vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mars 2021 et 20 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Lienard-Leandri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 14 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) d'Île-de-France lui refusant la délivrance d'une autorisation préalable, en vue d'accéder à une formation professionnelle aux métiers de la sécurité privée ;
2°) d'enjoindre à la CNAC du CNAPS de lui délivrer l'autorisation qu'il a sollicitée ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette délibération a été prise au terme d'une procédure irrégulière, au regard des articles R. 632-12 et suivants du code de la sécurité intérieure, puisque la régularité de la composition de la commission nationale d'agrément et de contrôle et le respect des règles de quorum lors de séance du 14 janvier 2021 de cette commission ne sont pas établis ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2021, le CNAPS conclut au constat du non-lieu à statuer sur la requête et au rejet des conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'il a fait droit à la demande d'autorisation préalable en vue d'accéder à une formation professionnelle aux métiers de la sécurité privée, à la suite d'une injonction en ce sens du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Par une ordonnance du 8 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée. Sa demande a été rejetée par une décision du 19 novembre 2020 de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) d'Île-de-France. À la suite du recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision, le 2 décembre 2020, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a, par une délibération du 14 janvier 2021, rejeté le recours formé par M. B ainsi que sa demande d'autorisation préalable. Le requérant demande au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Si, par une nouvelle décision du 27 avril 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle d'Île-de-France a délivré à M. B une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée, cette décision n'est intervenue que pour l'exécution de l'ordonnance du 8 avril 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a enjoint au CNAPS de délivrer une telle autorisation à M. B dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance. Une telle décision, qui revêt par sa nature même un caractère provisoire, n'a pas pour effet de priver d'objet les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la délibération du 14 janvier 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure dans sa rédaction applicable au litige : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20 ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / ( ) 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'État territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ".
4. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
5. En l'espèce, la commission nationale du CNAPS s'est fondée, pour estimer que les agissements de M. B étaient incompatibles avec les fonctions envisagées et, en conséquence, refuser de lui délivrer une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité, sur des faits, pour lesquels l'intéressé a été mis en cause en qualité d'auteur, de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes et de port sans motif légitime d'une arme blanche de catégorie D, commis le 30 mai 2017, ainsi que sur des faits de violences sur un mineur de quinze ans suivi d'incapacité n'excédant pas 8 jours et de destruction ou détérioration importante du bien d'autrui, commis le 8 octobre 2013. Enfin, la commission d'agrément et de contrôle du CNAPS s'est fondée sur les faits de conduite sans permis de conduire, commis le 18 février 2019, qui ont donné lieu à la condamnation à une amende forfaitaire de 640 euros.
6. Il ressort des pièces du dossier que les faits intervenus le 8 octobre 2013, plus de sept ans avant la décision contestée, ont consisté en une bagarre avec un camarade de collège, alors que M. B était lui-même âgé de douze ans. En outre, M. B conteste la matérialité, qui n'est pas établie par les pièces du dossier, des faits de violence qui lui sont reprochés et qu'il aurait commis le 30 mai 2017 et alors qu'il est constant qu'aucun de ces faits n'a donné lieu à une condamnation. Enfin, si M. B s'est rendu coupable, le 18 février 2019, de faits de conduite sans permis de conduire, ces faits n'apparaissent pas, à eux seuls, incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent de sécurité privée. Dans ces conditions, en estimant que le comportement de M. B était incompatible avec les fonctions d'agent de sécurité privée et en lui refusant la formation sollicitée, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS, a entaché sa décision du 14 janvier 2021 d'une erreur appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 14 janvier 2021 attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. B une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 14 janvier 2021 par laquelle le Conseil national des activités privées a refusé d'autoriser M. B à suivre une formation aux métiers de la sécurité privée est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. B une autorisation préalable en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président ;
M. Ausseil, conseiller ;
Mme L'Hermine, conseillère
Assistés de Mme Pradeau, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La rapporteure,
signé
M. L'Hermine
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026