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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2106869

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2106869

mercredi 12 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2106869
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante : I. Par une requête enregistrée le 21 mai 2021 sous le n° 2106869, M. C B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal : 1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ; 2°) d'annuler le titre exécutoire n°01400-2021-814-3057 émis le 23 mars 2021 par lequel le conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis à sa charge la somme de 16 530,57 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 et de le décharger du paiement de cette somme ; 3°) de mettre à la charge du conseil départemental des Hauts-de-Seine la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Desfarges, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il soutient que : - l'acte contesté ne porte pas la signature de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ; - la décision en litige est insuffisamment motivée ; - elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ; - elle est entachée d'une erreur d'appréciation relative au bien-fondé de l'indu réclamé. Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2023, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire émis le 23 mars 2021 et au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B. Il fait valoir que le titre exécutoire en litige a été retiré et que ce retrait, non contesté, est devenu définitif. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2022. II. Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022 sous le n° 2212921, M. C B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales a rejeté son recours préalable formé le 6 novembre 2020 à l'encontre de la décision du 19 octobre 2020 lui ayant notifié un indu d'un montant de 16 683,02 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 ; 2°) de le décharger du paiement de cette somme ; 3°) d'enjoindre au Conseil départemental des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me Desfarges, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il soutient que : - la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ; - la décision attaquée viole les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ; - la décision attaquée a été prise en méconnaissance du caractère suspensif du recours engagé prévu à l'alinéa 2 de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ; - la décision attaquée viole les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la décision attaquée est illégale dès lors qu'il n'a pas été informé de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ; - la décision attaquée viole les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ; - la décision attaquée viole les dispositions des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles ; - la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles et d'une erreur d'appréciation ; - la décision attaquée méconnaît son droit à l'erreur prévu l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ; - à titre subsidiaire, il demande un délai de paiement ou une remise totale de sa dette, dès lors qu'il est de bonne foi et en situation de précarité financière. Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2023, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. III. Par une requête enregistrée le 26 janvier 2023, sous le n°2301071, M. C B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal : 1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ; 2°) d'annuler le titre exécutoire n°01400-2022-4472-16962 émis le 30 décembre 2022 par lequel le conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis à sa charge la somme de 16 530,57 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 et de le décharger du paiement de cette somme ; 3°) de mettre à la charge du conseil départemental des Hauts-de-Seine la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Desfarges, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il soutient que : - la décision attaquée a été prise en violation du caractère suspensif du recours engagé prévu à l'alinéa 2 de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ; - la décision attaquée viole les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dès lors que le bordereau du titre de recettes n'est pas dûment signé ; - la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles et d'une erreur d'appréciation. Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2023, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'action sociale et des familles ; - le code général des collectivités territoriales ; - le code de la sécurité sociale ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ; - l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné Mme Bories, vice-présidente, pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative. Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de Mme Bories a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée. Considérant ce qui suit : 1. Par une décision du 19 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a notifié à M. C B un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 16 683,02 euros pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020. M. B a formé le 6 novembre 2020 un recours préalable à l'encontre de cette décision, dont l'administration a accusé réception le 13 novembre 2021, et qui a fait l'objet d'un rejet implicite. Par un premier titre exécutoire n°01400-2021-814-3057 émis le 23 mars 2021, le conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis à la charge de M. B une somme de 16 530,57 euros relative à cet indu de RSA. Le conseil départemental des Hauts-de-Seine a émis le 30 décembre 2022 à l'encontre de l'intéressé, un nouveau titre exécutoire n°01400-2022-4472-16962 ayant un montant et un objet identique au premier titre émis. Par les présentes requêtes, M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable exercé le 6 novembre 2020 ainsi que des deux titres exécutoires émis les 23 mars 2021 et 30 décembre 2022. Il demande également la décharge de l'obligation de payer ces sommes. 2. Les requêtes susvisées n°2106869, n°2212921 et n°2301071, qui ont été introduites par le même requérant et présentent à juger des questions semblables, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement. Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle : 3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 30 mai 2022. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la requête n°2106869. Sur l'indu de revenu de solidarité active : 4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. 5. En premier lieu, si M. B a adressé son recours administratif préalable à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine le 6 novembre 2020, la décision rejetant implicitement son recours est, en application des dispositions de l'article L. 242-47 du code de l'action sociale et des familles, réputée avoir été prise par le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. En outre, dès lors que cette décision revêt un caractère implicite, le moyen tiré de l'absence des mentions requises par les dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision querellée et de la violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doivent être écartés. 6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif () ". 7. En l'espèce, si M. B soutient que le caractère suspensif des recours dirigés contre l'indu de revenu de solidarité active en litige n'a pas été respecté, dès lors que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine aurait procédé à des retenues dès notification de la décision du 19 octobre 2020, cette circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et sur le bien-fondé de l'indu en litige. 8. En troisième lieu, il résulte des dispositions du code de l'action sociale et des familles, notamment des articles L. 262-46 et suivants, que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au revenu de solidarité active et que l'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant le président du conseil départemental le recours administratif préalable obligatoire, mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du même code. 9. Si le requérant invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors que, d'une part, il n'a pas pu présenter ses observations devant l'administration avant l'édiction de la décision contestée, d'autre part, la procédure du contrôleur qui lui a été communiquée était incompréhensible, M. B, qui a exercé un tel recours administratif préalable, a pu faire valoir ses observations. En outre, il résulte de l'instruction que le contrôleur assermenté a invité ce dernier, par un courrier du 20 juillet 2020, à présenter des observations sur ses ressources trimestrielles et annuelles ainsi que sur sa résidence. Par suite, M. B, qui ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une décision qui n'émane pas d'un tribunal au sens de ces stipulations, n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige viole les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté. 10. En quatrième lieu, l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale prévoit que le droit de communication permet à certains agents des organismes de sécurité sociale d'obtenir, auprès de personnes publiques et privées que l'article L. 114-20 du même code désigne par renvoi au livre des procédures fiscales, sans que le secret professionnel ne s'y oppose, les documents et informations nécessaires à l'exercice des missions de contrôle ou de recouvrement de prestations indûment versées qu'il définit. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dispose que l'organisme ayant usé de ce droit est tenu d'informer la personne à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement " de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision " et qu'il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie de ces documents à la personne qui en fait la demande. 11. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales s'attachant, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie. 12. En l'espèce, M. B soutient qu'il n'aurait pas été informé de la mise en œuvre par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du droit de communication prévu par les dispositions précitées. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête établi le 8 octobre 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que le requérant a bien été informé de la mise en œuvre du droit dévolu à la caisse. En outre, le rapport mentionne les démarches réalisées, notamment les organismes contactés et les comptes bancaires consultés. S'il n'est pas établi que M. B aurait été informé tant de la teneur que de l'origine des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication, eu égard à la teneur des renseignements, nécessairement connus de l'intéressé, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, qu'il a eu, par ailleurs, la possibilité de solliciter auprès de l'agent de contrôle lors de ces échanges, de la garantie instituée par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige faute d'information sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté. 13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 311-3-1-2 de ce code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes : / 1° Le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; / 2° Les données traitées et leurs sources ; / 3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; / 4° Les opérations effectuées par le traitement ". 14. Si le requérant soutient qu'il a été privé d'une garantie par la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, il ne résulte pas de l'instruction que la décision attaquée aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, mais seulement à la suite d'un contrôle réalisé sur son dossier par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté. 15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article R.262-90 du même code : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. L'avis de la commission et la décision du président du conseil départemental sont motivés. ". 16. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active. 17. La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le Conseil départemental des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département exclut de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles du fait de l'absence de saisine de cette commission et d'avis rendu dans des conditions régulières, inopérant, doit être écarté. 18. En septième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". 19. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois. 20. En l'espèce, l'indu en litige, relatif à la période allant du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020, a été mis à la charge de M. B aux motifs que l'intéressé ne résidait plus de manière régulière et permanente en France depuis avril 2017, ce dernier ayant effectué plusieurs séjours hors de France depuis cette date. Il résulte à cet égard de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête de la CAF du 8 octobre 2020, que l'intéressé a effectué des séjours à l'étranger du 2 janvier au 8 avril 2017, du 27 avril au 21 juin de la même année, du 24 au 26 juin 2017, du 28 juin au 30 octobre 2017, du 17 novembre au 25 décembre 2017, du 6 au 13 janvier 2018, du 15 au 17 janvier 2018, du 8 février au 27 mars 2018, du 16 avril au 11 juin 2018, du 3 juillet 2018 au 17 septembre 2019 et depuis le 8 octobre 2019. La CAF des Hauts-de-Seine a ainsi relevé que, depuis le mois d'avril 2017, le requérant avait séjourné à l'étranger 320 jours en 2017, 300 jours en 2018 et 343 en 2019. Il se trouvait par conséquent hors de France durant plus de quatre-vingt-douze jours par année civile. En outre, l'administration a relevé que le requérant avait également perçu des virements et des encaissements de chèques bancaires. Dans ces conditions M. B, qui ne conteste pas sérieusement les termes de ce rapport en se bornant à produire des copies d'écran d'achats en ligne, n'est pas fondé à soutenir que le Conseil départemental des Hauts-de-Seine a commis une erreur de droit au regard des dispositions précitées ou a entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de sa situation. 21. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction pécuniaire ou consistant à la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invité à le faire par l'administration dans le délai que celui-ci a indiqué. (). ". 22. La décision par laquelle un trop-perçu de prestations est notifiée à l'allocataire, sans que soit mise à sa charge, en supplément du montant de la prestation reçue à tort, une amende destinée à réprimer les manquements aux obligations déclaratives, ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors que la prestation versée initialement n'était pas due, la récupération de l'indu ne constitue pas davantage la privation de tout ou partie d'une prestation due. Par suite, M. B ne saurait utilement invoquer un droit à l'erreur et le moyen qui en est tiré doit être écarté. 23. En neuvième et dernier lieu, d'une part, il n'entre pas dans la compétence du tribunal de se prononcer sur les conclusions du requérant à fin que lui soit accordé un délai de paiement de la somme mise à sa charge, qu'il lui revient de demander au conseil départemental des Hauts-de-Seine. D'autre part, à supposer que M. B demande une remise de sa dette, ce dernier n'établit ni être de bonne foi, ni être dans une situation de précarité financière. 24. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le conseil départemental des Hauts-de-Seine, que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant son recours préalable formé le 6 novembre 2020 à l'encontre d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 683,02 euros au titre de la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 doivent être rejetées. Sur les titres exécutoires des 23 mars 2021 et 30 décembre 2022 : En ce qui concerne le titre exécutoire du 23 mars 2021 : 25. Le conseil départemental des Hauts-de-Seine, en émettant le 30 décembre 2022 le titre exécutoire n°01400-2022-4472-16962, pour le recouvrement d'une créance correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 530,57 euros pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020, a retiré, implicitement mais nécessairement, le titre exécutoire n°01400-2021-814-3057 émis le 23 mars 2021 et contesté par M. B, dans sa requête enregistrée sous le n°2106869, qui porte sur la même créance. Par suite, les conclusions de l'intéressé tendant à l'annulation du titre exécutoire n°01400-2021-814-3057 émis le 23 mars 2021 par lequel le conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis à sa charge la somme de 16 530,57 euros pour un indu de revenu de solidarité active correspondant à la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 ainsi que celles tendant à le décharger du paiement de cette somme ont nécessairement perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer. En ce qui concerne le titre exécutoire du 30 décembre 2022 : 26. En premier lieu, si M. B soutient que le caractère suspensif du recours dirigé contre l'indu de revenu de solidarité active en litige n'a pas été respecté, dès lors que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine aurait procédé à des retenues dès notification de la décision du 19 octobre 2020, cette circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et sur le bien-fondé de l'indu en litige. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'administration a suspendu le 9 juillet 2021 les récupérations d'indu en application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Dès lors, le moyen en peut qu'être écarté. 27. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date de l'émission du titre exécutoire en litige : " () le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Il résulte de ces dispositions que le titre de recettes individuel adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis et qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur. Aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique () ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " Les ordonnateurs des organismes publics, visés à l'article D. 1617-19, lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget pris après avis de la Cour des comptes, garantissant la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur, l'intégrité des flux de données et de documents relatifs aux actes mentionnés en annexe I du présent code et aux deux alinéas suivants du présent article, la sécurité et la confidentialité des échanges ainsi que la justification des transmissions opérées. / () / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L.252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique : " La signature électronique de l'ordonnateur est portée, selon les modalités prévues à l'article 4 du présent arrêté, soit sur chaque bordereau de mandats de dépenses et chaque bordereau de titres de recettes, soit sur le fichier contenant de tels bordereaux transmis au comptable public conformément au protocole d'échange standard dans sa version 2 ou dans une version ultérieure ". 28. Si le titre exécutoire en litige, qui mentionne les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, n'est pas signé, il résulte de l'instruction que le bordereau du titre de recettes n° 01400-2022-4472-16962 a été signé, le 30 décembre 2022, par Mme D A, chargée de la gestion comptable du patrimoine au sein du conseil départemental des Hauts-de-Seine, dûment habilitée par un arrêté de délégation de signature n°2222-DAJA-036 du 1er juillet 2022, régulièrement publié. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la signature électronique de l'ordonnateur n'aurait pas été portée sur le bordereau dans les conditions prévues par l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales, et notamment son article 4. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de signature par l'ordonnateur doit être écarté. 29. En troisième et dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 20, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions précitées et d'une erreur dans l'appréciation de la situation de M. B doit être écarté. 30. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le titre exécutoire n°01400-2022-4472-16962 d'un montant de 16 530,57 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 et celles présentées à fin de décharge du paiement de cette somme doivent être rejetées. Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative : 31. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. B. Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n°2106869 tendant à l'annulation de titre exécutoire du 23 mars 2021 d'un montant de 16 530,57 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2017 au 31 juillet 2020 et sur les conclusions tendant à le décharger du paiement de cette somme.Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Desfarges et au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2023. La magistrate désignée,signéC. BoriesLa greffière,signéS. LefebvreLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2Nos 2106869, 2212921, 2301071

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