vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2102274 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 15 février, 20 octobre 2021 et 22 février 2023, la SCI MTB1, représentée par Me De La Berge et Me Sanvelian, avocats, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe annuelle sur les logements vacants à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison d'un ensemble immobilier dont elle est propriétaire situé 12, villa des Sablons à Neuilly-sur-Seine ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCI MTB1 soutient que l'administration a méconnu les dispositions du VI de l'article 232 du code général des impôts, dès lors que la vacance du bien en litige est indépendante de sa volonté, faute de pouvoir être occupé durablement dans des conditions normales d'habitation et en raison de travaux importants.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 30 août et 20 décembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, rapporteuse ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI MTB1 a été assujettie à une cotisation de taxe annuelle sur les logements vacants au titre de l'année 2020, à raison d'un ensemble immobilier dont elle est propriétaire situé 12, villa des Sablons à Neuilly-sur-Seine. Par une réclamation préalable en date du 18 novembre 2020, rejetée par l'administration fiscale le 17 décembre 2020, la contribuable a demandé le dégrèvement de cette imposition. La SCI MTB1 demande au Tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d'acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d'emménagements annuels dans le parc locatif social. Un décret fixe la liste des communes où la taxe est instituée. () II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition, à l'exception des logements détenus par les organismes d'habitations à loyer modéré et les sociétés d'économie mixte et destinés à être attribués sous conditions de ressources. () VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ".
3. Le Conseil constitutionnel, dans ses décisions n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves. Il a notamment jugé que ne sauraient être assujettis à la taxe annuelle sur les logements vacants des logements, d'une part, qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur, et, d'autre part, en ce qui concerne la vacance involontaire des logements, ceux " dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur. Ainsi, doivent être notamment exonérés les logements ayant vocation, dans un délai proche, à disparaître ou à faire l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition, ou les logements mis en location ou en vente au prix du marché et ne trouvant pas preneur. ".
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient aux juges de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ d'application de la taxe sur les logements vacants prévue par l'article 232 précité du code général des impôts.
5. Pour contester son assujettissement à la taxe sur les logements vacants, la société requérante soutient que la vacance de son bien était indépendante de sa volonté en raison d'importants travaux liés à la réhabilitation de l'ensemble immobilier et à la réfection des équipements électriques. Toutefois, la SCI MTB1 ne démontre, par les pièces qu'elle produit, ni que ces travaux étaient nécessaires pour rendre le logement habitable ni que l'ensemble du logement était dépourvu de tout équipement électrique. Il suit de là que, c'est à bon droit que l'administration a assujetti la requérante à la taxe annuelle sur les logements vacants, au titre de l'année 2020, à raison de cet ensemble immobilier.
6. Il résulte de ce qui précède que la SCI MTB1 n'est pas fondée à demander la décharge de l'imposition en litige.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par la SCI MTB1 doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI MTB1 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI MTB1 et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026