LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2012512

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2012512

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2012512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCHRETIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 4 décembre 2020, 11 décembre 2020 et 16 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Chrétien, avocate, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision, en date du 28 septembre 2020, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy a prononcé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'annuler " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale " ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui octroyer rétroactivement les conditions matérielles d'accueil depuis sa date de déclaration de fuite dans un délai de trois jours ouvrés à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre subsidiaire, de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours ouvrés à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure " normale " dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'État et de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser chacun à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Chrétien renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Mme B soutient que la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy en date du 28 septembre 2020 :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen complet ;

- est dépourvue de base légale ;

- a été prise sur une procédure irrégulière, dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure, préalablement à son intervention, de présenter ses observations ;

- méconnaît l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est intervenue sans que l'Office français de l'immigration et de l'intégration ait préalablement procédé à l'évaluation de sa vulnérabilité ou à l'examen personnel d'évaluation de vulnérabilité prévu à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de la situation de vulnérabilité dans laquelle elle se trouve ;

Mme B soutient que " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale " :

- méconnaît le paragraphe 2 de l'article 9 du règlement CE 604/2013 du 2 septembre 2013 ;

- méconnaît l'article 29 du règlement CE 604/2013 du 2 septembre 2013.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a été mis en demeure le 5 janvier 2023

Par une ordonnance en date du 24 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mars 2023.

Par des lettres en date du 13 avril 2023, Mme B et le préfet du Val-d'Oise ont été informés, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation dirigées contre " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ", aucun justificatif de l'existence d'une telle décision n'étant produit par la requérante.

Par une décision en date du 25 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Kelfani, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, demandeuse d'asile de nationalité russe, conteste la décision, en date du 28 septembre 2020, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait. Mme B demande également l'annulation de " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy en date du 28 septembre 2020 et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

2. Mme B soutient, sans être contredite par l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui n'a, en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 5 janvier 2023, produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l'instruction, qu'elle n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations avant l'intervention de la décision de suspension de ses conditions matérielles d'accueil. Si la décision contestée indique que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé Mme B par un courrier du 11 septembre 2020 de son intention de suspendre les conditions matérielles dont elle bénéficiait et l'a invitée à présenter ses observations dans un délai de quinze jours, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette correspondance aurait été régulièrement notifiée à la requérante avant l'intervention de la décision de suspension contestée.

3. Il résulte de ce qui précède que la décision en date du 28 septembre 2020, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B, a été prise sur une procédure irrégulière et qu'elle doit, par suite, être annulée.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale " :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

5. La requérante n'établit pas l'existence de la décision dont elle demande l'annulation et dont elle ne précise au demeurant ni la forme ni la date.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B dirigées contre " la décision du préfet refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale " sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".

8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen des droits de la requérante aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle la décision annulée par le présent jugement a produit ses effets. Il y a lieu de fixer à l'Office français de l'immigration et de l'intégration un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement pour procéder à cette opération.

9. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir l'injonction édictée ci-dessus d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à l'avocate de Mme B d'une somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Chrétien renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

11. L'État n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions de la requérante tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge sur le fondement des dispositions législatives mentionnées ci-dessus doivent, par suite, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La décision, en date du 28 septembre 2020, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cergy a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen des droits de la requérante aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle la décision annulée par le présent jugement a produit ses effets, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous la réserve mentionnée au dernier point du présent jugement, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Chrétien, avocate de Mme B, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

K. KELFANI

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

F.-X. PROSTLa greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions