vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2102571 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WOOG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 février 2021, le 7 janvier 2022, les 13 février et 9 mai 2023, M. C B et Mme A B, représentés par Me Treca, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2020 par laquelle la maire de Beauchamp a refusé la demande des requérants en date du 20 octobre 2020 tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme ;
2°) d'enjoindre à la maire de Beauchamp de mettre en demeure M. E D de régulariser la construction litigieuse dans les conditions prévues par l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Beauchamp une somme de 20 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les travaux réalisés par M. D ne sont pas conformes aux autorisations de construire délivrées dès lors que deux logements totalement indépendants ont été réalisés, en lieu et place de la surélévation et de l'agrandissement d'une seule maison à usage d'habitation principale, et qu'un seul arbre de haute tige a été planté au lieu des deux prévus dans la demande de permis de construire ;
- l'aménagement des terrasses est irrégulier en l'absence d'autorisation d'urbanisme, et dès lors que cet aménagement méconnait les articles UB5, UB9 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Beauchamp ;
- la réalisation est insalubre.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 octobre 2021, le 12 décembre 2022 et le 6 avril 2023, la commune de Beauchamp, représentée par Me Cotillon, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article R.741-12 du code de justice administrative ;
3°) à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- le moyens sont inopérants et non fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, M. E F D, représenté par Me Gardarein, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Treca, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés en date des 19 avril et 15 décembre 2016, le maire de la commune de Beauchamp a délivré à M. E D un permis de construire, en vue de l'agrandissement et de la surélévation d'une maison d'habitation ayant pour effet la création d'un logement, puis un permis de construire modificatif relatif à la modification des façades, sur un terrain sis 27 avenue Molière à Beauchamp. Par deux requêtes n°1606478 et n°1702441, M. et Mme B ont demandé au tribunal l'annulation de ces arrêtés, ces requêtes ayant été rejetées par jugement du 15 mai 2018. Le 20 octobre 2020, M. et Mme B ont adressé à la maire de la commune de Beauchamp une sommation de faire, tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L.481-1 du code de l'urbanisme et que la maire mette en demeure M. D de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de déposer une demande d'autorisation ou une déclaration préalable, d'assortir cette mise en demeure d'une astreinte et de faire cesser le trouble occasionné par ce défaut de conformité. Par une décision du 18 novembre 2020, dont M. et Mme B demandent au tribunal l'annulation, la maire de Beauchamp a rejeté leur demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme : " I.-Lorsque des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 ont été entrepris ou exécutés en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ainsi que des obligations mentionnées à l'article L. 610-1 ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable et qu'un procès-verbal a été dressé en application de l'article L. 480-1, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées pour réprimer l'infraction constatée, l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3-1 peut, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le mettre en demeure, dans un délai qu'elle détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation. () ".
3. Les dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, introduites dans le code de l'urbanisme par la loi du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique, permettent à l'autorité compétente, indépendamment des poursuites pénales qui pourraient être engagées, de prononcer une mise en demeure, assortie le cas échéant d'une astreinte, dans différentes hypothèses où les dispositions du code de l'urbanisme, ou les prescriptions résultant d'une décision administrative ont été méconnues, en vue d'obtenir la régularisation de ces infractions, par la réalisation des opérations nécessaires à cette fin ou par le dépôt des demandes d'autorisation ou déclarations préalables permettant cette régularisation.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B ont demandé à la maire de Beauchamp qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme au motif que les travaux réalisés par M. D ne seraient pas conformes au permis de construire et au permis de construire modificatif respectivement en date des 19 avril et 15 décembre 2016 dès lors que " Monsieur E D ne réside pas dans les deux logements indépendants construits qui sont actuellement occupés par des tiers ". Toutefois, les autorisations d'urbanisme ont pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la réglementation d'urbanisme. Ainsi, la circonstance que les logements seraient loués et non occupés à titre de résidence principale par leur propriétaire est sans incidence sur la conformité des travaux au permis de construire et au permis de construire modificatif susvisés dès lors que les constructions objet de ces permis relèvent, conformément à ces derniers, de la destination " habitation ", sous-destination " logement ". En outre et contrairement à leurs affirmations, la demande de permis de construire porte agrandissement et surélévation d'une maison existante en vue de la création d'un second logement. Il s'ensuit que M. et Mme B ne peuvent utilement soutenir que les travaux réalisés par M. D, qui au surplus ont fait l'objet d'une décision de non-contestation de conformité en date du 29 avril 2019 devenue définitive, méconnaitraient le permis de construire et le permis de construire modificatif délivrés à M. D les 19 avril et 15 décembre 2016.
5. En second lieu, M. et Mme B ne peuvent pas plus utilement soutenir que les travaux réalisés par M. D méconnaitraient les autorisations d'urbanisme délivrées au motif que deux logements ont été créés et qu'un seul arbre de haute-tige a été planté, que des terrasses auraient été aménagées sans autorisation d'urbanisme et en méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de Beauchamp et que la réalisation serait insalubre, dès lors que ces motifs ne figuraient pas dans la sommation de faire adressée le 20 octobre 2020 à la commune de Beauchamp et, ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, que les travaux ont fait l'objet d'une décision de non-contestation de conformité en date du 29 avril 2019.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur l'amende pour recours abusif :
7. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions de la commune de Beauchamp tendant à ce que M. et Mme B soient condamnés à une telle amende ne sont pas recevables.
8. En revanche, eu égard à la demande de M. et Mme B dans la présente instance, qui présente directement ou indirectement le même objet que les requêtes en référé ou en annulation introduites devant le tribunal et rejetées par ordonnances n°1606477 du 29 juillet 2016 et n°1609534 du 24 novembre 2016 et jugements n°1606478 et n°1702441 du 15 mai 2018, la présente requête, qui ne comporte que des moyens inopérants, présente un caractère abusif. Dans ces conditions, il y a lieu d'infliger à M. et Mme B une amende pour recours abusif de 1 000 euros.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Beauchamp, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 750 euros au titre des frais exposés par la commune de Beauchamp et non compris dans les dépens et une somme de 750 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B sont condamnés à payer la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme B verseront à la commune de Beauchamp une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : M. et Mme B verseront à M. D une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme A B, à la commune de Beauchamp, à M. E D et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La rapporteure,
signé
E. Chaufaux
La présidente,
signé
S. EdertLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026