lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103535 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | GARCIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 11 mars 2021 enregistrée le 12 mars suivant au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par M. E A.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 3 mars 2021, M. A, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet de police de Paris a constaté la caducité de son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français en fixant le pays de destination, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige méconnaît son droit à être entendu et son droit à une procédure contradictoire préalable ;
- son droit à bénéficier de l'assistance d'un avocat lors de son audition par les autorités nationales préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué a été méconnu ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle et familiale ;
- la décision constatant la caducité de son titre de séjour est dépourvue de base légale ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article 7 de la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 dès lors que le préfet ne caractérise pas un risque de fuite ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît son droit à la libre circulation et est entachée d'une erreur d'une erreur manifeste d'appréciation.
- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article 11 de la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2021, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête de M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne C-166/13 du 5 novembre et C-249/13 du 11 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant roumain né le 23 juillet 1988, est entré en France le 15 février 2021, selon ses déclarations. Par un arrêté du 1er mars 2021, le préfet de police de Paris a constaté la caducité de son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. En outre, ainsi que la Cour de justice l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision le plaçant en rétention dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a pu présenter des observations, préalablement à l'édiction de la mesure d'éloignement contestée, lors de son audition par les services de police le 28 février 2021. Enfin, il n'établit, ni même n'allègue, qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance des services préfectoraux des informations utiles avant que soit prise à son encontre l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise en méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'il soutient, M. A a bénéficié de l'assistance d'un conseil juridique lors de son audition par les services de police le 28 février 2021, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré ce qu'il n'a pas bénéficié d'une telle assistance manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise le 3° de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application et mentionne que l'intéressé a été signalé, le 28 février 2021, par la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne pour " refus d'obtempérer et conduite sous l'état d'un empire alcoolique " et qu'il " constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française ". Cette décision indique aussi qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il déclare, sans au demeurant en apporter la preuve que son épouse et son fils résident en Roumanie. D'autre part, la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, qui vise les dispositions de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique qu'il y a urgence à l'éloigner du territoire français sans lui octroyer de délai de départ volontaire compte tenu du risque pour l'ordre public qu'il représente. Enfin, la décision lui interdisant de circuler sur le territoire français durant une période de vingt-quatre mois précise que son comportement constitue une menace pour l'ordre public et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, les décisions attaquées, qui n'avaient pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. A comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées.
5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes mêmes de l'arrêté du 1er mars 2022, que le préfet de police de Paris a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle et familiale de M. A avant d'édicter à son encontre les décisions en litige.
Sur la décision constatant la caducité de son titre de séjour :
6. L'arrêté litigieux vise notamment l'article L. 121-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le droit au séjour de M. A ne peut être maintenu dès lors que ne justifiant pas de ressources suffisantes, il constitue une charge déraisonnable pour le système d'assurance sociale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision constatant la caducité de son titre de séjour serait dépourvue de base légale dès lors qu'il ne constitue pas une menace suffisamment réelle, actuelle et grave pour l'ordre public doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, la directive du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres détermine les conditions dans lesquelles ceux-ci peuvent restreindre la liberté de circulation et de séjour d'un citoyen de l'Union européenne ou d'un membre de sa famille. L'article 27 de cette directive prévoit que, de manière générale, cette liberté peut être restreinte pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique, sans que ces raisons puissent être invoquées à des fins économiques. Ce même article prévoit que les mesures prises à ce titre doivent respecter le principe de proportionnalité et être fondées sur le comportement personnel de l'individu concerné, lequel doit représenter une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société.
8. L'article 28 de la directive impose la prise en compte de la situation individuelle de la personne en cause avant toute mesure d'éloignement, notamment de la durée de son séjour, de son âge, de son état de santé, de sa situation familiale et économique, de son intégration sociale et culturelle et de l'intensité de ses liens avec son pays d'origine. Ce même article prévoit une protection particulière pour les citoyens ayant acquis un droit de séjour permanent, à l'égard desquels des raisons impérieuses d'ordre public ou de sécurité publique doivent être établies, et pour ceux ayant séjourné dans l'Etat membre d'accueil pendant les dix années précédentes ainsi que pour les mineurs, dont l'éloignement doit reposer sur des motifs graves de sécurité publique.
9. Aux termes de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, ou un membre de sa famille à quitter le territoire français lorsqu'elle constate : / () 3° Ou que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à sa situation, notamment la durée du séjour de l'intéressé en France, son âge, son état de santé, sa situation familiale et économique, son intégration sociale et culturelle en France, et de l'intensité de ses liens avec son pays d'origine () ".
10. Ces dispositions doivent être interprétées à la lumière des objectifs de la directive du 29 avril 2004 et notamment de ses articles 27 et 28 mentionnés ci-dessus. Il résulte à cet égard des termes mêmes du 3° de l'article L. 511-3-1 qu'elles ne visent pas les personnes bénéficiant de la protection prévue à l'article 28 de la directive, quant au degré particulier de gravité des motifs d'ordre public dont un Etat membre doit justifier pour pouvoir prendre à leur encontre une mesure d'éloignement. Il appartient néanmoins à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
11. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 4, pour obliger M. A à quitter le territoire français, le préfet de police de Paris s'est fondé sur la circonstance, non sérieusement contestée, que l'intéressé a été signalé, le 28 février 2021, par la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne pour refus d'obtempérer et conduite sous l'état d'un empire alcoolique et qu'il constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. En outre, il ressort des pièces du dossier et, notamment du rapport dactyloscopique daté du 28 février 2021 produit en défense par le préfet de police de Paris, que M. A a été également signalé par la direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis le 18 août 2020 pour des faits de recel de biens provenant d'un vol. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que son épouse et son enfant résident en Roumanie et que, contrairement à ce qu'il allègue, il ne justifie d'aucun emploi, d'aucun logement stable et d'aucune famille sur le territoire français où il n'est arrivé que très récemment. Dans ces conditions, et alors même que les faits reprochés n'ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire, eu égard à sa très faible durée de séjour en France, au caractère répété de ses agissements, éléments qui suffisent à eux seuls à établir la menace réelle, actuelle et suffisamment grave qu'il représente, le préfet de police de Paris a estimé à bon droit qu'il résultait de l'ensemble de ces éléments que la présence de M. A constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
13. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette mesure a été prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.
Sur la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " () L'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à trente jours à compter de sa notification () ".
15. Pour refuser au requérant le bénéfice du délai de départ volontaire, le préfet de police de Paris s'est fondé sur le risque pour l'ordre public qu'il représente. Toutefois, s'il est constant que M. A a été interpellé le 28 février 2021 pour des faits de pour refus d'obtempérer et conduite sous l'état d'un empire alcoolique, ces faits, qui n'ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire, sont d'une relative gravitée. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que l'urgence de son éloignement n'est pas suffisamment établie par le préfet de police de Paris, qui, par suite, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 511-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français prononcée en application des 2° et 3° de l'article L. 511-3-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans () ".
17. D'une part, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée ne peut qu'être écarté.
18. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 11, le comportement de M. A, qui a été interpellé quelques jours après son retour sur le territoire français pour des faits de refus d'obtempérer et de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et qui avait été déjà signalé par la direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis en août 2020 pour des faits de recel de biens provenant d'un vol, constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française compte tenu notamment du caractère répété de ces agissements. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police de Paris a, pour édicter l'interdiction de circulation sur le territoire français en litige, également tenu compte des conditions du séjour du requérant qui ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle sur le territoire français, ni d'aucun logement stable, et n'est pas dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où résident son épouse et son fils mineur. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu son droit à la libre circulation garanti par les dispositions de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres et de l'article L. 121-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle. Par suite ces moyens doivent être écartés.
19. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise aurait prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. A. Par suite, ce dernier, ressortissant communautaire, ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 2° de l'article 11 de la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier à l'encontre d'une décision inexistante.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 1er mars 2021 en tant qu'il lui refuse l'octroi d'un délai de départ volontaire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
21. Le présent jugement qui annule uniquement la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, n'implique ni que l'autorité préfectorale réexamine la situation de M. A ni aucune autre mesure d'injonction. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées à ce titre par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante pour l'essentiel, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il en va de même de ses conclusions relatives aux dépens qui sont d'ailleurs sans objet en l'absence de dépens dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris en date du 1er mars 2021 est annulé en tant seulement qu'il refuse à M. A l'octroi d'un délai de départ volontaire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. B et M. C, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
J.-B. C
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour ampliation
Le Greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026