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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2103730

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2103730

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2103730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
Formation9ème Chambre
Avocat requérantPILLET

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,

- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pillet, représentant France Travail.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 octobre 2020, M. B C a déposé une demande pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique (ASS). Par une décision du 16 novembre 2020, Pôle Emploi a rejeté sa demande au motif que ses ressources mensuelles étaient trop élevées. L'intéressé a formulé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par sa décision du 10 février 2021, le directeur d'agence de Pôle Emploi a procédé à une substitution de motif et a rejeté le recours gracieux de M. C. Par un courrier du 15 janvier 2021, le requérant a formulé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Par une décision du 17 février 2021, le directeur régional de Pôle Emploi a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de ces décisions et à ce qu'il soit enjoint à Pôle emploi la somme de 24 818, 51 euros au titre de l'allocation spécifique de solidarité et de 124,19 euros au titre de l'aide exceptionnelle de décembre 2021, la condamnation de Pôle Emploi à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail, " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources ". Aux termes de l'article R. 5423-1 du même code, " Pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, les personnes mentionnées à l'article L. 5423-1 : 1o Justifient de cinq ans d'activité salariée dans les dix ans précédant la fin du contrat de travail à partir de laquelle ont été ouverts leurs droits aux allocations d'assurance. En ce qui concerne les personnes ayant interrompu leur activité salariée pour élever un enfant, cette durée est réduite, dans la limite de trois ans, d'un an par enfant à charge ou élevé dans les conditions fixées à l'article R. 342-2 du code de la sécurité sociale ; 2o Sont effectivement à la recherche d'un emploi au sens de l'article L. 5421-3, sous réserve des dispositions de l'article R. 5421-1 ; 3o Justifient, à la date de la demande, de ressources mensuelles inférieures à un plafond correspondant à 70 fois le montant journalier de l'allocation pour une personne seule et 110 fois le même montant pour un couple ".

3. Il résulte des dispositions précitées que l'allocation de solidarité spécifique servie au titre du régime de solidarité, et qui est prévue pour les demandeurs d'emploi ayant épuisé leurs droits à l'assurance chômage, est un " minimum social " subordonné à une condition de cinq ans d'activité salariée dans les dix ans précédant la fin du contrat de travail. La mise en œuvre de ce régime de solidarité exige nécessairement l'existence de cotisations préalables. Si les dispositions précitées ne fixent pas de limite géographique, il convient d'appliquer le principe de territorialité de la loi française du travail. Or, il ne ressort d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun accord, que les expériences professionnelles salariales réalisées hors de France ou de tout autre état membre de l'Union européenne, ouvrent droit au bénéfice d'une allocation.

4. Pour refuser à M. C le bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique, Pôle Emploi a considéré qu'il justifiait d'une durée d'activité salariée inférieure à cinq ans, durant la période de référence du 20 mars 2009 au 19 mars 2019 dès lors que ses activités professionnelles réalisées en Asie, soit ni en France, ni en Europe, ne pouvaient être prises en compte. Contrairement à ce que soutient l'intéressé, il ne peut se prévaloir de sa période d'activité en Asie, à supposer que cet emploi corresponde à une activité salariée au sein d'une entreprise justifiant une affiliation à un régime de sécurité sociale salariée, dès lors qu'aucun accord en matière d'indemnisation chômage ne prévoit la prise en compte de l'activité salariée exercée dans l'autre pays. Par suite, en lui refusant le bénéfice de l'allocation spécifique de solidarité pour ce motif, France travail n'a entaché ses décisions ni d'une erreur de droit, ni d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de la requête de M. C à fin d'annulation doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions indemnitaires :

6. Il résulte de tout de ce qui précède que les décisions litigieuses ne sont entachées d'aucune illégalité. Il s'ensuit, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de France Travail qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par M. C qui au demeurant, n'a pas eu recours aux services d'un conseil et ne justifie d'aucun frais exposé au titre de ces dispositions.

8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de M. A-Weiss présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à Pôle Emploi devenu France Travail.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Beaufaÿs, président ;

Mme Colin, première conseillère ;

Mme Debourg, conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

T. Debourg

Le premier vice-président

signé

F. BeaufaÿsLa greffière,

signé

H. Mofid

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2103730

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