vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2100686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ZAMOUR ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 janvier 2021 et 26 décembre 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Sebbah, avocat, demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 204 963 euros, correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2011, résultant de la mise en demeure de payer émise à leur encontre, en date du 25 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
M. et Mme B soutiennent que :
- l'administration fiscale ne justifie pas leur avoir régulièrement notifié un quelconque titre exécutoire justifiant de la créance fiscale dont elle entend procéder au recouvrement ;
- la créance fiscale que détiendrait sur eux l'administration fiscale est, en tout état de cause prescrite, en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dès lors qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune poursuite durant quatre années consécutives, l'administration ne justifiant pas leur avoir régulièrement adressé la mise en demeure du 17 novembre 2016.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2021, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier, en date du 25 juin 2020, l'administration fiscale a adressé à M. et Mme B une mise en demeure de payer la somme de 1 204 963 euros au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2011, ainsi que des pénalités correspondantes. Les requérants ont formé une opposition à poursuite, le 6 août 2020, rejetée par l'administration fiscale le 13 novembre 2020. Par cette requête, M. et Mme B demandent au Tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 204 963 euros résultant de la mise en demeure de payer émise à leur encontre le 25 juin 2020.
Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs () L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement () ". Lorsque l'administration établit que l'avis d'imposition a été libellé au nom et à l'adresse du contribuable, celui-ci est présumé l'avoir reçu s'il ne fait état d'aucune circonstance particulière qui expliquerait qu'il ne l'ait pas reçu.
3. Si M. et Mme B soutiennent qu'aucun avis d'imposition les informant de la mise en recouvrement par voie de rôle des impositions supplémentaires mises à leur charge ne leur a été adressé, l'administration produit les avis d'imposition correspondant qui mentionnent, notamment, l'adresse du contribuable, le montant et la nature des impositions mises en recouvrement, la date de mise en recouvrement, ainsi que la date limite de paiement. Dans ces conditions, M. et Mme B ne faisant état d'aucune circonstance expliquant l'absence de réception de ces avis, ils ne sont pas fondés à soutenir que les impositions, dont l'administration entendait procéder au recouvrement par le biais de la mise en demeure du 25 juin 2020, ne seraient pas exigibles.
4. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux: " En cas d'absence du destinataire à l'adresse indiquée par l'expéditeur lors du passage de l'employé chargé de la distribution, un avis du prestataire informe le destinataire que l'envoi postal est mis en instance pendant un délai de quinze jours à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal à son domicile ainsi que du lieu où cet envoi peut être retiré () ".
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions de l'accusé de réception du pli contenant la mise en demeure de payer du 17 novembre 2016, que celui-ci a été présenté à l'adresse de M. et Mme B, le 22 novembre 2016, a été retourné aux services postaux avec la mention " pli avisé et non réclamé ", puis renvoyé à son expéditeur qui l'a réceptionné le 13 décembre 2016. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que ce pli n'aurait pas été mis en instance dans les locaux des services postaux, pendant la durée de quinze jours prescrite par l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 précité. Par suite, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que l'action en recouvrement était prescrite lorsque la mise en demeure du 25 juin 2020 leur a été notifiée, alors que le délai de recouvrement fixé par les dispositions de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales a, du fait de la précédente mise en demeure qui leur a été adressée le 22 novembre 2016, couru jusqu'au 23 novembre 2020.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
7. La présente instance n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de M. et Mme B présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B, et à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026