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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2106144

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2106144

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2106144
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantNADER LARBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, M. A M. B, représenté par Me Nader Larbi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2019 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur le refus du titre de séjour :

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ; il appartient au préfet d'apporter la preuve de la régularité de la tenue du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; le préfet des Hauts-de-Seine ne justifie pas que l'auteur du rapport médical n'a pas siégé au sein du collège ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ; l'administration n'établit pas qu'il peut effectivement bénéficier dans son pays d'origine du traitement approprié à son état de santé ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l' obligation de quitter le territoire français :

- son auteur est incompétent ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- cette décision est illégale, en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2021, le préfet des Hauts-de-Seine produit les pièces constitutives du dossier et conclut au rejet de la requête.

Par une ordonnance du 7 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2021.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Thierry, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 3 mai 1947, est entré en France le 10 mars 2019 muni d'un visa de type C. Le 13 mars 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par l'arrêté attaqué du 3 décembre 2019, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'insuffisance de motivation :

2. L'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application et expose de façon suffisante les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B. Ces indications qui constituent le fondement de la décision litigieuse permettent au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, alors que la décision comporte, comme il vient d'être dit, l'indication d'éléments propres à la situation personnelle de M. B, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation. Le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les dispositions du présent article () fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent. () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté en litige : " () le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () ".

5. En l'espèce, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) émis le 28 juin 2019, produit par le préfet des Hauts-de-Seine, que le médecin qui a rédigé le rapport médical remis au collège, n'a pas siégé au sein du collège. Enfin, aucune autre disposition législative ou réglementaire n'impose que le rapport médical du médecin rapporteur de l'OFII soit communiqué à l'étranger qui sollicite un titre de séjour en raison de son état de santé, ni même que le préfet joigne l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII à la décision refusant le titre de séjour sollicité. Par ailleurs, dès lors qu'aucun élément du dossier ne permet de constater que l'avis du collège des médecins de l'OFII a été rendu de façon irrégulière, et alors que M. M. B ne précise pas davantage son moyen, contrairement à ce qui est soutenu, il n'appartient pas au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer la démonstration de la régularité de la procédure suivie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.

6. En troisième lieu aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Il résulte des termes mêmes de ces dispositions dont M. B invoque la méconnaissance, que la procédure contradictoire dont elles prescrivent l'observation ne s'appliquent pas aux cas des décisions prises en réponse à une demande. Dès lors que la décision litigieuse fait suite à une demande de M. B, celui-ci ne peut utilement se prévaloir de leur méconnaissance. En tout état de cause, M. B ne précise pas quelles informations susceptibles d'influencer la décision du préfet n'ont pas pu être portées à la connaissance de ce dernier.

7. En quatrième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour refuser la demande de titre de séjour au requérant, le préfet des Hauts-de-Seine s'est approprié les termes de l'avis du 28 juin 2019 du collège de médecins de l'OFII, qui a estimé que, si l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier que si, à la date de la décision attaquée, M. B souffre de pathologies nécessitant un suivi rapproché et un traitement particulier, il ne produit aucun élément de nature à contredire l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté.

9. En cinquième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée ni d'aucune des autres pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine s'est estimé en situation de compétence liée vis à vis de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 () ".

11. Dans la mesure où les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé régissent d'une manière complète et exclusive les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France, un étranger de nationalité algérienne ne peut utilement invoquer les dispositions, mentionnées au point précédent, de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont relatives aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à titre exceptionnel à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale.

12. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

13. En l'espèce, si M. B se prévaut de son état de santé, il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 7, que celui-ci ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé en refusant de le lui délivrer un titre de séjour. Il en résulte que le moyen tiré de l'a méconnaissance de l de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut en tout état de cause qu'être écarté.

14. En septième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant, ne justifie pas de l'impossibilité pour lui d'accéder à un traitement approprié à son état de santé. En outre, il ne peut se prévaloir que d'une brève durée de séjour, de moins de neuf mois à la date de la décision attaquée et ne justifie pas d'une intégration particulière. Par ailleurs, s'il soutient qu'il a déjà vécu et travaillé en France dans le passé, et qu'il perçoit une retraite en France, il ne produit aucune pièce permettant d'apprécier sa durée de présence en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens soulevés contre la décision de refus de titre de séjour n'est fondé. Dès lors M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour.

16. En deuxième lieu, M. B soutient que l'auteur de la décision est incompétent. L'auteur de l'arrêté en litige est le préfet des Hauts-de-Seine. Ce dernier était compétent pour décider des mesures contestées et n'avait pas à disposer d'une délégation de signature pour exercer sa propre compétence.

17. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 et du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 8 du présent jugement. La situation de M. B étant par ailleurs entièrement régie par les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance du 11° de l'article L 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. En quatrième lieu, il ne peut davantage se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement.

19. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. ".

20. En l'espèce, si le requérant soutient qu'il a fixé le centre de ses intérêts privés en France, les pièces produites, essentiellement des documents médicaux, ne rendent pas compte d'un tel état de fait. En outre, le requérant, âgé de 71 ans à la date de la décision attaquée, n'établit pas être dépourvu de liens familiaux en Algérie où il a vécu jusqu'alors. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.

21. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

22. Par elle-même la décision obligeant M. B à quitter le territoire français, est indépendante du pays choisi par l'intéressé ou par les autorités compétentes comme destination pour l'exécution de cette obligation. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la seule obligation faite à M. B de quitter le territoire français est susceptible de l'exposer à des traitements inhumains ou dégradants proscris par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de cet article ne peut dès lors qu'être écarté.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, présentées par M. B, doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

24. Le préfet des Hauts-de-Seine a décidé qu'en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français dont M. B fait l'objet, il pourra être reconduit à destination du pays dont il a la nationalité ou pour lequel il établit être légalement admissible. L'arrêté en litige fait mention des circonstances de fait et de droit qui constituent les motifs de cette décision, en particulier en ayant rappelé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable, la nationalité de l'intéressé et la circonstance qu'il n'établit pas être exposé à des traitement proscrits par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle est ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, suffisamment motivée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et sur l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

25. Les conclusions à fin d'annulation de M. B devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. M. B est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022 à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Ferrand, première conseillère,

M. Louvel, premier conseiller.

Assistés de M. Lux, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

Le président,

signé

P. Thierry L'assesseur le plus ancien,

signé

L. Ferrand

Le greffier,

signé

F. Lux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 21061442

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