vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2012501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABANES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 décembre 2020, 26 avril, 26 mai, 28 juin, 26 novembre 2021, 9 janvier (non communiqué) et 14 février 2022, ainsi que par un mémoire récapitulatif enregistré le 25 octobre 2022, M. B D et Mme A D, représentés par Me Lacroux, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2020 par laquelle conseil territorial de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense a approuvé de la révision du plan local d'urbanisme de Courbevoie en ce qu'il a maintenu l'emplacement réservé n°1 grevant notamment la parcelle des requérants cadastrée F n°47, située 6, boulevard de la Mission Marchand et réduit les droits à construire sur la parcelle à 40% de son emprise ;
2°) de condamner la commune de Courbevoie et l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense à verser aux requérants la somme de 100 000 euros à titre de réparation du préjudice moral et financier subi ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Courbevoie et de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense une somme de 20 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'ensemble des conclusions de la requête sont recevables ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant que l'emplacement réservé n'est justifié par aucun projet réel, que sa durée est anormalement longue et qu'il méconnait le projet d'aménagement et de développement durable applicable sur le territoire de la commune, le schéma de développement de la région Île de France et le plan de déplacements urbains d'Île-de-France ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle limite les droits à construire sur la parcelle à 40% de son emprise ;
- elle fait supporter aux requérants un préjudice moral et financier.
Par des mémoires, enregistrés les 25 mars, 25 mai, 28 juin et le 21 décembre 2021, ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 20 octobre 2022, l'Établissement public territorial Paris Ouest La Défense, représenté par M. C, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions en annulation de la décision attaquée en tant qu'elle réduit les droits à construire sur la parcelle des requérants sont irrecevables car introduites postérieurement à la cristallisation du débat contentieux ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ausseil,
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,
- et les observations de Me Lacroux, représentant M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 29 septembre 2020, l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Courbevoie. Les époux D demandent au tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle a maintenu un emplacement réservé sur leur parcelle et y aurait réduit les droits à construire à 40% de sa superficie.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le délai de recours contentieux contre la décision attaquée a commencé à courir à compter de la date de saisine du tribunal, le 4 décembre 2020. Il était ainsi expiré lorsqu'ont été introduites, le 26 novembre 2021, les conclusions en annulation de la décision attaquée en tant qu'elle réduirait les droits à construire sur la parcelle à 40% de son emprise. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie et ces conclusions doivent être écartées comme non recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de L. 151-8 du code de de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 " et, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ". L'intention d'une autorité d'urbanisme de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé en application de ces dispositions, sans qu'il soit besoin pour cette autorité de faire état d'un projet précisément défini. L'appréciation portée sur ce point par l'autorité compétente ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En premier lieu, les requérants soutiennent que l'emplacement réservé grevant leur propriété est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en tant que le projet en vue duquel il est institué est dépourvu de réalité. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme prévoit les caractéristiques de l'emplacement réservé contesté qui doit permettre la mise en œuvre du projet du département des Hauts-de-Seine, tel qu'énoncé dans la délibération de la commission permanente du conseil départemental des Hauts-de-Seine du 14 décembre 2015, consistant en un élargissement du boulevard de la mission Marchand sur 1 982 m2 d'emplacements réservés entre les rues Eugène Caron et la rue des Fauvelles avec pour objectif de permettre la réalisation éventuelle d'aménagements cyclables. A cet égard, il est loisible au gestionnaire de voierie d'adapter les aménagements cyclables aux besoins qu'il estime nécessaires, et alors au demeurant qu'il n'appartient pas au juge pour excès de pouvoir d'apprécier l'opportunité du choix de l'aménagement projeté sur le périmètre d'un emplacement réservé. En outre, le projet, justifié par l'existence d'un fort rétrécissement de la largeur du trottoir au droit de la propriété des requérants occasionnant un chevauchement partiel des voies cyclistes et piétonnes, correspond aux objectifs définis par le projet d'aménagement et de développement durable et à l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur qui entendent soutenir la création d'aménagements favorisant les mobilités douces. Par ailleurs, la circonstance que cet aménagement ne serait mentionné ni dans le plan des circulations douces, ni dans les orientations d'aménagement et de développement durable sectorielles n°3 du plan local d'urbanisme est sans influence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que les élargissements de voies cyclables n'ont pas à y figurer. Enfin, la circonstance que l'aménagement contesté ne serait pas imposé par l'article L. 228-2 du code de l'environnement n'a pas davantage d'influence sur la légalité de la décision.
5. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que la durée anormalement longue de l'emplacement réservé grevant leur propriété, depuis son acquisition en 1980, sans qu'un quelconque aménagement ne soit venu matérialiser la réalité d'un projet pour cet emplacement réservé caractériserait une erreur manifeste d'appréciation. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle des requérants a été grevée par un premier emplacement réservé, prévu en 1978 dans le plan d'occupation des sols révisé de la commune de Courbevoie, pour les besoins de la réalisation de la ligne de tramway T2, par l'établissement d'un pan coupé à l'angle des boulevards de la Mission Marchand et de la rue Eugène Caron, que la commune a tenté, en vain, d'acquérir, en application de la clause de cession à titre gratuit figurant dans le permis de construire du 6 février 1980 par lequel M. et Mme D ont été autorisés à édifier un local commercial. D'autre part, comme il a été dit au point précédent, le second emplacement instauré sur la même parcelle par la délibération attaquée vise à élargir le boulevard de la Mission Marchand afin de permettre la réalisation éventuelle d'aménagements cyclables. Eu égard à la nature des aménagements prévus successivement sur l'emplacement en cause, la seule circonstance qu'aucun aménagement n'a été réalisé depuis 1980 n'est pas de nature à établir, à elle seule, que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En troisième lieu, les requérants soutiennent que le maintien d'un emplacement réservé sur leur parcelle serait entaché d'un détournement de pouvoir tiré de la volonté des pouvoirs publics de désenclaver les propriétés publiques des parcelles 45, 46 et 48 en vue de permettre la réalisation d'une opération immobilière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit précédemment, le projet d'aménagement justifiant l'emplacement réservé présente un caractère réel d'intérêt général. Dans ces conditions les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'administration aurait utilisé ses pouvoirs dans un but différent de ceux pour lesquels lesdits pouvoirs lui ont été confiés.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. La décision attaquée n'est, ainsi qu'il vient d'être dit, entachée d'aucune illégalité constitutive d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune de Courbevoie et de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense. Par suite, la demande indemnitaire de M. et Mme D n'est pas fondée et doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Courbevoie et de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les requérants demandent à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme D la somme que l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense demande en application de ces dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et Mme A D, à la commune de Courbevoie et à l'établissement public territorial Paris Ouest La Défense.
Délibéré après l'audience du, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président ;
M. Ausseil, conseiller ;
Mme L'Hermine, conseillère ;
assistés de Mme Pradeau, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Ausseil
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026