mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2101447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2021, la société Free mobile, représentée par la SELARL Pamlaw avocats, agissant par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2020 par laquelle la commune de la Frette-sur-Seine s'est opposée à la réalisation de travaux d'installation d'antennes relais sur un bâtiment situé 18, rue du professeur D et ayant fait l'objet d'une déclaration préalable 5 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de la commune de la Frette-sur-Seine la somme de 5000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il méconnaît l'article 222 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique ;
- contrairement au motif invoqué, l'installation est incompatible avec l'article UE 10 du règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit que la hauteur totale des constructions mesurée à partir du sol naturel ne peut excéder 12 mètres ;
- l'installation ne méconnaît pas davantage l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'elle n'est pas de nature à porter atteinte au caractère et à l'intérêt du bâtiment existant et des lieux avoisinants.
Des pièces enregistrées le 4 août 2022 et le 9 août 2022 ont été produites par la commune de la Frette-sur-Seine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n°2102657 du 9 mars 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, rapporteur,
- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mirabel pour la société Free Mobile.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 30 novembre 2020 la commune de la Frette-sur-Seine s'est opposée aux travaux déclarés par la société Free mobile le 5 novembre 2020 pour l'installation d'antennes et de faisceaux hertziens camouflées dans trois fausses cheminées, sur un immeuble à usage d'habitation situé 18, rue du professeur D à la Frette-sur-Seine. La société Free mobile demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision litigieuse a été signée par M. E B, adjoint au maire de la commune de la Frette-sur-Seine. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ce dernier disposait d'une délégation de signature lui conférant compétence pour signer cette décision. Par suite, la société Free mobile est fondée à soutenir que l'arrêté a été signé par une autorité incompétente.
3. En deuxième lieu, d'une part, le code de l'urbanisme dispose à son article L. 421-1 : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire () " ; à son article L. 421-4 : " Un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des constructions, aménagements, installations et travaux qui, en raison de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation, ne justifient pas l'exigence d'un permis et font l'objet d'une déclaration préalable " ; à son article L. 424-1 : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable " ; à son article R. 423-23 : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables () " ; et enfin à son article R. 424-1 : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 222 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 : " À titre expérimental, par dérogation à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme et jusqu'au 31 décembre 2022, les décisions d'urbanisme autorisant ou ne s'opposant pas à l'implantation d'antennes de radiotéléphonie mobile avec leurs systèmes d'accroche et leurs locaux et installations techniques ne peuvent pas être retirées. / Cette disposition est applicable aux décisions d'urbanisme prises à compter du trentième jour suivant la publication de la présente loi () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la société Free mobile a déposé sa déclaration préalable de travaux auprès de la mairie de la Frette-sur-Seine le 5 novembre 2020. Le dépôt de cette déclaration a eu pour effet de faire courir, en application de l'article R. 423-23 précité du code de l'urbanisme, le délai d'instruction d'un mois, soit jusqu'au 5 décembre 2020. Aucune réponse de la commune de la Frette-sur-Seine n'ayant été notifiée auparavant à la société requérante, il en résulte qu'une décision tacite de non-opposition à la déclaration de travaux est née à cette date. La société Free Mobile soutient n'avoir reçu notification de l'arrêté du maire de la commune de la Frette-sur-Seine portant opposition à déclaration préalable, édicté le 30 novembre 2020, que le 7 décembre 2020, ce que ne contredisent pas les autres pièces du dossier. Il s'ensuit qu'en notifiant le 7 décembre 2020 une décision d'opposition aux travaux déclarés la commune de la Frette-sur-Seine doit être regardée comme ayant retiré la décision tacite de non-opposition à la déclaration de travaux née le 5 décembre 2020. Par suite, la société Free Mobile est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées de l'article 222 de la loi de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 et à en demander l'annulation pour ce motif.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 10 du plan local d'urbanisme de la commune de la Frette-sur-Seine : " La hauteur totale des constructions, mesurées à partir du sol naturel, ne peut excéder 12 m au faitage ou au couronnement / acrotère () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les installations prévues par la société Free Mobile seront implantées en partie supérieure du bâtiment avec pour effet de porter la hauteur totale de ce dernier à 11,20 mètres. Dans ces conditions, en s'opposant à la déclaration préalable de travaux de la société Free Mobile au motif que les installations prévues méconnaissent l'article UE 10 du plan local d'urbanisme, le maire de la commune de la Frette-sur-Seine a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation et fait une inexacte application des dispositions de l'article UE 10 du règlement du plan local d'urbanisme.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 11 du plan local d'urbanisme de la commune de la Frette-sur-Seine : " Les constructions ou les installations à édifier ou à modifier, qui par leur situation, leurs dimensions ou leur aspect sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, au paysages, sont interdites () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que les installations prévues par la société Free mobile seront implantées sur le toit d'un bâtiment d'habitation collective, dans un quartier qui ne présente pas un intérêt architectural particulier. Elles ne sont pas de nature à porter atteinte aux caractéristiques générales du bâti environnant. Dans ces conditions, en s'opposant à la déclaration préalable de travaux de la société Free mobile au motif que les installations prévues portent atteinte au caractère des lieux avoisinants, au site, le maire de la commune de la Frette-sur-Seine a également entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation pour l'application de l'article UE 11 du plan local d'urbanisme.
10. Il résulte de ce qui précède que la société Free mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de la Frette-sur-Seine s'est opposé à sa déclaration préalable.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de la commune de la Frette-sur-Seine une somme de 1500 euros qu'elle paiera à la société Free mobile, au titre des frais non compris dans les dépens que cette dernière a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 novembre 2020 du maire de la commune de la Frette-sur-Seine est annulée.
Article 2 :La commune de la Frette-sur-Seine versera à la société Free mobile une somme de 1500 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à la société Free mobile et à la commune de la Frette-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. C et M. A, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
T. C
Le président,
signé
P. ThierryLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21014472
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026