LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2012984

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2012984

vendredi 14 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2012984
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantCABINET ADAES AVOCATS (SARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme A, agent territorial, d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de la commune de Sarcelles de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie professionnelle et de saisir le comité médical pour un reclassement. Le tribunal a rejeté les conclusions dirigées contre le refus de saisine du comité médical et de reclassement comme tardives, la décision attaquée étant confirmative d’un précédent refus implicite. Sur le refus de reconnaissance d’imputabilité, il a jugé que la procédure n’était pas entachée d’un vice substantiel et que l’aggravation de la maladie n’était pas directement liée au service, appliquant l’article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. En conséquence, il a rejeté l’ensemble des demandes, y compris l’indemnisation pour préjudice moral, et mis à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces et des mémoires enregistrés les 14 décembre 2020, 24 mars 2023, 22 octobre 2024, 5 novembre et 19 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet née le 13 décembre 2020 du silence gardé par la commune de Sarcelles sur ses demandes de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle et de saisine du comité médical aux fins d'examen de son aptitude physique et, le cas échéant, d'un reclassement sur un emploi administratif ;

2°) d'enjoindre à la commune de Sarcelles de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la réception du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre à la commune de Sarcelles de la reclasser dans un cadre d'emploi adapté à son état de santé ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande après avoir recueilli à cette fin l'avis du comité médical, le tout dans un délai de deux mois à compter de la réception du jugement à intervenir ;

4°) de condamner la commune de Sarcelles à lui verser, en réparation du préjudice moral qu'elle a subi, la somme de 10 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable présentée le 12 octobre 2020 et de la capitalisation de ces intérêts ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Sarcelles la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité de sa maladie au service :

- elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été précédée par la saisine de la commission de réforme conformément à l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 et de l'article 21 de l'arrêté interministériel du 4 août 2004, ce qui l'a privée d'une garantie ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, l'aggravation de sa maladie étant en lien direct avec le stress généré par les manquements commis par la commune de Sarcelles dans la gestion de sa situation administrative et professionnelle ;

En ce qui concerne la décision de refus de saisir le comité médical et de la reclasser dans un cadre d'emploi administratif :

- ses conclusions dirigées contre la décision du 13 décembre 2020 lui refusant implicitement de saisir la commission de réforme ou, à titre subsidiaire, de la reclasser dans un autre cadre d'emploi, ne sont pas tardives dès lors que cette décision n'est pas simplement confirmative de la décision du 23 mars 2020 lui refusant implicitement son reclassement dans un autre cadre d'emploi ;

- elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été précédée par la saisine du comité médical conformément à l'article 1er du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé nécessite son affectation sur un poste compatible avec ce dernier ce qui implique son reclassement ;

- elle a été reclassée dans un poste ne correspondant pas à son grade ce qui s'apparente à une discrimination ;

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

- la commune de Sarcelles a commis une faute en refusant de l'affecter sur un poste correspondant à son grade et notamment en l'affectant sur un poste, qu'elle a elle-même trouvé, mais qui ne comportait aucune mission relevant de son grade, en omettant de saisir le comité médical, en refusant de la reclasser sur un autre cadre d'emploi et en procédant à une gestion défaillante de sa situation administrative ;

- ces fautes lui ont causé un préjudice moral qu'il convient d'indemniser en le fixant à une somme de 10 000 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 7 avril 2022 et 5 novembre 2024, la commune de Sarcelles, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par courrier en date du 8 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'annulation de Mme A dirigées contre la décision de rejet née du silence gardé par la commune de Sarcelles sur sa demande de saisine du comité médical et de reclassement dans un autre cadre d'emploi administratif du fait de leur tardiveté dès lors que la requête a été enregistrée le 14 décembre 2020 et que la décision de rejet de la demande de reclassement est née du silence gardé par la commune de Sarcelles à la suite de sa demande du 23 janvier 2020, la décision attaquée n'étant qu'une décision confirmative.

Par courrier du 20 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office que la décision implicite de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie de Mme A diagnostiquée le 23 mai 2019 trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, créées par le I de l'article 10 de l'ordonnance précitée du 19 janvier 2017, applicables, s'agissant de la fonction publique territoriale, depuis l'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019, décret dont l'intervention était, au demeurant, prévue par le VI de cet article 21 bis, et non pas dans celles de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans leur rédaction applicable avant leur modification par l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2011-558 du 20 mai 2011 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 novembre 2024 :

- le rapport de Mme Courtois,

- les conclusions de Mme Fléjou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Niel, substituant Me Arvis, représentant Mme A, ainsi que de Me Metz, substituant Me Corneloup, représentant la commune de Sarcelles.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, animatrice territoriale de deuxième classe, exerce ses fonctions depuis 1988 au sein de la commune de Sarcelles. Souffrant d'une polypathologie ostéoarticulaire, maladie auto-immune s'attaquant à la membrane des articulations des hanches, genoux, épaules, rachis-lombaire et pieds, elle a été placée en congé de longue maladie sur plusieurs périodes et notamment en 2004, de septembre 2015 à septembre 2016, puis du 31 octobre 2017 au 31 août 2019, la commune de Sarcelles l'ayant réaffectée, au retour respectif de ces congés de longue maladie, à un poste de médiatrice au sein d'une plateforme de services publics de cette commune de 2004 au 31 octobre 2017, puis à un poste d'agent chargé des inscriptions scolaires, périscolaires et extrascolaires au sein du guichet des familles à compter du 2 décembre 2019. Par un courrier du 12 octobre 2020, reçu le lendemain par la commune de Sarcelles, Mme A a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'aggravation de sa maladie à compter du 25 février 2017, son reclassement dans un emploi correspondant à son cadre d'emploi et à son grade, ainsi que l'indemnisation des préjudices qu'elle soutient avoir subis du fait des manquements de cette commune dans le traitement de sa situation. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision de rejet de ses demandes née le 13 décembre 2020 du silence gardé par la commune.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le fondement légal :

2. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

3. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable avant sa modification par le II de l'article 10 de l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".

4. Aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, créé par le I de l'article 10 de l'ordonnance précitée du 19 janvier 2017, dans sa version alors applicable : " IV.-Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau./ Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions./ Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ".

5. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 étant manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant notamment les conditions de procédure applicables à l'octroi du nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service, ces dispositions ne sont donc applicables, s'agissant de la fonction publique territoriale, que depuis l'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019, décret dont l'intervention était, au demeurant, prévue, par le VI de cet article 21 bis. Il en résulte que les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019, soit le 12 avril 2019.

6. Dès lors que les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée, la situation de Mme A, dont l'aggravation de la maladie préexistante a été diagnostiquée le 23 mai 2019, soit après le 12 avril 2019, est exclusivement régie par les dispositions législatives et réglementaires relatives au nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service.

7. Il ressort notamment du mémoire de la commune de Sarcelles que cette dernière se fonde sur l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie de Mme A. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 3 à 6 que la décision attaquée ne pouvait trouver son fondement dans ces dispositions. Toutefois, en l'espèce, eu égard aux motifs développés par la commune de Sarcelles dans la présente instance pour refuser l'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie dont se prévaut Mme A, le pouvoir d'appréciation dont dispose l'autorité administrative en vertu des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 est le même que celui dont l'investissent les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. Dans ces conditions, les garanties dont sont assortis ces textes étant similaires, il y a lieu, ainsi qu'en ont été informées les parties, de substituer ces dernières dispositions à la base légale retenue par la commune de Sarcelles.

En ce qui concerne le refus d'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie de Mme A :

8. Mme A soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, la commission de réforme n'ayant pas été saisie préalablement à la décision par laquelle la commune de Sarcelles a refusé de reconnaître l'imputabilité de l'aggravation de sa maladie au service.

9. Aux termes de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version applicable au présent litige : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité territoriale dispose d'un délai : () 2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 et, le cas échéant, des résultats des examens complémentaires prescrits par les tableaux de maladies professionnelles./ Un délai supplémentaire de trois mois s'ajoute aux délais mentionnés au 1° et au 2° en cas d'enquête administrative diligentée à la suite d'une déclaration d'accident de trajet ou de la déclaration d'une maladie mentionnée au troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée, d'examen par le médecin agréé ou de saisine de la commission de réforme compétente. Lorsqu'il y a nécessité d'examen ou d'enquête complémentaire, l'employeur doit en informer l'agent ou ses ayants droit. / Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'autorité territoriale n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée d'incapacité de travail indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 ou au dernier alinéa de l'article 37-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 37-9 ". En outre, aux termes de l'article 37-6 du même décret : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplie ".

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a expressément demandé le 12 octobre 2020, par un courrier recommandé de son avocat, réceptionné le lendemain, la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie et qu'une décision implicite de rejet est née le 13 décembre 2020 en l'absence de réponse expresse de la commune de Sarcelles. Il est constant que l'aggravation de la maladie dégénérative dont Mme A demande l'imputabilité au service n'entre pas dans les tableaux des maladies professionnelles visés au IV de l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983 et aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Dès lors, la commission de réforme devait être saisie en vertu des dispositions précitées de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987. Il est constant que la commune de Sarcelles n'a pas saisi cette commission avant la naissance de sa décision implicite de rejet le 13 décembre 2020. Si cette instance a effectivement été saisie ultérieurement et a rendu deux avis défavorables à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie de Mme A au cours de ses séances du 28 septembre 2021 et du 18 avril 2023, la commune n'établit pas avoir pris de décision expresse refusant à l'intéressée la reconnaissance de l'imputabilité au service à la suite de ces avis. Mme A est dès lors fondée à soutenir que la commission de réforme n'a pas été consultée préalablement à la décision attaquée et que ce défaut de consultation préalable l'a privée d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens venant au soutien des conclusions d'annulation dirigées contre la décision de rejet née du silence gardé par la commune de Sarcelles sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'aggravation de la maladie de Mme A, qui n'apparaissent pas en l'état de l'instruction de nature à fonder une annulation, que cette décision est illégale et doit être annulée.

En ce qui concerne le refus de saisine du comité médical et de reclassement :

12. Aux termes de l'article 1er du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa version alors applicable : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire./ L'autorité territoriale procède à cette affectation après avis du service de médecine professionnelle et de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé. Cette affectation est prononcée sur proposition du centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion lorsque la collectivité ou l'établissement y est affilié ". Il résulte de ces dispositions que l'affectation d'un fonctionnaire dont l'état de santé ne permet plus d'exercer normalement ses fonctions et dont le poste de travail ne peut être réaménagé, peut être réaffecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire et après avis du seul médecin du travail si l'octroi d'un congé n'a pas été nécessaire.

13. Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2011 portant statut particulier du cadre d'emplois des animateurs territoriaux : " I. ' Les membres du cadre d'emplois des animateurs territoriaux coordonnent et mettent en œuvre des activités d'animation. Ils peuvent encadrer des adjoints d'animation. / Ils interviennent dans le secteur périscolaire et dans les domaines de l'animation des quartiers, de la médiation sociale, de la cohésion sociale, du développement rural et de la politique du développement social urbain. Ils peuvent participer à la mise en place de mesures d'insertion. / Ils interviennent également au sein de structures d'accueil ou d'hébergement, ainsi que dans l'organisation d'activités de loisirs. / Dans le domaine de la médiation sociale, les animateurs territoriaux peuvent conduire ou coordonner les actions de prévention des conflits ou de rétablissement du dialogue entre les personnes et les institutions dans les espaces publics ou ouverts au public. / II. ' Les titulaires des grades d'animateur principal de 2e classe et d'animateur principal de 1re classe ont vocation à occuper des emplois qui, relevant des domaines d'activité mentionnés au I, correspondent à un niveau particulier d'expertise. Ils peuvent concevoir et coordonner des projets d'activités socio-éducatives, culturelles et de loisirs, encadrer une équipe d'animation, être adjoints au responsable de service, participer à la conception du projet d'animation de la collectivité locale et à la coordination d'une ou plusieurs structures d'animation. Ils peuvent être chargés de l'animation de réseaux dans les domaines sociaux, culturels ou d'activités de loisirs. Ils peuvent également conduire des actions de formation. Dans le domaine de la médiation sociale, ils contribuent au maintien de la cohésion sociale par le développement de partenariats avec les autres professionnels intervenant auprès des publics visés au I ci-dessus ".

14. En premier lieu, Mme A soutient qu'il résulte des dispositions de l'article 1er du décret du 30 septembre 1985 précitées que la commune de Sarcelles devait saisir le comité médical préalablement à sa décision de refus de reclassement née le 13 décembre 2020 de son silence gardé sur sa demande. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A avait sollicité ce reclassement par courriers des 23 janvier et 12 octobre 2020 alors qu'elle était en poste depuis le 2 décembre 2019, qu'elle avait été déclarée apte à la reprise du travail sous réserve d'une reprise à mi-temps thérapeutique par les avis du médecin de prévention du 11 octobre 2019 et du 20 janvier 2020 et que l'octroi d'un congé de maladie n'avait pas été rendu nécessaire. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la commune était tenue de saisir le comité médical avant de rendre la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.

15. En second lieu, Mme A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé nécessite son affectation sur un poste compatible avec ce dernier ce qui implique son reclassement dans un autre cadre d'emploi, le fait qu'elle n'ait pas été reclassée dans un poste correspondant à son grade s'apparentant à une discrimination.

16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été affectée, de 2004 à septembre 2015, puis du 3 octobre 2016 au 31 octobre 2017, sur un poste de médiatrice au sein de plateformes de services publics de la commune de Sarcelles ayant pour missions notamment l'accueil physique et téléphonique du public, incluant des missions d'accueil, d'information du public et de gestion des situations d'accueil conflictuelles, ainsi que l'organisation et le suivi des activités de la structure, l'identification et le traitement des demandes du public et la participation à l'animation des projets menés par la municipalité ou en lien avec l'intercommunalité. Ces missions lui permettaient, ainsi que le prévoit l'article 2 du décret du 20 mai 2011 précité, d'intervenir dans les domaines de l'animation des quartiers, de la médiation sociale, de la cohésion sociale, mais également au sein de structures d'accueil ou d'hébergement, ainsi que dans l'organisation d'activités de loisirs.

17. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été affectée, à sa demande, à compter du 2 décembre 2019 sur le poste d'agent chargé des inscriptions scolaires, périscolaires et extrascolaires au sein du guichet famille de la commune de Sarcelles, après que le médecin du travail l'a déclarée apte à la reprise du travail sous réserve d'une reprise à mi-temps thérapeutique le 11 octobre 2019 puis le 20 janvier 2020. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que ce poste a notamment pour missions l'accueil physique et téléphonique des familles, leur information sur la procédure administrative relative aux inscriptions et aux réservations, l'enregistrement, l'organisation des inscriptions et leurs réservations, le suivi des centres de vacances, ainsi que l'accueil et l'information des parents sur les activités proposées en centres de vacances à leurs enfants. Ces missions, pour lesquelles il était en outre attendu un grand sens du relationnel, des qualités d'écoute et de communication et des capacités d'adaptation à tout type de publics ainsi qu'une autonomie, de la polyvalence et un grand sens de l'initiative, sont bien en lien avec les missions de mise en œuvre d'activité d'animation, d'organisation des activités de loisirs et d'intervention dans le secteur périscolaire et dans les domaines de l'animation des quartiers, de la médiation sociale et de la cohésion sociale, ainsi que le prévoit les dispositions précitées du décret du 20 mai 2011 relatif aux cadres d'emplois des animateurs territoriaux.

18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A a ainsi été affectée, depuis 2004, sur des postes correspondant aux compétences attendues de son cadre d'emploi et de son grade. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions de Mme A à fin d'annulation de cette décision, la commune de Sarcelles n'a entaché sa décision de refus de reclasser Mme A d'aucune erreur d'appréciation, ni d'aucune discrimination. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

19. Mme A sollicite une indemnisation fixée à une somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral subi du fait de la gestion défaillante de sa situation administrative par la commune. Elle soutient que celle-ci a commis une faute en ne l'affectant pas sur un poste correspondant à son grade.

20. Toutefois, d'une part, ainsi que mentionné aux points précédents, la commune de Sarcelles, qui a affecté Mme A sur des postes correspondants aux missions afférentes à son cadre d'emploi et à son grade, n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité. D'autre part, si Mme A soutient avoir subi un préjudice de carrière et que ses candidatures sur des postes administratifs auraient été refusées compte-tenu de l'inadéquation entre le poste occupé et son cadre d'emploi, elle ne verse à l'instance aucune pièce de nature à l'établir. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation de Mme A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction

21. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

22. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, que l'autorité administrative procède au réexamen de la demande de Mme A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité de l'aggravation de sa maladie au service. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Sarcelles d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Mme A n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par la commune de Sarcelles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sarcelles, sur le fondement de ces mêmes dispositions, le versement à Mme A d'une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de rejet née le 13 décembre 2020 du silence gardé par la commune de Sarcelles sur la demande de Mme A d'imputabilité au service de l'aggravation de sa maladie est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Sarcelles de réexaminer la demande de Mme A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'aggravation de sa maladie dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Sarcelles versera à Mme A une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Sarcelles.

Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Drevon-Coblence, présidente,

Mme C et Mme Courtois, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.

La rapporteure,

signé

M-A Courtois

La présidente,

signé

E. Drevon-Coblence La greffière,

signé

D. Charleston.

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2012984

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions