LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2012559

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2012559

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2012559
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 décembre 2020 la société civile immobilière (SCI) Ducher, représentée par Me Auchet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Garges-Lès-Gonesse a rejeté sa demande de permis de construire n° 9526819 E0032 une salle polyvalente, des bureaux, un logement ainsi qu'un parking extérieur sur des parcelles cadastrées AI n°366, 368, 370, 372 et 374 sises lieu-dit " La Sapinière " à Garges-Lès-Gonesse ;

2°) d'enjoindre à la commune de Garges-Lès-Gonesse de lui délivrer l'autorisation sollicitée ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Garges-Lès-Gonesse la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué, qui doit être regardé comme une décision de retrait de la décision accordant le permis de construire sollicité, révélée par le courriel du 7 octobre 2019 de la directrice du développement, de l'aménagement et de l'habitat, a été pris en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que son édiction n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

- il a été pris en méconnaissance des articles AUis 1 et AUis 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-Lès-Gonesse ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 7 du plan local d'urbanisme sur laquelle il se fonde, qui n'est pas reportée sur les documents graphiques du plan local d'urbanisme, constitue une simple prévision insusceptible de fonder légalement l'arrêté en litige ; en tout état de cause, le projet en litige est parfaitement compatible avec cette OAP ;

- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article AUis 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Garges-Lès-Gonesse ;

- il méconnaît l'article AUis 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-Lès-Gonesse ; en outre, le maire ne pouvait, sans méconnaître les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, exiger la production d'une note paysagère détaillant le type d'essences végétales prévu par le projet alors que ces dispositions, qui fixent une liste exhaustive des pièces devant être jointes au dossier de demande de permis de construire, ne prévoit pas la production d'un tel document ;

- il méconnaît l'article AUis 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Garges-Lès-Gonesse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2021, la commune de Garges-Lès-Gonesse, représentée par Me Garrigues, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCI Ducher la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCI Ducher ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure,

- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique,

- et les observations de Me Laplante, représentant la SCI Ducher, et de Me Garrigues représentant la commune de Garges les Gonesse.

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 décembre 2019, la société civile immobilière (SCI) Ducher a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une salle polyvalente, et d'un parking extérieur, sur des parcelles cadastrées section AI n°366, 368, 370, 372 et 374 sises lieu-dit " La Sapinière " à Garges-Lès-Gonesse. Par un arrêté du 5 octobre 2020, dont la société civile immobilière (SCI) Ducher demande l'annulation, le maire de la commune de Garges-Lès-Gonesse a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la société requérante soutient que le courriel qui lui a été adressé en date du 7 octobre 2019, par la directrice du développement, de l'aménagement et de l'habitat, révèle un accord donné par la commune sur l'avant-projet qu'elle a présenté et qu'ainsi, l'arrêté attaqué doit être regardé comme procédant au retrait de cet accord. Toutefois, ainsi que l'admet elle-même la société civile immobilière Ducher, ce courriel contient uniquement des observations formulées par le service urbanisme de la commune suite au dépôt par la SCI Ducher, " d'un avant-projet de salle des fêtes ". Au demeurant, la SCI Ducher a déposé son dossier de demande de permis de construire le 10 décembre 2019, postérieurement à la réception de ce courriel du mois d'octobre. Dans ces conditions, l'arrêté du 5 octobre 2020, portant refus de délivrance du permis de construire sollicité, n'avait pas, contrairement à ce que soutient la société requérante, à être précédé de la procédure contradictoire visée à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, ce moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutient la société requérante, le maire de Garges-Lès-Gonesse ne s'est pas fondé sur l'article N 13 du règlement du plan local d'urbanisme pour refuser de lui délivrer le permis de construire qu'elle sollicitait, mais sur l'incompatibilité du projet avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 7 du plan local d'urbanisme, en ce qu'il ne prévoit pas des plantations suffisantes en bordure de voie. Dans ces conditions, la société requérante ne peut utilement soutenir qu'en lui opposant l'insuffisance de plantation d'arbres en zone N alors que l'article N 13 du règlement du plan local d'urbanisme ne fixe aucun quota de plantation d'arbre dans cette zone, le maire a commis une erreur de droit. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. En troisième lieu, le code de l'urbanisme dispose, en son article R. 431-4 : " La demande de permis de construire comprend : / a) les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. " ; en son article R. 431-8 : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2 ° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () c) Le traitement des () végétations () situés en limite de terrain ; () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () " Par ailleurs, aux termes de l'article AUis 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-Lès-Gonesse : " 13-1 Analyse paysagère du site : / Les projets de constructions doivent être étudiés en tenant compte d'une analyse paysagère du site (le terrain et son environnement) en respectant le principe de la conservation au maximum des éléments paysagers et plantations d'intérêt, en particulier les arbres. () 13-2-4 Essences végétales : / Afin de préserver la biodiversité et les écosystèmes locaux, la plantation d'essences végétales locales ou indigènes devra être privilégiée au détriment d'espèces exotiques potentiellement invasives. / Ces espèces sont répertoriées dans l'annexe 2 " Liste des espèces invasives " du présent règlement."

5. Pour refuser de lui délivrer le permis de construire qu'elle sollicitait, le maire a notamment considéré dans son arrêté du 5 octobre 2020, qu'aucune note paysagère détaillant " notamment le type d'essences végétales n'a été fournie ". Toutefois, les dispositions de l'article AUis 13 précitées n'imposent pas, dans le cadre de l'analyse paysagère dont il doit être tenu compte, de recenser chacune des essences végétales présentes sur le terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir qu'en lui opposant l'absence de production d'une note paysagère recensant le type d'essences végétales présentes sur la parcelle, le maire a méconnu les dispositions précitées des articles R. 431-4, R. 431-8 du code de l'urbanisme et AUis 13 du règlement du plan local d'urbanisme.

6. En quatrième lieu, le règlement du plan local d'urbanisme dispose en son article AUis 11 : " Rappel : En application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () "

7. D'une part, le maire de Garges-lès-Gonesse a refusé de délivrer le permis sollicité par la SCI Ducher au motif que les inscriptions " Espace Semiramis " apposées sur les clôtures en limite de la RD84, par leur aspect et leurs couleurs, dénotaient trop fortement avec l'environnement et ne s'inséraient pas qualitativement dans le site. A cet égard, la société requérante soutient que de telles inscriptions ne sont pas réglementées par le règlement du plan local d'urbanisme et que les clôtures projetées sont quant à elles conformes à l'article AUis 11 de ce règlement. Toutefois, les inscriptions en litige sont intégrées par la société pétitionnaire à son projet de construction. Dans ces conditions, le maire pouvait, sans commettre d'erreur de droit, les prendre en considération pour apprécier l'insertion générale du projet dans son environnement bâti et paysager.

8. D'autre part, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'implantation de la construction est projetée à proximité immédiate d'un complexe commercial comprenant déjà de nombreuses enseignes et ne présentant aucun intérêt particulier. En outre, si l'orientation d'aménagement et de programmation n° 7 du plan local d'urbanisme vise à assurer un traitement paysager des bordures de la RD84, la société pétitionnaire justifie avoir fait le choix d'implanter ces inscriptions à hauteur d'homme, limitant sa visibilité aux usagers de cette voie et de la salle polyvalente elle-même. Enfin, le gabarit de ces inscriptions, rapporté à celui du bâtiment projeté, reste limité. Dans ces conditions, la SCI Ducher est fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer le permis de construire qu'elle sollicitait pour ce motif, le maire a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article AUis 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-lès-Gonesse.

9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.

10. Toutefois, si le maire de Garges-Lès-Gonesse ne pouvait légalement se fonder sur les motifs énoncés aux points 5 et 8 pour refuser de délivrer à la SCI Ducher le permis de construire qu'elle sollicitait, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué, que le maire s'est également fondé sur les motifs tirés de la méconnaissance des dispositions des articles AUis 2, et AUis 12 du règlement du plan local d'urbanisme, mais également sur l'absence de conformité du projet à l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 7 du plan local d'urbanisme.

11. Premièrement, le règlement du plan local d'urbanisme dispose en son article AUis 1 : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol suivantes : / - Les constructions à destination d'habitation à l'exception des dispositions figurant à l'article 2, / - Les constructions et installations d'intérêt collectif autres que celles mentionnées à l'article 2 () " ; en son article AUis 2 : " 2-1 Les constructions nouvelles sont autorisées à condition qu'elles s'intègrent dans un schéma d'aménagement qui porte sur l'ensemble de la zone dans le respect des dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation de manière à : / - garantir une bonne insertion dans le site, / - assurer des liaisons automobiles et piétonnes satisfaisantes avec le tissu environnant, / - intégrer la réalisation des équipements nécessaires au bon fonctionnement de l'ensemble. / La réalisation par phases de l'opération peut être admise à condition de ne pas compromettre l'aménagement global tel qu'il est fixé dans l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP). / 2-2 Les constructions à destination d'habitation sont autorisées dans les conditions d'être strictement nécessaires au fonctionnement et/ ou au gardiennage des constructions et installations autorisées dans la zone. / 2-3 Les constructions et installations d'intérêt collectif sous réserve d'être destinées à des équipements culturels, sportifs, petite enfance, sociaux et de santé. () "

12. Il résulte de ces dispositions que l'article AUis 2-3 du règlement du plan local d'urbanisme autorise uniquement les constructions et installations d'intérêt collectif répondant aux catégories d'activités limitativement énumérées que sont : la culture, le sport, la petite enfance, le social et la santé.

13. En l'espèce, il n'est pas discuté que la salle polyvalente dont la construction est projetée est un équipement d'intérêt collectif et de services publics au sens du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cet équipement n'a pas pour finalité de répondre aux activités précitées au point 11. Il s'ensuit que sa construction n'est pas autorisée par l'article AUis 2-3 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-Lès-Gonesse. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer le permis de construire qu'elle sollicitait, motif pris que le projet de construction d'une salle polyvalente correspond à un équipement d'intérêt collectif qui n'est pas destiné aux activités énoncées à l'article AUis 2, le maire a méconnu les articles AUis 1 et AUis 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-Lès-Gonesse. Par suite, le moyen doit être écarté.

14. Deuxièmement, le règlement du plan local d'urbanisme dispose en son article AUis 12 : " 12-1 Nombre de places à réaliser / Lors de toute opération de construction () des aires de stationnement doivent être réalisées afin d'assurer en dehors des voies publiques le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions. Les normes sont définies en fonction de la nature de la construction. Le nombre total de places de stationnement est arrondi au chiffre entier supérieur. () Pour les constructions et installations nécessaires aux équipements publics ou d'intérêt collectif : / - Le nombre de places de stationnement à réaliser doit être adapté à la nature de l'équipement, à son mode de fonctionnement, à sa localisation sur le territoire communal (proximité des transports en commun, existence de parcs publics de stationnement à proximité, ) et au nombre et au type d'utilisateurs concernés () "

15. D'une part, ainsi qu'il a été énoncé aux points 11, 12 et 13, la construction litigieuse a été qualifiée par la société pétitionnaire elle-même, de salle polyvalente et constitue, au sens de l'article AUis 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Garges-lès-Gonesse, une construction d'intérêt collectif. A cet égard, si la société requérante soutient que cette construction comporte un logement d'habitation, des commerces, des entrepôts et des bureaux et que le nombre d'emplacements de stationnement projeté est conforme aux obligations chiffrées par l'article AUis 12 pour chacune de ces " destinations " de construction, elle n'en justifie pas.

16. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le 17 septembre 2020, la sous-commission de sécurité publique a rendu un avis favorable au projet en litige sur lequel le maire l'avait consultée, sous réserve toutefois du respect des recommandations de l'étude qui énoncent " le parking prévu sera potentiellement très insuffisant (150 places de parking pour une salle d'une capacité de neuf cents personnes). Il conviendra donc d'être vigilant sur cette problématique auprès des clients louant la salle polyvalente. "

17. Pour refuser le permis de construire sollicité par la SCI Ducher, le maire, qui n'était pas tenu par l'avis purement consultatif rendu par cette sous-commission, a estimé que les cent-quarante-sept places de stationnement prévues pour ce projet d'équipement d'intérêt collectif présentant une capacité d'accueil de plus de mille personne, n'était pas suffisant. En outre, la commune fait valoir dans ses écritures, sans être contestée par la société requérante, que ces places de stationnement sont éloignées des gares RER de la commune et des transports collectifs en site propre de plus de 500 mètres, qu'il n'existe pas de parc public de stationnement à proximité directe susceptible d'absorber le stationnement de véhicules qui sera engendré par ce projet. La circonstance alléguée, à la supposer établie, que le projet comporte en réalité cent cinquante et une places et que la capacité d'accueil de la construction envisagée est de neuf-cent-soixante-huit personnes, n'est pas, eu égard à l'ampleur de ce projet, de nature à avoir faussé l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité de ce projet aux dispositions de l'article AUis12 précité. Enfin, la commune ajoute que la solution alternative proposée par la société pétitionnaire, de créer une voie d'accès parallèle à la route départementale, ne permettra pas davantage d'assurer la conformité du projet litigieux aux dispositions précitées de l'article AUis 12 dans la mesure où la bande de roulement projetée de cette voie est " à peine plus large qu'un véhicule " et qu'elle n'est " pas non plus suffisamment longue pour permettre de garer un nombre important de véhicules. " Dans ces conditions, le maire pouvait, pour ce motif, en application de l'article AUis12 du règlement du plan local d'urbanisme, refuser de délivrer le permis de construire litigieux.

18. Troisièmement, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. Il en est de même si les constructions projetées, par leur implantation à proximité d'autres installations, leurs caractéristiques ou leur situation, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. "

19. Ainsi qu'en dispose l'arrêté attaqué, le projet en litige, comporte un risque de stationnement incontrôlé sur la route départementale dû à un nombre de places de stationnement trop faible sur le terrain et est ainsi de nature à provoquer un report du stationnement au niveau de la route départementale susceptible d'être source d'accidents. Il s'ensuit que le maire, pouvait, également, pour ce motif, en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, refuser de délivrer le permis de construire litigieux.

20. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".

21. Tout d'abord, aucune disposition n'impose de représenter les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) sur le règlement graphique du plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que la société requérante ne peut utilement soutenir que l'absence de représentation de l'OAP n°7 du plan local d'urbanisme sur le document graphique de ce plan, permet de la regarder comme une simple prévision insusceptible de fonder légalement l'arrêté attaqué.

22. Ensuite, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme que les travaux ou opérations d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation. Si de telles orientations sont, dans cette mesure, opposables aux demandes d'autorisations d'urbanisme et ainsi, en principe, susceptibles d'être contestées par la voie du recours pour excès de pouvoir à l'occasion d'un recours dirigé contre la délibération qui approuve le plan local d'urbanisme ou la décision refusant de l'abroger, il en va différemment dans le cas où les orientations adoptées, par leur teneur même, ne sauraient justifier légalement un refus d'autorisation d'urbanisme.

23. En l'espèce, d'une part, l'OAP en cause, contrairement à ce que soutient la société requérante, ayant spécifiquement pour objet les parcelles litigieuses, est susceptible, par sa teneur même, de justifier un refus de permis de construire. Dans ces conditions, la société requérante peut utilement, dans le cadre du présent recours dirigé contre l'arrêté rejetant sa demande de permis de construire sur ces parcelles, en contester la légalité.

24. D'autre part, l'arrêté attaqué dispose notamment : " () l'Orientation d'aménagement et de programmation (OAP)du secteur d'activités économiques de la Sapinière située à proximité de zones naturelles à forts enjeux environnementaux qui prévoit de créer un espace paysager fortement planté en bordure du parc Georges Valbon. Cet espace doit constituer une frange naturelle, assurant une transition qualitative " et qui nécessite que des études complémentaires soient réalisées, en particulier des études venant conforter le degré d'intérêt des zones naturelles du secteur, et mesurer l'incidence des aménagements prévus " et constate que " la plantation d'arbres sur la zone naturelle, en bordure de voie n'est pas assez conséquente et le traitement paysager n'apporte pas une qualité suffisante pour répondre à l'OAP () " Ces indications, sont propres à permettre à la société requérante de contester utilement les motifs du refus sur ce point. Elle n'est ainsi pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé sur ce point.

25. Enfin, la notice descriptive du projet révèle, s'agissant du traitement des espaces libres, des plantations à conserver et à créer que " Les espaces libres engazonnés et un arbre à hautes tiges sera planté par tranche de 200 m2 d'espace libre conformément au plan de masse et au PLU ". Or, les orientations fixées par l'OAP n° 7 sont notamment - " assurer une transition urbaine et paysagère préservant l'intimité du quartier de la Croix Buard " - " créer un espace paysager fortement planté en bordure du parc Georges Valbon. Cet espace doit constituer une frange naturelle assurant une transition qualitative " - " Assurer la préservation d'un espace naturel de 5Ha minimum (secteur identifié au SDRIF 2013) " et enfin " Prendre en compte la topographie actuelle dans le projet : préserver le talweg paysager ". Dans ces conditions, c'est sans erreur d'appréciation que le maire de Garge-Lès-Gonesse a estimé que le projet litigieux ne prévoyait pas un traitement paysager de qualité suffisante pour répondre aux orientations précitées de l'OAP n° 7 et a pu, sans commettre d'erreur de droit, refuser de délivrer le permis de construire sollicité par la société civile immobilière Ducher, pour ce motif.

26. Il ne résulte pas de l'instruction que le maire de Garges-Lès-Gonesse aurait, s'il n'avait retenu que les motifs énoncés aux points 10 à 25, pris une décision différente à l'égard de la SCI Ducher.

27. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la demande de substitution de motif formulée par la commune en défense, que la SCI Ducher n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

28. Le rejet des conclusions à fin d'annulation de la SCI Ducher n'implique aucune mesure d'exécution de la part de la commune. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.

Sur les conclusions formulées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Garges-Lès-Gonesse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre, par la société civile immobilière Ducher.

30. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société civile immobilière Ducher, la somme demandée par la commune sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société civile immobilier Ducher est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la commune de Garges-Lès-Gonesse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) Ducher et à la commune de Garges-Lès-Gonesse.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. Louvel, premier conseiller,

Mme Zaccaron Guérin, conseillère,

Assistés de M. Lux, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.

La rapporteure,

signé

C. Zaccaron Guérin Le président,

signé

P. Thierry

Le greffier,

signé

F. Lux

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 20125592

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions