LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2104540

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2104540

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2104540
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP TIRARD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 3 avril, 7 septembre, 8 novembre 2021 et 17 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Lequesne, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Sèvres a accordé à la société civile de construction vente (SCCV) Sèvres Brancas un permis de construire un immeuble de 52 logements et un commerce, sur les parcelles cadastrées section AC n°597, 598, 599, 600, 175, 471, 472, 546 et 547, situées 36, Grande rue et 1-3 rue Brancas, ensemble la décision du 9 février 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sèvres, la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que le projet n'a pas reçu l'accord préalable de l'architecte des bâtiments de France, en méconnaissance de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard du 1° de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne comporte pas de document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes ainsi que dans son environnement lointain, en méconnaissance des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en ce qu'il ne comporte pas de document photographique permettant d'apprécier l'importance des bâtiments à démolir, ni leur insertion dans les lieux environnants, en méconnaissance du c) de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCV 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2021, la SCCV Sèvres Brancas, représentée par Me Tirard-Rouxel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 8 juillet, 14 octobre et 26 novembre 2021, la commune de Sèvres, représentée par Me Sabattier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir du requérant, tel que défini à l'article L. 600-1-2 code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Garona, première conseillère ;

- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;

- les observations de Me Nguyen, pour M. B ;

- les observations de Me Baysan, pour la SCCV Sèvres Brancas ;

- et les observations de Me de Villemeur, pour la commune de Sèvres.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 7 décembre 2020, le maire de la commune de Sèvres a délivré à la SCCV Sèvres Brancas un permis de construire un immeuble de 52 logements et un commerce, sur les parcelles cadastrées section AC n°597, 598, 599, 600, 175, 471, 472, 546 et 547, situées 36, Grande rue et 1-3, rue Brancas, classées en zone UCV2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Par courrier du 18 janvier 2021, M. B a exercé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été rejeté par décision du 9 février 2021. Le requérant demande l'annulation de l'arrêté du 7 décembre 2020 ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'absence d'accord préalable de l'architecte des bâtiments de France :

2. Aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées (). Aux termes de l'article R. 423-54 de ce code : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ". Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 de ce même code : " I. L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. () / Le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. / En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme : " Par exception aux dispositions de l'article R. 423-59, le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir donné son accord ou, dans les cas mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, émis son avis favorable est de deux mois lorsque le projet soumis à permis est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. / () ".

3. Il résulte de la combinaison de ces articles qu'un permis de construire doit être soumis à l'accord de l'architecte des bâtiments de France lorsque le projet est situé dans le périmètre de protection au titre des abords d'un monument classé, ou en l'absence d'un tel périmètre, à moins de cinq cent mètres ou dans un lieu normalement accessible au public et en covisibilité avec ce monument. Il ressort des pièces du dossier que le projet se trouve dans le périmètre de protection des abords de plusieurs monuments classés, en particulier du centre international pédagogique, ancienne manufacture royale de porcelaine de Sèvres, avec lequel il est en covisibilité. En outre, il ressort des mêmes pièces que l'architecte des bâtiments de France, dont l'accord a été sollicité par la commune de Sèvres, le 8 juillet 2020, a répondu par un courrier du 3 août 2020, en indiquant que le dossier ne comportait pas l'ensemble des pièces exigibles, qu'il ne lui permettait pas d'exercer sa compétence et qu'il convenait de demander ces pièces au pétitionnaire. La commune de Sèvres a alors obtenu puis transmis les pièces exigées, le 9 septembre 2020, sans susciter de nouvelle réponse de la part de l'architecte des bâtiments de France. Dans ces conditions, l'absence de réponse de l'architecte des bâtiments de France a fait naître, en application des dispositions de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme, un accord tacite à l'issue d'un délai de deux mois, soit le 9 novembre 2020 et antérieurement à la délivrance du permis de construire en litige. Dès lors, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le dossier de demande de permis de construire :

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant de la notice architecturale :

5. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ". Si le requérant se prévaut de ces dispositions, il ne formule aucun moyen à l'appui des conclusions dirigées contre la décision attaquée. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale décrit de manière détaillée à la fois l'état initial du terrain et notamment les constructions existantes sur les parcelles et aux alentours, et ses abords en mentionnant l'existence du coteau, de l'escalier Ernest Chaplet et des monuments historiques présents. Par suite, le moyen doit être écarté.

S'agissant de l'insertion du projet :

6. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

7. Le requérant soutient que le dossier de permis de construire ne contient aucun document permettant d'apprécier l'insertion du projet dans le coteau, ni par rapport aux constructions avoisinantes ou encore dans son environnement proche et lointain et notamment par rapport à l'ancienne manufacture royale de porcelaine classée au titre des monuments historiques et aux squares Madame de Pompadour et Carrier Belleuse, espaces paysagers remarquables, en méconnaissance des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des pièces intitulées PC06, Annexes 13 et 14, que le dossier comporte trois photomontages permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes. Ces photomontages sont complétés par trois photographies incluses dans la pièce PC07 permettant aussi d'apprécier les constructions immédiatement voisines ainsi que de situer le terrain dans son environnement proche et lointain. En outre, la notice architecturale complète ces documents en indiquant notamment que, dans la Grande rue, le terrain est bordé à l'ouest par un immeuble moderne en R+4 présentant un commerce en rez-de-chaussée, qu'un des côtés de la rue Brancas est occupé par un immeuble en R+3+combles et qu'au nord et à l'est du terrain, l'environnement est constitué de grandes villas ou de petits immeubles collectifs implantés le long du coteau. Enfin, et contrairement à ce que soutient le requérant, ces dispositions n'imposent pas que les monuments historiques ou espaces paysagers remarquables, qui sont au demeurant mentionnés dans la notice architecturale, apparaissent dans les pièces composant le dossier de demande de permis. Par suite, le moyen doit être écarté.

S'agissant des constructions à démolir :

8. Aux termes de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande comprend : / () / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".

9. Si le requérant soutient que la société pétitionnaire n'a joint au dossier qu'une planche photographique alors que l'architecte des bâtiments de France lui avait demandé de fournir un reportage exhaustif des six maisons à démolir, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision attaquée. En outre, il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire contient les pièces PD01, PD02 et PD03 relatives au plan de masse des constructions à démolir ainsi que trois planches totalisant quinze photographies, faisant apparaitre les bâtiments à démolir et leur environnement. Dans ces conditions, les pièces fournies à ce titre, alors même que les photographies ne font apparaitre que les façades, ont permis au service instructeur d'apprécier utilement le projet qui lui était soumis. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

10. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

11. Si le requérant soutient que l'accès au projet par les véhicules se fait par la Grande rue et qu'il n'existe aucune zone de régulation au niveau de l'entrée, il ne ressort pas des pièces du dossier, au vu notamment de la configuration des lieux, que les conditions d'aménagement des accès au projet, à partir de la Grande rue qui est en ligne droite, avec une vitesse limitée à 30 km/h, seraient de nature à faire peser un risque grave sur la sécurité des automobilistes et des piétons usagers de cette rue. En outre, le projet a reçu l'avis favorable des services gestionnaires de la voirie du département des Hauts-de-Seine et comporte une prescription en vue de la réduction du passage piéton de 50 cm, pour permettre la création de l'entrée charretière du projet. De plus, si l'accès au commerce prévu dans le projet s'effectue à partir d'un passage piéton, dans un virage à 90 degrés, situé dans la rue Brancas empruntée par des bus empiétant sur les trottoirs lors de leurs manœuvres, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'eu égard à la nature des flux de circulation induits par le projet et à la configuration des accès, qui permettent aisément leur usage commun par les piétons et les véhicules, le projet serait de nature à créer un risque particulier pour les usagers de la voie publique. Enfin, la circonstance qu'aucune étude de sécurité n'a été réalisée par le pétitionnaire est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne l'article UCV 10 du règlement du plan local d'urbanisme :

12. Aux termes de l'article UCV 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur maximale des constructions / 10-1 - Règles générales : / 10.1.1. Dans la zone UCV, la hauteur des constructions est mesurée verticalement en tout point de la construction par rapport au terrain naturel. / 10.1.2. Dans les secteurs UCV1 et UCV2, la hauteur des constructions ne peut excéder 18 mètres au point le plus haut. / () ". Il résulte de ces dispositions que la hauteur maximale des constructions doit être mesurée par rapport au terrain naturel situé à l'aplomb du point de la construction considérée.

13. D'une part, si le requérant soutient que les cotes du terrain naturel sur la façade sont différentes de celles reportées sur le plan de coupe AA', ce qui a conduit le service instructeur à une appréciation inexacte de la hauteur de la construction en ses différents points, il ne verse au dossier aucune pièce permettant de remettre en cause l'exactitude des cotes du projet et relevées par un géomètre. Ainsi, par ces seules allégations, le requérant n'établit pas que les cotes du terrain naturel seraient manifestement erronées, ni que les plans du permis de construire seraient viciés.

14. D'autre part, si le requérant soutient que la hauteur maximale des constructions a été méconnue par les niveaux R+7 et R+8 sur la façade est du projet ainsi que par le balcon situé en R+7 sur sa façade nord, il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment des plans de coupe AA' et BB', que les niveaux R+7 et R+8 se situent respectivement à une hauteur de 14,72 mètres (65.19 - 50.47 NGF) et 15,92 mètres (67.95 - 52.03 NGF) par rapport au terrain naturel. Enfin, le balcon litigieux est coté à 65.34 NGF alors que le niveau du terrain naturel en ce point précis est de 59.32 NGF, ce qui correspond à une hauteur de 6,02 mètres par rapport au terrain naturel. Dans ces conditions, les dispositions de l'article UCV 10 n'ont pas été méconnues et le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

16. D'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies des abords du projet, que le bâti avoisinant du lieu d'implantation du projet est composé majoritairement de maisons individuelles d'architecture hétérogène, de style traditionnel ou contemporain en R+2, situées rue Brancas mais comporte aussi des immeubles collectifs plus récents, implantés à l'ouest du projet, de dimensions conséquentes comprises entre R+4 et R+9, visibles depuis la Grande rue.

17. D'autre part, le projet en litige consiste en la réalisation d'un immeuble de 52 logements en R+8 avec toiture-terrasse, d'architecture sobre, comportant des façades recouvertes d'enduit de tons neutres, dont la linéarité et la hauteur sont notamment atténuées par l'existence de balcons en saillie et par une conception adaptée à la déclivité du terrain d'assiette, en différents volumes asymétriques ainsi que par l'édification des quatre derniers niveaux de construction en retraits successifs. Dans ces conditions l'architecture du projet ne traduit pas une rupture avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble qui méconnaîtrait les exigences découlant de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Par suite le moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sèvres la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a lieu de mettre aucune somme à la charge de M. B au titre de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sèvres et par la SCCV Sèvres Brancas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Sèvres et à la SCCV Sèvres Brancas.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Buisson, président ;

- Mme Garona, première conseillère ;

- Mme L'Hermine, conseillère ;

assistés de Mme Duroux, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.

La rapporteure,

signé

E. Garona

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

C. Duroux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2104540

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions