Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2105887
mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2105887 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | QUINTARD |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 28 avril 2021, le magistrat délégué du tribunal administratif de d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement des articles R. 351-3 et R. 312-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le même jour sous le n° 2101517, par M. B A, représenté par Me Quintard.
Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 29 juin 2021, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois et à ce que les dépens soient " laissés à la charge de la sous-préfecture de Dreux ".
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnait l'exigence d'une procédure contradictoire prévues par les dispositions combinées des articles L. 121-1, L. 121-2, L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; il n'existait pas d'urgence ou de " circonstances exceptionnelles " au sens de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il s'est vu infliger la durée maximale de suspension alors qu'aucun accident n'est à déplorer et qu'il ne conduisait pas en état d'ivresse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () "
2. Par un arrêté du 19 avril 2021, la préfète d'Eure-et-Loir a suspendu pour une durée de six mois le permis de conduire de M. A en raison d'un dépassement constaté le 18 avril 2021 de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
3. Aux termes du I de l'article L. 224-2 du code de la route : " Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1 () prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué ".
4. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les 72 heures, le préfet peut légalement, en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration, se dispenser de la formalité prévue à l'article L. 121-1 du même code et n'est pas tenu de suivre une procédure contradictoire avant de prendre l'arrêté attaqué.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été contrôlé, le 18 avril 2021, à 18 heures 20, conduisant son véhicule à la vitesse retenue de 146 km/h pour une vitesse de 80 km/h autorisée, soit un dépassement de 66 km/h de la vitesse maximale autorisée. Ces circonstances étaient de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Ainsi, l'intéressé entrait bien dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable est inopérant.
6. Il ressort de l'arrêté attaqué qu'il comporte les considérations de droit et de fait qui ont conduit à son édiction, au motif que le 18 avril 2021 à Chataincourt, M. A a commis un dépassement de 40 km / h ou plus de la vitesse maximale autorisée, représentant ainsi un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté serait insuffisamment motivé doit être écarté comme étant manifestement infondé.
7. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la préfète ne peut qu'être écarté, pour les motifs exposés au point 5, comme assorti seulement de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
8. La requête de M. A ne contient que des moyens inopérants ou seulement assortis de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien. Dès lors, à défaut de moyen utile soulevé dans le délai de recours contentieux, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de l'intéressé, qui n'a pas annoncé de mémoire complémentaire, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet d'Eure-et-Loir.
Fait à Cergy le 22 mai 2024.
La présidente de la 7ème chambre
signé
E. Drevon-Coblence
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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