mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106701 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SIDIBE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2109267 du 18 mai 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise en application de l'article
R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. et Mme E.
Par cette requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 24 avril 2021 et un mémoire enregistré au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 25 janvier 2022, M. C E, Mme B E et M. A E, représentés par Me Sidibe, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2021 par laquelle le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer a rejeté leur recours hiérarchique formé à l'encontre de la décision du 5 octobre 2020 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté leur demande de réintégration dans le logement dont ils ont été expulsés le 27 septembre 2019;
2°) d'enjoindre à l'Etat de les réintégrer dans leur habitation, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard à compter du 1er février 2021 ;
3°) de condamner l'Etat à leur verser une somme d'un montant de 150 000 euros au titre des préjudices subis ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'ils n'ont pu bénéficier d'un droit au recours dans un délai raisonnable ;
- elle est contraire à l'objectif à valeur constitutionnelle reconnaissant la possibilité pour toute personne de disposer d'un logement décent ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 267 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- ils ont subis un préjudice.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, les conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant leur réintégration dans le logement dont ils ont été expulsés sont irrecevables faute pour les requérants de les avoir présentées à la suite de l'ordonnance du juge des référés en date du 2 juillet 2019.
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Par courrier enregistré le 13 février 2024, le préfet du Val-d'Oise a formulé des observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, rapporteure ,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Mme D, représentant le préfet du Val-d'Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement d'adjudication du 4 février 2016, le tribunal de grande instance de Pontoise a autorisé l'expulsion des consorts E et de leur famille de leur maison à usage d'habitation sise 23 rue Victor Hugo à Garges-lès-Gonesse. Par une décision du 24 mai 2019, la sous-préfète de Sarcelles a accordé le concours de la force publique afin de procéder à leur expulsion, à compter du 1er juillet 2019. M. et Mme E ont demandé la suspension de cette décision devant le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui a rejeté leur demande par une ordonnance du 19 septembre 2019. Les requérants n'ayant pas confirmé le maintien de leur requête à fin d'annulation et n'ayant pas exercé de recours en cassation, le tribunal de Cergy-Pontoise a constaté leur désistement.
2. Par un courrier en date du 1er septembre 2020, M. et Mme E ont demandé au préfet du Val-d'Oise de les réintégrer dans leur logement dont ils ont été expulsés, de les indemniser du préjudice subi du fait de cette décision par une somme de 150 000 euros et de saisir la cour de justice de l'Union Européenne à fin de contestation du jugement d'adjudication et de la décision d'accorder le concours de la force publique. Par une décision du 5 octobre 2020, le préfet du Val-d'Oise a rejeté leurs demandes. Par une décision du 1er février 2021, le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer a rejeté le recours hiérarchique qu'ils ont formé à l'encontre de la décision du préfet du Val-d'Oise du 5 octobre 2020. Par la présente requête, M. C E, Mme B E et M. A E doivent être regardés comme demandant au tribunal la condamnation de l'Etat à leur verser une somme de 150 000 euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis du fait de la décision accordant le concours de la force publique et d'enjoindre à l'Etat de les réintégrer dans leur ancien logement.
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise a accordé son concours afin d'exécuter le jugement du tribunal de grande instance de Pontoise du 4 février 2016 prononçant l'adjudication du bien immobilier sis 23 rue Victor Hugo à Garges-Lès-Gonesse que les requérants occupaient sans titre. La décision du préfet du préfet du Val-d'Oise est devenue définitive faute pour les requérants d'avoir confirmé leur recours devant le tribunal administratif. Par suite, ces derniers ne sont pas fondés à exciper de son illégalité au soutien de leur demande indemnitaire ou de leur demande en injonction, tendant à ce qu'ils soient réintégrés dans le bien immobilier dont ils ont été expulsés, alors qu'au demeurant ils n'articulent aucun moyen contre cette décision.
4. Par suite, la requête de M. et Mme E doit être rejetée dans toutes ses conclusions sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Val-d'Oise en défense.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C E, Mme B E et M. A E est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C E, Mme B E et
M. A E ainsi qu'au préfet du Val-d'Oise.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin La présidente,
signé
S. Edert
La greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21067012
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026