jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2100544 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BEDOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2021, Mme C, représentée par Me Bedouret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la relance l'a affectée en qualité de contrôleur stagiaire des finances publiques dans le département des Hauts-de-Seine, ensemble la décision du 30 octobre 2020 par laquelle le directeur général des finances publiques d'Île-de-France a rejeté son recours gracieux tendant à la révision de cette affectation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît l'instruction du 19 décembre 2019 relative aux mutations et premières affectations des personnels de catégorie B et C - Année 2020 ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête, dès lors que Mme C a obtenu une affectation conforme à ses vœux et qu'elle a rejoint le département des Hauts-de-Seine depuis le 12 avril 2021 ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Par un courrier en date du 8 mars 2023, Mme C a été invitée à régulariser sa requête, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, en produisant la décision attaquée l'affectant dans le département des Hauts-de-Seine dans un délai de quinze jours, sous peine d'irrecevabilité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du juge des référés n° 2100555 du 19 janvier 2021.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'instruction du 19 décembre 2019 relative aux mutations et premières affectations des personnels de catégorie B et C au titre de l'année 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Oriol, présidente-rapporteure ;
- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a réussi le concours externe de contrôleur des finances publiques au titre de la session 2018 et obtenu, en raison de son congé maternité, le report d'un an de sa formation à l'école nationale des finances publiques de Clermont-Ferrand. A l'issue de cette scolarité, Mme C a été affectée en tant que contrôleur stagiaire dans le département des Hauts-de-Seine à compter du 1er octobre 2021, ce qu'elle a contesté en saisissant le directeur général des finances publiques, le 16 octobre 2020, d'un recours en révision d'affectation. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle elle a été affectée dans le département des Hauts-de-Seine, ensemble la décision du 30 octobre 2020 par laquelle le directeur général des finances publiques a refusé de faire droit à son recours gracieux.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique :
2. Arguant de ce que Mme C a obtenu une affectation conforme à ses vœux et a rejoint le département des Hauts-de-Seine depuis le 12 avril 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique fait valoir que la requête a perdu son objet. Toutefois, dès lors que cette décision a reçu un début d'exécution, les conclusions dirigées contre elles ne sont pas privées d'objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. "
4. La décision de première affectation de Mme C en qualité de contrôleur stagiaire dans le département des Hauts-de-Seine n'entre dans aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'instruction du 19 décembre 2019 relative aux mutations et premières affectations des personnels de catégorie B et C au titre de l'année 2020 : " Au cours du mois de septembre 2020, le mouvement national de 1ères affectations sera réalisé dans un mouvement dédié, après le mouvement des titulaires du 1er septembre 2020, sur la base d'une situation prévisionnelle des effectifs projetée au 1er avril 2021. / () Les stagiaires seront affectés en tenant compte de leur rang de réussite au concours et des vœux exprimés. / Les rangs des deux concours interne et externe seront interclassés, en accordant une priorité aux internes. / L'affectation des listes principales internes et externes primera l'affectation des listes complémentaires internes et externes. A rang égal, le millésime du concours le plus ancien sera classé en tête. ".
6. Mme C, lauréate du concours externe de contrôleur des finances publiques au titre de la session 2018, classée au 850ème rang, a bénéficié, par une décision du 3 juillet 2019, d'un report d'entrée à l'école nationale des finances publiques au 1er octobre 2020 en raison de son congé maternité. En application de l'instruction du 19 décembre 2019 précitée, Mme C a participé au mouvement de premières affectations de l'année 2020 et a été classée avant le lauréat ayant obtenu le 850ème rang de la session 2019 du concours externe. Ainsi, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée a méconnu l'instruction du 19 décembre 2019 relative aux mutations et premières affectations des personnels de catégorie B et C au titre de l'année 2020 en ne rapportant pas ses résultats à ceux des lauréats de la session 2019 pour déterminer son rang de classement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait à cet égard entachée d'une erreur de droit doit être écarté.
7. En dernier lieu, en se présentant à un concours public national, Mme C ne pouvait ignorer que sa future affectation serait susceptible d'engendrer des changements substantiels dans ses conditions de vie et, s'agissant d'une première affectation après la réussite à un concours et une formation initiale dans une école d'administration, qu'elle ne disposait d'aucun droit à obtenir une affectation correspondant à ses souhaits. Par suite, Mme C ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Au surplus, la requérante, qui ne produit aucune pièce tendant à établir la réalité de sa situation familiale et se borne à verser deux certificats médicaux, dont l'un est illisible, ne démontre pas que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors qu'elle a par ailleurs mentionné le département de la Somme et l'outre-mer parmi ses vœux de première affectation. Par suite, et en tout état de cause, le moyen soulevé ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 76161 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mme A et M. Sitbon, conseillers,
Assistés de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
Signé
C. Oriol
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A. ALa greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026