jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2104196 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BUCKSUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 mars 2021, 11 mai 2021 et 20 octobre 2021, M. D C, représenté par Me Bucksun, demande au tribunal :
1°) d'annuler d'une part, la décision en date du 29 décembre 2020, par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Île-de-France Ouest du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de procéder au renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité aéroportuaire, et d'autre part, la décision du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il avait formé contre la décision du 29 décembre 2020 et a confirmé le rejet de sa demande ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité privée ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle en date du 29 décembre 2020 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre des dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2021, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Île-de-France Ouest en date du 29 décembre 2020, dès lors que la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle en date du 5 mai 2021 s'est substituée à cette première décision.
Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2022, présenté en réponse à la communication du moyen susceptible d'être relevé d'office, M. C, représenté par Me Bucksun, demande au tribunal d'annuler la décision expresse de rejet de la commission nationale d'agrément et de contrôle en date du 5 mai 2021 et de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 décembre 2020, M. C a sollicité le renouvellement de la carte professionnelle dont il était titulaire en qualité d'agent de sûreté aéroportuaire. Par une décision du 29 décembre 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle d'Île-de-France Ouest du conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande. M. C a alors formé un recours administratif préalable obligatoire le 12 janvier 2021 auprès de la commission nationale d'agrément et de contrôle. Au terme des deux mois de silence gardés par l'administration sur ce recours, est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. C demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a expressément rejeté son recours administratif préalable obligatoire, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet de la commission.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° À fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". Aux termes de l'article L. 612-20 de ce code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; 2°) S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'État territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. À ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
4. Il ressort des motifs de sa décision en date du 5 mai 2021 que la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité s'est fondée sur le rappel à la loi dont M. C a fait l'objet pour des faits de dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, commis le 29 septembre 2016 à Villiers-le-Bel. À l'appui de sa décision, la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a relevé que de tels faits caractérisaient des agissements " contraires à la probité ", " un comportement de nature à porter atteinte à la sécurité des biens ", et enfin une " absence de maîtrise de soi ", et que, dès lors, ils relevaient de comportements ou d'agissements tels que ceux, mentionnés par les dispositions de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure, incompatibles avec les fonctions d'agent de sécurité aéroportuaire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ces faits dataient de plus de quatre ans à la date de la décision attaquée et demeurent isolés. Si M. C n'en conteste pas la matérialité, il fournit des éléments circonstanciés sur le déroulement de ces faits, leurs conséquences et leur degré de gravité, dont il résulte qu'il a été mis en cause pour la destruction accidentelle d'un phare de voiture, qui a donné lieu à un simple rappel à la loi, et que les agissements qui lui sont reprochés ne présentent pas de caractère intentionnel. Dans ces conditions, eu égard à la nature des faits en cause, à leur ancienneté, et à leur caractère isolé, M. C est fondé à soutenir qu'en refusant de procéder au renouvellement de sa carte professionnelle, la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation énoncé ci-dessus, le présent jugement implique nécessairement la délivrance à M. C de la carte professionnelle sollicitée, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité, en date du 5 mai 2021, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. C la carte professionnelle sollicitée, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le conseil national des activités privées de sécurité versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente ;
Mme Zaccaron Guérin, conseillère ;
M. Rossi, conseiller ;
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
B. B
La présidente,
Signé
V. Poupineau
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour ampliation,
La Greffière
N°2104196
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026