mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2100842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PUSUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 janvier 2021 et 23 septembre 2021, Mme C A, représentée par Me Pusung, demande au tribunal de :
1°) d'annuler l'arrêté, en date du 17 décembre 2020, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ou à défaut de réexaminer sa demande titre de séjour, dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
L'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
- est entaché d'incompétence de son signataire ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
- est entachée d'une erreur de fait, le préfet lui ayant refusé un titre de séjour portant la mention " salarié " alors qu'elle a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Des pièces complémentaires, enregistrées le 22 novembre 2021, ont été produites pour Mme A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, premier conseiller,
_ les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pusung, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par l'arrêté attaqué, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de Mme A, qui est de nationalité philippine, tendant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14, alors applicable, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Le même arrêté prévoit que Mme A, pourra, si elle ne quitte pas volontairement le territoire français avant l'expiration de ce délai, être reconduite d'office à destination du pays dont elle a la nationalité ou à destination de tout pays pour lequel elle établit être légalement admissible. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
2. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 435-1 du même code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en Etat de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, née en Arabie Saoudite le 21 juillet 2000, est entrée sur le territoire français le 22 novembre 2014 munie d'un visa de type C, en compagnie de ses parents, et qu'elle y réside habituellement depuis cette date. L'intéressée justifie avoir été régulièrement scolarisée en France de l'année 2014 à l'année 2021 ainsi que l'établissent les certificats de scolarité versés au dossier et le diplôme du baccalauréat technologique obtenu au mois de septembre 2021, à l'exception de l'année scolaire 2019-2020 au cours de laquelle elle a dû, selon les informations fournies par son conseil à l'audience et non contestées, faire face à des problèmes de harcèlement qui l'ont éloignée temporairement du Lycée. Les attestations sur l'honneur et les relevés de notes produits par la requérante établissent l'exemplarité de son parcours scolaire et le degré élevé de son insertion dans la société française à la date de l'arrêté attaqué alors qu'elle indique par ailleurs n'avoir aucun lien effectif avec le pays dont elle a la nationalité où elle n'a jamais vécu. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard notamment au jeune âge de l'intéressée lors de son arrivée en France et à son inscription dans un parcours réussi d'insertion, et alors, par ailleurs, que, postérieurement à l'arrêté contesté, Mme A poursuit un cursus universitaire à l'université Sorbonne Paris Nord, l'admission au séjour en France de Mme A est justifiée par des motifs exceptionnels. Mme A est, par suite, fondée à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, méconnu les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu de fixer au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, pour procéder à la délivrance de ce titre.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros qu'il paiera à Mme A, au titre des frais non compris dans les dépens que cette dernière a exposés.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 17 décembre 2020, susvisé, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Copie en sera transmise à la procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Nanterre.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Ferrand, première conseillère,
M. Louvel, premier conseiller.
Assistés de M. Lux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
T. Louvel
Le président,
signé
P. ThierryLe greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026