jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2104807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | CRECY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, M. A B, représenté par Me Crécy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a abrogé ses récépissés de déclarations d'arme, lui a ordonné de se dessaisir des armes et munitions de catégorie C en sa possession dans le délai de trois mois, lui a fait interdiction d'acquérir ou de détenir des armes et munitions de toutes catégories, et lui a retiré la validation du permis de chasser ;
2°) d'annuler la décision du 7 avril 2021 par lequel le préfet l'a informé de l'inscription de cette interdiction au fichier national des interdictions d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) ;
3°) d'enjoindre au préfet d'effacer les données le concernant contenues dans le FINIADA ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'autorité de la chose jugée, dès lors que par un jugement devenu définitif du 3 novembre 2020, le tribunal administratif de Paris a annulé une décision identique du préfet de police ;
- il méconnaît la présomption d'innocence ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pour les faits dont le préfet fait état.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 9 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- et les conclusions de M. Camguilhem, rapporteur public.
Par un courrier du 16 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'annulation de la décision du 7 avril 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a informé M. B de son inscription au FINIADA, dès lors qu'il s'agit d'une mesure d'exécution de la décision d'interdiction de détention d'une arme, dépourvue de caractère décisoire et donc insusceptible de recours pour excès de pouvoir.
M. B a répondu, par un courrier enregistré le 16 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 octobre 2017, le préfet de police a ordonné à M. B de se dessaisir de toutes les armes et munitions en sa possession dans le délai de deux mois et lui a fait interdiction d'acquérir ou de détenir des armes de toutes catégories. Par un courrier du 17 décembre 2019, le requérant a demandé au préfet la levée de cette interdiction, demande qui a été implicitement rejetée par le préfet de police. Par un jugement n°2004808 du 3 novembre 2020, le tribunal administratif de Paris a annulé cette décision et enjoint au préfet de police de procéder à la radiation de M. B du FINIADA. Après que M. B a déménagé dans les Hauts-de-Seine où il a déclaré l'acquisition de deux armes en février 2021, le préfet de ce département lui a ordonné, par un arrêté du 7 avril 2021, de se dessaisir de ses armes et munitions dans le délai de trois mois, lui a fait interdiction d'acquérir ou de détenir des armes de toutes catégories, l'informant de l'inscription de cette interdiction au FINIADA et lui a retiré la validation de son permis de chasser. Par un courrier du 7 avril 2021, le préfet a notifié à M. B cet arrêté, lui précisant qu'il faisait en conséquence l'objet d'une inscription dans le FINIADA. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier courrier en tant qu'il a décidé de son inscription au FINIADA, ainsi que l'arrêté du 7 avril 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure et renvoyant à certaines dispositions du code pénal : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes des catégories A, B et C : / 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () - port, transport et expéditions d'armes, de munitions ou de leurs éléments des catégories C ou D sans motif légitime prévus aux articles L. 317-8 et L. 317-9 du présent code ; () ". Aux termes de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : " () le représentant de l'État dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme de toute catégorie de s'en dessaisir. Cette interdiction est levée par le représentant de l'Etat dans le département s'il apparaît que l'acquisition ou la détention d'armes, de munitions et de leurs éléments par la personne concernée n'est plus de nature à porter atteinte à l'ordre public ou à la sécurité des personnes ".
3. Le requérant soutient que le préfet, en prenant une décision identique à celle annulée par le tribunal administratif de Paris dans son jugement du 3 novembre 2020, méconnaît l'autorité de la chose jugée s'attachant à cette décision. Toutefois, il ressort des termes de ce jugement que le tribunal administratif de Paris a annulé le refus de levée l'interdiction de détenir des armes pesant sur M. B au motif que le préfet de police n'avait pas établi l'existence d'une condamnation pénale le concernant datée du 30 septembre 2014 pour des faits allégués de port sans motif légitime d'une arme à feu, seul motif de fait qui fondait la décision. Or, pour justifier la mesure de dessaisissement litigieuse, le préfet des Hauts-de-Seine ne s'est fondé ni sur cette condamnation, ni sur les faits en cause, mais sur d'autres faits pour lesquels M. B s'est signalé. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu l'autorité relative de la chose jugée s'attachant au jugement du tribunal administratif du Paris.
4. En deuxième lieu, la décision contestée ne constituant pas une sanction ayant le caractère d'une punition, mais une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité, ne peuvent être utilement invoqués à l'encontre d'une telle mesure les principes constitutionnels régissant la matière répressive dont le principe de la présomption d'innocence garanti par l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et le paragraphe 2 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen du requérant ne peut donc qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'État dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir./Le dessaisissement consiste soit à vendre l'arme les munitions et leurs éléments à une personne titulaire de l'autorisation, mentionnée à l'article L. 2332-1 du code de la défense, ou à un tiers remplissant les conditions légales d'acquisition et de détention, soit à la remettre à l'État. () / Sauf urgence, la procédure est contradictoire. ()". Aux termes de l'article L.312-13 du même code : " Il est interdit aux personnes ayant fait l'objet de la procédure prévue à la présente sous-section d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments de toute catégorie. / Cette interdiction est levée par le représentant de l'Etat dans le département s'il apparaît que l'acquisition ou la détention d'armes, de munitions et de leurs éléments par la personne concernée n'est plus de nature à porter atteinte à l'ordre public ou à la sécurité des personnes ".
6. Pour justifier la mesure de dessaisissement litigieuse, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance qu'une enquête administrative a fait apparaître que le comportement de M. B était incompatible avec la détention d'armes. Il a ainsi indiqué que l'intéressé s'était signalé pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et de port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D le 4 mai 2014 et pour des faits, daté du 11 avril 2018, de violence sur sa conjointe.
7. Si M. B se borne à soutenir qu'il appartient au préfet d'apporter la preuve de la matérialité de ces faits, dès lors qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale, le préfet a produit en défense des extraits du fichier du traitement des antécédents judiciaires mentionnant ces faits et la qualité d'auteur de M. B. De plus, eu égard à leur gravité et à leur nature, ces faits justifient la mesure contestée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
8. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L.312-16 du même code - " Un fichier national automatisé nominatif recense : / 1° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments en application des articles L. 312-10 et L. 312-13 ; / 2° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3 ; / 3° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3-1 ; / 4° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'arme en application de l'article L. 312-3-2 ".
9. Il résulte de ces dispositions que l'inscription de M. B au FINIADA revêt le caractère d'une mesure d'exécution de la décision lui interdisant l'acquisition ou la détention d'armes soumises au régime de l'autorisation ou de la déclaration. Par suite, dès lors que cette mesure est dépourvue de caractère décisoire, le requérant n'est pas recevable à en solliciter l'annulation par la voie de l'excès de pouvoir.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est fondé à demander ni l'annulation de l'arrêté du 7 avril 2021 du préfet des Hauts-de-Seine, ni celle du courrier daté du même jour l'ayant informé de son inscription au FINIADA. Ses conclusions à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, être rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme C et M. D, premiers conseillers,
Assistés de Mme Lefebvre, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022,
La rapporteure,
Signé
M. C
La présidente,
Signé
C. Van Muylder
La greffière,
Signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
Le greffier
No 2104807
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026