mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUZIDI BOUHANNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mai 2021, M. D A, représenté par la SCP Bouzidi-Bouhanna, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 16 décembre 2020 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse et de ses quatre enfants, ainsi que la décision du 18 mars 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;
- elles méconnaissent le principe du contradictoire ;
- elles sont entachées d'erreur de fait ;
- elles sont entachées d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 411-5 et R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un courrier du 14 septembre 2022, auquel il n'a pas répondu, le préfet du
Val-d'Oise a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai d'un mois au titre de l'article R 612-3 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 30 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
14 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Coblence, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais né en 1972 et qui soutient être entré sur le territoire français en 1989, titulaire d'une carte de résident d'une durée de dix ans valable jusqu'en septembre 2029, a sollicité auprès de la préfecture du Val-d'Oise le bénéfice du regroupement familial pour son épouse et ses quatre enfants. Le tribunal a, par un jugement n° 1705148 du 12 octobre 2018, annulé la décision de refus de regroupement familial opposée une première fois à M. A en date du 6 avril 2017 et enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la demande de l'intéressé dans un délai de deux mois. Par une décision du 16 décembre 2020, qui faisait suite à cette injonction et dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté une nouvelle fois la demande. Il demande en outre l'annulation de la décision du 18 mars 2021 de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 16 décembre 2020 vise les dispositions du 1° de l'article L. 411-5 et l'article R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision énonce notamment que l'intéressé ne dispose pas de ressources suffisantes et qu'il peut rendre visite à sa famille établie au Pakistan dès lors qu'il dispose d'une carte de résident. Ainsi la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
4. Les moyens relatifs aux vices propres dont serait affectée la décision rejetant un recours gracieux contre un acte administratif ne pouvant être valablement invoqués, M. A ne peut utilement soutenir que la décision du 18 mars 2021 rejetant son recours gracieux est insuffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée ni de la décision de rejet de son recours gracieux que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas, avant de les édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. A.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
7. A supposer que M. A, qui allègue un défaut de contradictoire, ait entendu soulever le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation d'une procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions précitées de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il ne peut utilement invoquer ces dispositions à l'encontre de la décision en litige, laquelle a été prise en réponse à sa demande. En tout état de cause, M. A se borne à indiquer qu'il n'a pas été informé de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur son dossier, alors pourtant qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a pu exposer les motifs de sa demande auprès du service compétent. Il n'apporte en outre aucun élément permettant d'établir qu'il aurait sollicité, sans succès, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter des observations ou éléments nouveaux avant que ne soit prise la décision en litige ou la décision de rejet de son recours gracieux.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". Aux termes de l'article R. 411-4 de ce même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / - cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; / - cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. "
9. Il résulte de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau des ressources d'un ressortissant étranger, demandeur d'une autorisation de regroupement familial, s'apprécie sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du seul salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
10. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser la demande de regroupement familial présentée par M. A au bénéfice de son épouse et de ses quatre enfants, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur les circonstances que la moyenne des revenus mensuels de l'intéressé sur les douze derniers mois précédant sa demande était inférieure au salaire moyen interprofessionnel de croissance brut majoré. La décision du 16 décembre 2020 mentionne que le requérant disposait de revenus à hauteur de 1 494,57 euros " au lieu de 1 749 euros " requis pour six personnes. Si le requérant soutient que, désormais, il bénéficie de ressources nécessaires car il cumule un emploi de boucher et un emploi d'agent logistique, la seule production de bulletins de salaire pour le mois de mars 2021, postérieurs à la date de la décision du 16 décembre 2020 et de celle du 18 mars 2021, n'est pas suffisante pour établir que le préfet du Val-d'Oise aurait inexactement apprécié son niveau de revenus, aurait méconnu les dispositions précitées ou aurait entaché ses décisions d'erreurs de fait ou d'erreurs manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".
12. En l'espèce, si M. A, qui est né le 10 janvier 1972, se prévaut de son mariage avec Mme C B ressortissante pakistanaise née le 2 décembre 1978, il ressort des pièces du dossier que le couple est marié depuis 1998 et que les époux résident séparément depuis lors, M. A résidant en France depuis, selon ses déclarations, l'année 1989. De plus, M. A, qui est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2029, peut voyager aisément et rendre visite à sa famille au Pakistan, ainsi qu'il l'a toujours fait. La décision attaquée ne fait pas obstacle à ce que le requérant présente, s'il s'y croit fondé, une nouvelle demande de regroupement familial dès lors qu'il en remplirait les conditions. M. A n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'en refusant d'accorder le bénéfice du regroupement familial à son épouse et à ses enfants, le préfet du Val-d'Oise a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Ses conclusions présentées à fins d'injonction sous astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère,
et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
E. Coblence
L'assesseure la plus ancienne,
signé
V. FléjouLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026