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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2102730

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2102730

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2102730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2021, Mme B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 15 décembre 2020 par lesquelles la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a fixé le taux de sa part modulable à 40 % et 30 % respectivement pour les premier et second semestres de l'année 2020 ;

2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise de procéder au réexamen du taux de sa part modulable pour les premier et second semestres de l'année 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental du Val-d'Oise la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- elles sont illégales par exception d'illégalité de la délibération n°1-45 du 11 juillet 2003 ;

- elles sont entachées d'erreurs matérielles, d'erreurs de droit et d'appréciation et, à tout le moins, d'erreurs manifestes d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2023, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;

- la délibération n° 1-45 du 11 juillet 2003 du conseil général du Val-d'Oise ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère,

- et les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B exerce les fonctions d'adjointe technique dans les services du conseil départemental du Val-d'Oise depuis le 15 février 1990. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire du 4 février 2020 au 22 mars 2020 et du 10 juillet 2020 au 15 février 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation des décisions du 15 décembre 2020 par lesquelles la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a fixé le taux de sa part modulable à 40 % et 30 % respectivement pour les premier et second semestres de l'année 2020.

2. En premier lieu, par arrêté n° 20-15 du 4 juin 2020, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a donné délégation à M. A D, directeur des ressources humaines, à l'effet de signer les décisions individuelles liées à la gestion administrative des agents du conseil départemental, à l'exception des tableaux d'avancement de grade, des listes d'aptitude et des décisions relevant de l'exercice du pouvoir disciplinaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque ainsi en fait. Il doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () ". L'article 2 du décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. () L'autorité investie du pouvoir de nomination détermine, dans cette limite, le taux individuel applicable à chaque fonctionnaire. ". Selon la délibération du 11 juillet 2003 du conseil général du Val-d'Oise : " Article 1 : () les agents suivants sont bénéficiaires d'un régime indemnitaire dès le premier mois de leur présence ; - les fonctionnaires titulaires () / Article 2 : () les critères d'attribution sont fonction : - du poste occupé et des responsabilités qui y sont attachées ; - de temps de présence ; - de l'évaluation de la manière de servir et de l'atteinte des résultats ; - du cadre d'emploi et du grade. / Article 3 : () le régime indemnitaire est composé d'une prime fixe, indépendant de l'évaluation de la manière de service, et d'une prime variable. / Article 6 : () le montant de la prime variable est déterminé par la classification du poste occupé par l'agent, son temps de présence sur l'année civile et sa manière de servir, appréciée annuellement. () / Article 7 : () le montant de la prime variable est fixé en fonction de sa manière de service par le président du conseil général, sur proposition des directeurs qui doivent respecter une enveloppe de crédit déterminée. La détermination de chacune des parts variables est exprimée en pourcentage (de 0 % à 100 %) du montant maximum que peut percevoir l'agent. Ce montant maximum est déterminé par la classification du poste de l'agent et de son temps de présence sur l'année civile : les périodes durant lesquelles l'agent n'est pas en position d'activité, celles pour lesquelles il bénéficie d'un congé de longue durée ou de longue maladie et enfin, les périodes de maladie excédant 6 mois consécutifs réduisent au prorata de leur durée le montant maximal pouvant être versé. Le montant maximum de la prime variable est également réduit dans les mêmes proportions que le traitement pour les agents à temps non complet ou à temps partiel et ce, au prorata des périodes durant lesquelles l'agent n'a pas travaillé à temps complet. / Article 8 : () lorsque l'agent a été absent plus de 14 jours calendaires entre le 1er septembre de l'année précédente et le 31 août de l'année au cours de laquelle est apprécié leur droit à la part variable, le montant de cette prime variable subit un abattement proportionnel à la durée de l'absence excédant ces 14 jours. Pour ce faire, ne sont pas prises en compte les absences relatives aux accidents de travail () ainsi que celles relatives aux maladies professionnelles, les absences pour congés annuels, les autorisations, les absences exceptionnelles, les congés bonifiés, les jours RTT, la récupération d'heures supplémentaires, ainsi que les congés de maternité, de paternité et d'adoption. () ".

4. Mme B soutient que les décisions attaquées sont illégales par exception d'illégalité de la délibération précitée du 11 juillet 2003 en tant que ses articles 7 et 8 sanctionnent les absences des agents en congé de maladie ordinaire de manière cumulative. Toutefois, outre que les modalités de fixation du taux des primes des agents publics ne relèvent pas de la procédure disciplinaire, il ne ressort d'aucune disposition législative ou réglementaire qu'un tel dispositif, qui relève de la compétence de l'assemblée délibérante du conseil départemental du Val-d'Oise en vertu des dispositions précitées des articles 88 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et 2 du décret n° 91-875 du 6 septembre 1991, serait proscrit.

5. En troisième lieu, Mme B soutient qu'aucun motif ne justifie que la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise ait fixé le taux de sa part modulable à 40 % pour le premier semestre de l'année 2020, alors que ses absences du 23 mars au 9 juillet 2020 résultent de la volonté de son employeur, ni à 30 % pour le second semestre de l'année 2020, alors qu'elle n'a pas fait l'objet d'une évaluation professionnelle. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant les taux de primes contestés, dès lors qu'il n'est pas contesté que Mme B, fût-ce contre sa volonté, a été absente à de nombreuses reprises. Dans ces conditions, dès lors qu'elle indique elle-même dans ses écritures avoir effectivement perçu en 2020 des primes supérieures à celles auxquelles les taux en litige la rendaient éligible, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'erreurs matérielles et d'erreurs de droit et d'appréciation au regard des dispositions précitées de la délibération du 11 juillet 2003.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Gay-Heuzey, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

La rapporteure,

Signé

A. GAY-HEUZEY

La présidente,

Signé

C. ORIOL

La greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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