mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NOUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 25 mai 2021 et le 11 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Camille Nouel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 mars 2021 du préfet des Hauts-de-Seine, refusant le regroupement familial en faveur de son épouse, D C ;
2°) d'enjoindre au préfet d'accorder à son épouse le bénéfice du regroupement familial ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision de rejet de la demande de regroupement familial :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît les stipulations de l'article 4 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire du 27 décembre 1968, qui seules, lui sont opposables ; à cet égard, son logement respecte les normes d'habitabilité, il dispose de ressources stables et suffisantes et il ne peut lui être reproché d'être une menace pour l'ordre public ;
- méconnaît les dispositions de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de celle-ci ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les observations de Me Camille Nouel, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 19 mars 2021, a fait une demande de regroupement familial auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) enregistrée le 29 octobre 2019, au bénéfice de sa femme Fatima Zohra C, avec laquelle il est marié depuis le 8 janvier 2019. Par une décision du 31 mars 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, au motif que le requérant ne disposait pas d'un logement satisfaisant aux conditions de salubrité. Par la requête susvisée enregistrée le 25 mai 2021, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du préfet des Hauts-de-Seine et d'enjoindre le préfet à accorder le regroupement familial au bénéfice de son épouse.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent code régit, sous réserve du droit de l'Union européenne et des conventions internationales, l'entrée, le séjour et l'éloignement des étrangers en France ainsi que l'exercice du droit d'asile ". En outre, aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : () 2 - Le demandeur ne dispose ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France () ". Par ailleurs, aux termes du titre II du protocole annexé à l'accord franco-algérien, dans sa rédaction issue du troisième avenant : " les membres de la famille s'entendent du conjoint d'un ressortissant algérien, de ses enfants mineurs ainsi que des enfants de moins de dix-huit ans dont il a juridiquement la charge en vertu d'une décision de l'autorité judiciaire algérienne, dans l'intérêt supérieur de l'enfant ". Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés et leur durée de validité, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations contraires expresses de l'accord, les dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour. Parmi ces dispositions procédurales figurent les règles relatives aux modalités de constitution et de présentation des demandes d'autorisation de regroupement familial. Enfin, aux termes de l'article R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le champ d'application inclut les ressortissants algériens : " est considéré comme normal un logement qui : () 2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain. / () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'enquête de logement de l'OFII en date du 19 décembre 2019 qu'à cette date, les ventilations de la cuisine et de la salle d'eau n'étaient pas efficaces, entraînant une humidité du plafond de la salle d'eau, de la cloison entre le couloir et la salle d'eau, de la cloison entre la cuisine et la salle d'eau et du mur en partie basse du lavabo. Toutefois, il ressort des attestations de la société immobilière 3F et de l'entreprise de bâtiment Acorus, dont la portée n'est pas contestée en défense, qu'au cours de l'année 2000, soit antérieurement à la décision attaquée, le système de ventilation a été rénové afin de remédier aux désordres constatés. Dans ces conditions, en estimant que le logement de M. B ne répondait pas aux conditions de salubrité définies par le décret du 30 janvier 2022, le préfet a inexactement apprécié les faits de l'espèce au regard des stipulations et dispositions précitées.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : () / 3° Le demandeur ne se conforme pas aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ".
5. D'une part, il n'est ni établi ni même sérieusement allégué que la présence en France de Mme B constituerait une menace pour l'ordre public. Par suite, et à supposer que le préfet, qui fait seulement état du comportement M. B, ait entendu opposer à la demande du requérant la réserve d'ordre public, laquelle s'applique même sans texte, ce motif, s'agissant de l'épouse de l'intéressé, manque en fait.
6. D'autre part, après avoir relevé que M. B avait fait l'objet de condamnations pénales et était connu des services de police pour des faits de violence sur conjoint ou concubin, le préfet a estimé qu'il ne respectait pas les principes essentiels régissant la vie familiale en France. Toutefois, cette condition, prévue au 3° de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, n'est pas applicable aux ressortissant algériens. Ainsi, en opposant au requérant le motif sus-analysé, le préfet a commis une erreur de droit.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 31 mars 2021, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial de M. B au bénéfice de son épouse, doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
9. En l'espèce, le requérant demande au tribunal d'enjoindre au préfet de lui accorder le regroupement familial. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que M. B justifie de ressources suffisantes pour avoir droit au regroupement familial. L'exécution du présent jugement implique donc seulement que la demande de M. B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans toutefois qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : la décision du 31 mars 2021, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial de M. B au bénéfice de son épouse, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
Mme Edert, vice-présidente,
M. Viain, premier conseiller.
Lu en audience publique le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C.HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026