la CAP ont refusé la révision, et qui ont amené sa supérieure hiérarchique à conclure à l'insuffisance de sa contribution, à ses difficultés à s'inscrire dans un fonctionnement hiérarchique et son absence de professionnalisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
21. En dernier lieu, si M. B soutient que cette évaluation à coloration exclusivement négative serait une sanction déguisée, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les appréciations portées par la hiérarchie de l'intéressé, et signifiées dans des termes mesurés, étaient justifiées par sa manière de servir au cours de l'année 2020. Par suite, le moyen doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions d'annulation de M. B dans sa requête n° 2114192 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Il n'y a pas lieu de condamner l'État, qui n'est pas la partie perdante, à verser à M. B les sommes qu'il réclame dans les deux instances sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : Les requêtes nos 2012067 et 2114192 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
M. DLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2012067 et 211419
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026