jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | NIAMBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2021 et 3 février 2022, Mme A C, représentée par Me Niamba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un agrément en vue de l'adoption d'un enfant, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cette décision formé le 27 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de délivrer l'agrément en vue de l'adoption de sa nièce et de son petit-neveu dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été informée de la possibilité d'être assistée par une personne de son choix lors de l'instruction de sa demande, comme le prévoient les dispositions de l'article L. 225-5 du code de l'action sociale et des familles ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle présente les garanties suffisantes sur les plans familial, éducatif et psychologique pour adopter sa nièce et son petit-neveu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2021, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 11 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfants ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, représentant le département des Hauts-de-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante française née le 28 décembre 1968 au Cameroun, a présenté une demande d'agrément auprès du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine en vue d'adopter sa nièce, née le 22 novembre 2012 au Cameroun, et son petit-neveu, né le 15 septembre 2009 dans ce même pays. Des évaluations sociale et psychologique ont été réalisées et deux rapports ont été établis respectivement les 10 février 2020 et 12 décembre 2019, qui ont conclu en défaveur de la demande de la requérante. La commission départementale d'agrément, réunie le 25 août 2020, a émis un avis défavorable à cette demande. Par une décision du 28 septembre 2020, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé d'accorder à Mme C l'agrément sollicité. Par un courrier du 27 novembre 2020, cette dernière a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Le 8 décembre 2020, le département a donc initié une procédure de réexamen en proposant une nouvelle évaluation sociale et psychologique à Mme C, qui s'est vu proposer un premier entretien le 13 avril 2021. Mme C n'ayant toutefois pas donné suite à ce réexamen, le département doit être regardé comme ayant également rejeté implicitement son recours gracieux. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette dernière décision ainsi que de la décision du 28 septembre 2020.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 225-3 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes qui demandent l'agrément bénéficient des dispositions de l'article
L. 223-1. Les conseils généraux proposent aux candidats des réunions d'information pendant la période d'agrément. Elles peuvent demander que tout ou partie des investigations effectuées pour l'instruction du dossier soient accomplies une seconde fois et par d'autres personnes que celles auxquelles elles avaient été confiées initialement. Elles sont informées du déroulement de ladite instruction et peuvent prendre connaissance de tout document figurant dans leur dossier dans les conditions fixées aux articles 3 et 4 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d'amélioration des relations entre l'administration et le public et diverses dispositions d'ordre administratif, social et fiscal. ". Aux termes de l'article L. 223-1 du même code : " Toute personne qui demande une prestation prévue au présent titre ou qui en bénéficie est informée par les services chargés de la protection de la famille et de l'enfance des conditions d'attribution et des conséquences de cette prestation sur les droits et obligations de l'enfant et de son représentant légal. Elle peut être accompagnée de la personne de son choix, représentant ou non une association, dans ses démarches auprès du service. () ". Aux termes de l'article
R. 225-4 de ce code : " Les évaluations sociale et psychologique donnent lieu chacune à deux rencontres au moins entre le demandeur et le professionnel concerné. Pour l'évaluation sociale, une des rencontres au moins a lieu au domicile du demandeur. Le demandeur est informé, au moins quinze jours avant la consultation prévue à l'article R. 225-5, qu'il peut prendre connaissance des documents établis à l'issue des investigations menées en application des alinéas précédents. Les erreurs matérielles figurant dans ces documents sont rectifiées de droit à sa demande écrite. Il peut, à l'occasion de cette consultation, faire connaître par écrit ses observations sur ces documents et préciser son projet d'adoption. Ces éléments sont portés à la connaissance de la commission ". Enfin aux termes de l'article R. 225-5 dudit code : " La décision est prise par le président du conseil général après consultation de la commission d'agrément prévue à l'article R. 225-9. Le demandeur est informé de la possibilité d'être entendu par la commission sur sa propre demande et dans les conditions fixées au deuxième alinéa de l'article L. 223-1. () ".
3. Si ces dispositions combinées prévoient d'informer le pétitionnaire de la possibilité de se faire accompagner par une personne de son choix lors de son audition par la commission, il n'en résulte pas l'obligation pour le département de l'informer de cette possibilité dans ses seules démarches auprès du service. Par suite, si Mme C se plaint de n'avoir pas été informée de la possibilité de recourir à l'assistance d'une personne de son choix au cours de l'instruction de sa demande, ce moyen ne peut être qu'écarté.
4. D'une part, aux termes de l'article 7 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant : " L'enfant a (), dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux ". Aux termes de l'article 20 de cette convention: " 1- Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l'État. / 2- Les États parties prévoient pour cet enfant une protection de remplacement conforme à leur législation nationale. / 3- Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme () de l'adoption () ". Et aux termes de l'article 21 de la même convention : " Les États parties qui admettent et/ou autorisent l'adoption s'assurent que l'intérêt supérieur de l'enfant est la considération primordiale en la matière, et : / a- veillent à ce que l'adoption d'un enfant ne soit autorisée que par les autorités compétentes, qui vérifient, conformément à la loi et aux procédures applicables et sur la base de tous les renseignements fiables relatifs au cas considéré, que l'adoption peut avoir lieu eu égard à la situation de l'enfant par rapport à ses père et mère, parents et représentants légaux et que, le cas échéant, les personnes intéressées ont donné leur consentement à l'adoption en connaissance de cause, après s'être entourées des avis nécessaires ; / b- reconnaissent que l'adoption à l'étranger peut être envisagée comme un autre moyen d'assurer les soins nécessaires à l'enfant, si celui-ci ne peut, dans son pays d'origine, être placé dans une famille nourricière ou adoptive ou être convenablement élevé ; () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 225-4 du code de l'action sociale et des familles : " Avant de délivrer l'agrément, le président du conseil départemental doit s'assurer que les conditions d'accueil offertes par le demandeur sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l'intérêt d'un enfant adopté. () ".
6. Pour refuser l'agrément sollicité, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a considéré que le projet d'adoption intrafamilial de Mme C n'était pas conforme aux besoins et aux intérêts des enfants visés par ce projet, ces derniers n'étant pas en situation d'abandon et Mme C n'ayant pas mesuré les conséquences d'un arrachement de ces derniers à leur milieu d'origine.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme C souhaite adopter sa nièce et son petit-neveu, nés en 2012 et 2009, vivant chacun avec leurs deux parents et leurs fratries respectives, au Cameroun, pays dans lequel ils sont nés, ont grandi et où ils sont scolarisés. Si la requérante se prévaut des liens d'affection qu'elle entretiendrait avec ces enfants, du soutien matériel qu'elle leur apporterait depuis plusieurs années, de la circonstance que leur venue en France serait susceptible de leur offrir de meilleures perspectives d'avenir ainsi que de l'accord des parents des deux enfants à ce projet, ces circonstances sont insuffisantes à établir qu'il est dans l'intérêt de ces enfants qu'ils soient séparés de leurs parents, alors qu'il n'est allégué, ni établi que la situation de ces derniers justifie une telle séparation. De même, la circonstance qu'il existe au Cameroun et en particulier dans le milieu familial de la requérante une pratique courante selon laquelle les enfants seraient confiés, pour leur éducation, à d'autres adultes que leurs parents, ne saurait utilement être invoquée à l'encontre de la décision attaquée, alors que les stipulations de la convention internationale des droits de l'enfants citées au point 6 consacre le droit de chaque enfant à être élevé par ses parents et confère à l'adoption un caractère subsidiaire, ne pouvant être mis en œuvre que pour des enfants privés de famille ou devant être, dans leur intérêt, soustraits à cette dernière.
8. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation en considérant que les conditions d'accueil qu'elle offrait ne correspondaient pas aux besoins et à l'intérêt des enfants visés par son projet d'adoption. Son moyen ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence de ses conclusions à fin d'injonction ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme Monteagle et M. D, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
M. MonteagleLa présidente,
C. Van Muylder La présidente,
signé
C. Van MuylderLa présidente,
C. Van Muylder
Le greffier,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026