vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2101961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KRIEF |
Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2101961 :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 février 2021, 19 décembre 2022 et 22 février 2023, M. et Mme C A, représentés par Me Krief, avocat, demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme A soutiennent que :
- la proposition de rectification notifiée à la SC SMTD Chambly est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle n'indique pas les raisons de l'application de la majoration du bénéfice industriel et commercial de 1,25 %, prévue au a) du 1° du 7. de l'article 158 du code général des impôts ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, la proposition de rectification notifiée à la SC SMTD Chambly indiquant des conséquences financières de la rectification erronées ;
- les pénalités et majorations sont injustifiées, dès lors qu'elles assortissent des impositions supplémentaires irrégulières ;
- la différence entre le taux de l'intérêt de retard appliqué et le taux légal pour les années en litige n'est pas motivé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 9 juillet 2021, 13 janvier et 1er mars 2023, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord, conclut au rejet de la requête.
L'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord, fait valoir que :
- les conclusions tendant à la décharge des impositions mises à la charge de M. et Mme A au titre de l'année 2015 sont irrecevables, faute d'avoir été contestées dans la réclamation préalable du 8 septembre 2020 ;
- les moyens invoqués par M. et Mme A ne sont pas fondés.
II - Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2207284 :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2022, M. et Mme C A, représentés par Me Krief, avocat, demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme A soutiennent que :
- la proposition de rectification notifiée à la SC SMTD Chambly est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle n'indique pas les raisons de l'application de la majoration du bénéfice industriel et commercial de 1,25 %, prévue au a) du 1° du 7. de l'article 158 du code général des impôts ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, la proposition de rectification notifiée à la SC SMTD Chambly indiquant des conséquences financières de la rectification erronées ;
- les pénalités et majorations sont injustifiées, dès lors qu'elles assortissent des impositions supplémentaires irrégulières ;
- la différence entre le taux de l'intérêt de retard appliqué et le taux légal pour les années en litige n'est pas motivé.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord, conclut au rejet de la requête.
L'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord, fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SC SMTD Chambly, détenue à hauteur de 22% par M. A, et qui exerce une activité de construction et vente de locaux, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016, étendue en matière de taxes sur le chiffre d'affaires au 30 septembre 2017. À la suite de ce contrôle, le résultat d'une société de personne étant directement imposable dans les mains de ses associés, l'administration fiscale a notifié à M. et Mme A, par une proposition de rectification du 27 juillet 2018, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016, ainsi que les pénalités et intérêts de retard correspondants. Par des réclamations préalables, en date des 8 septembre 2020 et 22 décembre 2021, rejetées par l'administration fiscale les 11 décembre 2020 et 23 mars 2022, les contribuables ont demandé le dégrèvement de ces impositions. Par cette requête, M et Mme A demandent au Tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires ainsi mises à leur charge.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2101961 et 2207284 concernent les mêmes contribuables, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article 158 du code général des impôts : " () 7. Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par un coefficient de 1,25. Ces dispositions s'appliquent : / 1° Aux titulaires de revenus passibles de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux ou des bénéfices agricoles, réalisés par des contribuables soumis à un régime réel d'imposition : / a) Qui ne sont pas adhérents d'un centre de gestion () " ;
4. Il ressort des termes de la proposition de rectification du 27 juillet 2018, adressée à M. et Mme A, que celle-ci mentionne l'application de la majoration prévue au 7. de l'article 158 du code général des impôts, ainsi que les motifs justifiant son application. Dans ces conditions, quand bien même l'application de cette majoration n'aurait pas été précisée dans la proposition de rectification notifiée à la SC SMTD Chambly, alors qu'au demeurant, cette majoration résulte de la seule inexactitude déclarative des contribuables, qui n'ont pas déclaré leurs bénéfices industriels et commerciaux dans la case " 5KI ", et non de la vérification de comptabilité dont a fait l'objet cette société, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient été privés de la garantie prévue à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
5. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " À l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. Lorsqu'à un stade ultérieur de la procédure de rectification contradictoire l'administration modifie les rehaussements, pour tenir compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure, cette modification est portée par écrit à la connaissance du contribuable avant la mise en recouvrement, qui peut alors intervenir sans délai () ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions qu'après la procédure de rectification contradictoire, l'administration n'est tenue de porter à la connaissance du contribuable les modifications apportées aux rehaussements que si ces modifications résultent de la prise en compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure.
6. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a informé M. et Mme A, dans la proposition de rectification qu'elle leur a adressé le 27 juillet 2018, des conséquences financières du contrôle dont ils ont fait l'objet. Si les sommes effectivement mises en recouvrement sont légèrement inférieures à celles qui avaient été indiquées aux contribuables, il ne résulte pas de l'instruction que cette différence résulterait de la prise en compte des observations et avis recueillis au cours de la procédure d'imposition. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient été privés de la garantie prévue à l'article L. 48 du livre des procédures fiscales.
Sur les pénalités :
7. Le moyen tiré de ce que les pénalités en litige seraient illégales en ce qu'elles constitueraient l'accessoire d'impositions établies irrégulièrement doit, eu égard à ce qui a été dit précédemment, être écarté.
Sur les intérêts moratoires :
8. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable s'agissant des intérêts dus à compter du 1er janvier 2018 : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. À cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code () III. - Le taux de l'intérêt de retard est de 0,20 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé () IV. - 1. L'intérêt de retard est calculé à compter du premier jour du mois suivant celui au cours duquel l'impôt devait être acquitté jusqu'au dernier jour du mois du paiement. / Toutefois, en matière d'impôt sur le revenu et à l'exception de l'impôt afférent aux plus-values réalisées sur les biens mentionnés aux articles 150 U à 150 UC, le point de départ du calcul de l'intérêt de retard est le 1er juillet de l'année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est établie () ". Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts dans sa rédaction applicable s'agissant des intérêts dus entre le 1er janvier 2006 et le 1er janvier 2018 : " () III. - Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé () ".
9. Il ne résulte pas de l'instruction que l'administration ait assorti les impositions en litige d'intérêts de retard à un taux supérieur à celui déterminé par les dispositions précitées de l'article 1727 du code général des impôts. Ces intérêts de retards ne constituant pas une sanction, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient dû être motivés.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des requêtes de M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme A doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A, et à l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme B et M. Villette, conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2101961, 2207284
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026