mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | FAUGLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mars et 12 juillet 2021, Mme A B, représentée par Me Fauglas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2021/17 du 14 janvier 2021 par lequel la commune de Pontoise prononce la mainlevée de l'arrêté de péril imminent frappant l'immeuble situé au 20 rue Saint Jean à Pontoise ;
2°) d'enjoindre à la commune de Pontoise de prendre un arrêté de péril sur le fondement de ses pouvoirs de police générale et d'assurer la prise en charge des travaux réparatoires ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pontoise la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors que c'est sur le fondement de ses pouvoirs de police générale que le maire de la commune de Pontoise aurait dû prendre des mesure, la cause prépondérante des désordres étant extérieure à l'immeuble de l'intéressée ;
- il est entaché d'une erreur de droit tirée de l'usage des pouvoirs de police spéciale des édifices menaçant ruine régis par les articles L. 511-1 et suivant du code de la construction et de l'habitation ;
- il est entachée d'un détournement de pouvoir résultant de la mise en œuvre de la procédure de péril ordinaire.
Par deux mémoires, enregistrés le 9 juin et le 15 octobre 2021, la commune de Pontoise demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est dépourvue d'objet et que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du recours pour défaut d'intérêt à agir dès lors que Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2021 par lequel le maire de Pontoise a prononcé la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 21 décembre 2012.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Buisson, magistrat désigné ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Fauglas, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est copropriétaire d'un bien immobilier à usage d'habitation situé au 20 rue Saint Jean à Pontoise. Par un arrêté n°12/636 du 21 décembre 2012, le maire de la commune de Pontoise a déclaré cet immeuble en état partiel de péril imminent, a mis en demeure Mme B de procéder à un étaiement par deux files d'étais sous la poutre maîtresse en chêne de son appartement, et prononcé une interdiction d'habiter les lieux jusqu'à ce que les travaux réparatoires soient réalisés. Par un arrêté n°2021/17 du 20 janvier 2021, le maire de la commune de Pontoise a pris acte de la réalisation des travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent et a prononcé la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 21 décembre 2012. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe. Lorsqu'aucune autre mesure ne permet d'écarter le danger, l'autorité compétente peut faire procéder à la démolition complète après y avoir été autorisée par jugement du président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond. ". Aux termes de l'article L. 511-21 de ce même code : " Si les mesures ont mis fin durablement au danger, l'autorité compétente prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. Elle prend un arrêté de mainlevée conformément à l'article L. 511-14. Si elles n'ont pas mis fin durablement au danger, l'autorité compétente poursuit la procédure dans les conditions prévues par la section 2. ". Aux termes de l'article L. 511-14 de ce code : " L'autorité compétente constate la réalisation des mesures prescrites ainsi que leur date d'achèvement et prononce la mainlevée de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité et, le cas échéant, de l'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux ".
3. Si la requérante soutient que l'arrêté n°2021/17 du 20 janvier 2021 est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il met en œuvre la procédure de péril ordinaire, un tel moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté attaqué qui se borne à prononcer la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 21 décembre 2012. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés du vice de procédure et du détournement de pouvoir, du fait de l'usage par le maire de la commune de Pontoise de la procédure de péril ordinaire, sont inopérants à l'encontre de la décision attaquée.
4. Il résulte de tout ce qu'il précède que la requérant n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n°2021/17 du 20 janvier 2021 de la commune de Pontoise. Par voie de conséquence ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Pontoise, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la requérante au titre des frais liés au litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Pontoise au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pontoise sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, et à la commune de Pontoise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
L. BuissonLa greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026