mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | TOURNIQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 18 mai 2021, 11 février et 6 août 2022, l'association Essor, représentée par Me Saint-Léger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mars 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de la 3ème unité de contrôle des Hauts-de-Seine de la DIRECCTE (devenue DRIEETS) Ile-de-France a refusé de lui délivrer l'autorisation de licencier Mme A B ;
2°) de mettre à la charge de la partie succombante la somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision du 19 mars 2021 méconnaît le principe du contradictoire dès lors que le courrier du 2 juin 2020 ne lui a pas été communiqué alors que l'inspectrice du travail s'est fondée sur celui-ci pour estimer que le licenciement n'était pas dépourvu de tout lien avec le mandat détenu par la salariée ;
-elle n'était pas tenue, avant de solliciter l'autorisation de licencier la salariée, de procéder à la consultation préalable du comité social et économique ;
- l'absence répétée de Mme B occasionne des perturbations suffisamment graves sur le fonctionnement de l'association auxquelles elle ne peut pallier par des mesures provisoires et qui sont dès lors de nature à justifier le licenciement de la salariée en vue de son remplacement définitif par le recrutement d'un autre salarié ;
-il n'existe pas de lien entre le licenciement de Mme B et le mandat détenu par celle-ci.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2021, Mme A B, représentée par Me Tourniquet, conclut au rejet de la requête de l'association Essor et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association Essor la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'association Essor ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2022, le directeur de la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) Ile-de-France conclut au rejet de la requête de l'association Essor.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'association Essor ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 11 juillet 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, conseillère ;
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;
- les observations de Me Tourniquet, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été embauchée le 6 novembre 1993 par l'Association Essor en qualité de comptable. Elle a été élue, le 26 novembre 2019, comme membre titulaire de la délégation du personnel au sein du Comité social et économique (CSE). Elle a fait l'objet d'un arrêt maladie, le 18 avril 2019, lequel a été successivement renouvelé par la suite. Elle a été arrêtée, pour la dernière fois, du 20 janvier au 19 juillet 2021. Le 20 janvier 2021, l'association Essor a sollicité, auprès de l'inspection du travail, l'autorisation de licencier Mme B en raison de ses absences répétées pour maladie. Par une décision du 19 mars 2021, l'inspectrice du travail a refusé l'autorisation de licencier Mme B. Par sa requête, l'association Essor demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est fondée sur les absences répétées pour maladie du salarié, il appartient à l'inspecteur du travail ou à l'inspecteur des lois sociales en agriculture et, le cas échéant, au ministre compétent de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les absences de l'intéressé sont d'une importance suffisante pour justifier le licenciement compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail et des conditions de fonctionnement de l'entreprise.
3. Aux termes de l'article R. 2421-11 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat (). ". Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, ou comme en l'espèce, pour un motif tiré des absences répétées pour maladie du salarié, de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants qu'il a pu recueillir, y compris des témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation. Toutefois, lorsque la communication de ces éléments serait de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui les ont communiqués, l'inspecteur du travail doit se limiter à informer le salarié protégé et l'employeur, de façon suffisamment circonstanciée, de leur teneur.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée du 19 mars 2021 refusant le licenciement de Mme B que l'inspectrice du travail s'est fondée, pour estimer que l'éventualité d'un lien entre le mandat de Mme B et la rupture de son contrat de travail ne peut être définitivement écartée, non seulement sur l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande d'autorisation de licenciement mais également sur une pièce transmise par Mme B à l'inspectrice au cours de son enquête à savoir un courrier recommandé du 2 juin 2020 envoyé à l'association Essor par la salariée lequel comporte un certain nombre de griefs relatifs au fonctionnement du CSE l'ayant, selon elle, empêché d'exercer correctement son mandat. Si, en défense, la DRIEETS Ile-de-France fait valoir que l'association Essor avait nécessairement connaissance de cette pièce dès lors qu'elle était destinataire de ce courrier et qu'elle ne conteste au demeurant pas l'avoir reçu, cette circonstance, à la supposer établie, ne dispensait toutefois pas l'inspectrice du travail de mettre à même l'employeur d'en prendre connaissance. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'employeur ait été informé au cours de l'enquête de la transmission de cette pièce par Mme B. Dès lors, l'enquête contradictoire conduite par l'inspectrice du travail est entachée d'irrégularité.
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'accès, dans le cadre de l'enquête contradictoire prévue par les articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail, à l'ensemble des éléments déterminants recueillis par l'inspectrice du travail lors de son enquête, dans des conditions et des délais permettant de présenter utilement sa défense, constitue une garantie pour l'employeur, dont l'association requérante a été effectivement privée. Il s'ensuit que la décision de l'inspectrice du travail du 19 mars 2021 a été prise en méconnaissance du caractère contradictoire de l'enquête privant dès lors l'employeur d'une garantie. Elle est donc entachée d'illégalité et doit, pour ce motif, être annulée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'association Essor est fondée à demander l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail de la 3ème unité de contrôle des Hauts-de-Seine de la DRIEETS Ile-de-France du 19 mars 2021 refusant de l'autoriser à licencier Mme B.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit, sur leur fondement, mise à la charge de l'association requérante, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Par suite, les conclusions formulées à ce titre par Mme B ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans le cadre de la présente instance, le versement de la somme de 1 500 euros à l'association Essor sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 mars 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de la 3ème unité de contrôle des Hauts-de-Seine a refusé l'autorisation sollicitée par l'association Essor de licencier Mme B est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à l'association Essor la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Essor, à la Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Ile-de-France et à Mme A B.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Jacquelin, premier conseiller,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024
La rapporteure,
signé
L. FabasLa présidente,
signé
H. Le GrielLa greffière,
signéH. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2106644
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026