jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2012598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 8 décembre 2020 et le 31 août 2023, M. D B, représenté par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2020 par lequel le directeur du groupe hospitalo-universitaire de l'AP-HP Nord université de Paris lui a infligé la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui appartient au corps des techniciens, exerce les fonctions de dessinateur au sein de la direction des investissements de l'hôpital Louis Mourier à Colombes (92). Par une décision du 5 octobre 2020, le directeur du groupe hospitalo-universitaire de l'AP-HP Nord université de Paris a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours, du 2 au 4 novembre 2020. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, et d'une part, l'article 10 de l'arrêté du 23 septembre 2020 portant délégation de signature du groupe hospitalo-universitaire AP-HP Nord régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 24 septembre 2020 prévoit qu'en cas d'empêchement de M. C, directeur des ressources humaines, délégation est donnée à " Mme A E, directrice des ressources humaines adjointe du groupe hospitalo-universitaire AP-HP Nord -Université de Paris à l'effet de signer tous les actes ressortissants des attributions de sa direction et ceci uniquement pour les matières énoncées aux paragraphes A, B, C, F, H relevant de son domaine, de l'arrêté directorial n°2013318-0006 DG ". D'autre part, le point n°25 de l'article 1 du B) intitulé " en matière de ressources humaines " de l'arrêté directorial précité mentionne " les décisions relatives à l'application des sanctions disciplinaires aux personnels non médicaux de catégorie A ou B ou C, étant précisé que la délégation en cette matière n°25 n'est pas donnée aux directeurs de pôles d'intérêt commun ". Dans ces conditions, Mme E était compétente pour signer l'arrêté litigieux. Le moyen sera donc écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction (). L'article L. 211-5 de ce code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. L'arrêté litigieux mentionne les dispositions légales sur le fondement desquelles il a été pris et notamment les articles 29 de la loi du 13 juillet 1983 et les articles 81 à 84 de la loi du 9 janvier 1986. Il vise également le rapport circonstancié du 2 juillet 2020 sur le fondement duquel la procédure disciplinaire a été déclenchée. En outre, l'arrêté précise qu'il est reproché à l'intéressé " un comportement inapproprié ", le " refus d'exécution des tâches ", le " non-respect des consignes hiérarchiques ", le " manque de respect à l'encontre de sa hiérarchie ". En énumérant de façon suffisamment précise les motifs de fait sur lesquels il se fonde, et alors même qu'il ne comporte pas les circonstances détaillées de ces manquements, l'arrêté litigieux comporte des mentions suffisantes. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui le fondent, de sorte que le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une sanction disciplinaire, de vérifier si les faits reprochés à un agent public sont matériellement établis, s'ils constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Pour prendre la sanction litigieuse d'exclusion temporaire de trois jours, l'administration s'est fondée d'une part, sur le refus de l'intéressé d'exécuter des tâches et de respecter des consignes hiérarchiques et d'autre part, sur son comportement inapproprié et son manque de respect à l'encontre de sa hiérarchie.
7. L'intéressé conteste la matérialité des faits et soutient qu'il a toujours exercé ses tâches et respecté sa hiérarchie. Toutefois, il ressort du rapport circonstancié à l'origine du déclenchement de la procédure disciplinaire rédigé le 2 juillet 2020 et adressé à l'intéressé, par courrier du 20 juillet 2020 en lettre simple et par pli recommandé avec accusé de réception que celui-ci a refusé de participer à la permanence téléphonique du service technique entre le 8 et le 15 juin 2020 et a estimé " qu'il avait autre chose à faire que de répondre à [ses] demandes " en ajoutant qu'il envisageait d'être en arrêt maladie prochainement et que dans le cadre de son poste de dessinateur, il " n'a rien produit depuis de nombreux mois " malgré des relances. Si l'intéressé évoque, sans l'établir, avoir été " violemment pris à partie par l'ingénieur de travaux ", il n'apporte aucun élément de nature à contredire le fait qu'il aurait refusé de participer à la permanence téléphonique et aurait manqué de respect à sa hiérarchie. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la sanction litigieuse reposerait sur des faits matériellement inexacts.
8. Le refus de l'intéressé d'exécuter des tâches et consignes et son manque de respect envers sa hiérarchie constituent des fautes disciplinaires et sont donc de nature à justifier une sanction disciplinaire. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet de rapports successifs en 2017 et en 2018 relatant notamment les refus de l'intéressé de réaliser un travail demandé par un supérieur ou encore le fait d'avoir dormi sur son lieu de travail. Par ailleurs, le requérant a fait l'objet d'un blâme le 20 janvier 2020 pour non-respect des consignes hiérarchiques et propos insultants à l'encontre du responsable du service. Enfin, s'il fait valoir que la procédure disciplinaire a été initiée dans un contexte de dégradation de ses conditions de travail, alors qu'il avait été " violemment pris à partie par l'ingénieur de travaux " et qu'il est victime de discrimination et d'une " mise au placard ", il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Dans le même sens, si l'intéressé soutient que son poste n'a jamais été adapté à son handicap et que l'administration ne prend pas en compte son statut de travailleur handicapé, il ne l'établit pas alors qu'il ressort des pièces produites en défense qu'il bénéficie d'horaires aménagés et que le médecin agréé a estimé le 15 janvier 2021 qu'il était apte à l'exercice des fonctions liées à son poste. Par conséquent, les faits reprochés, eu égard notamment à leur réitération, sont de nature à justifier une exclusion temporaire de fonctions de trois jours, qui au demeurant relève du premier groupe de l'échelle des sanctions. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la sanction litigieuse doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 5 octobre 2020. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les disposition de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge de l'AP-HP, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
Mme Colin, première conseillère,
Mme Debourg, conseillère,
Assistées de Mme Pradel, greffière
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
T. DEBOURG
La présidente,
signé
H. LE GRIELLa greffière,
signé
E. PRADEL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2012598
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026