LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2106941

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2106941

mercredi 30 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2106941
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET LEX PUBLICA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel la commune de Seraincourt avait retenu une partie du traitement de Mme D, agent territorial, pour des absences jugées injustifiées. La juridiction a estimé que les absences des 4, 29 et 30 juin 2020 étaient justifiées par des certificats médicaux, que celle du 1er juillet 2020 n'était pas établie, et que les autres absences invoquées n'étaient pas valablement démontrées par la commune. En conséquence, le tribunal a enjoint à la commune de reverser à Mme D les sommes indûment retenues, soit 352,77 euros, sur le fondement des articles 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et 4 de la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 relatifs au principe "service fait".

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 mai 2021, le 2 septembre 2021, le 21 décembre 2022 et le 14 novembre 2024, Mme D, représentée par Me Boucher, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel la commune de Seraincourt (Val-d'Oise) a décidé de procéder à une retenue sur son traitement pour absence de service fait les 4, 29 et 30 juin 2020, les 1er, 3, 6, 7, 8 et 9 juillet 2020, ainsi que les 3 et 12 novembre 2020 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Seraincourt de lui reverser les sommes irrégulièrement retenues sur ses bulletins de paie, à concurrence de 352,77 euros ;

3°) de rejeter les demandes reconventionnelles présentées par la commune de Seraincourt ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Seraincourt la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans le dernier état de ses écritures résultant du mémoire récapitulatif produit le 14 novembre 2024 en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, elle soutient que :

- les conclusions reconventionnelles de la commune sont irrecevables ;

- l'arrêté attaqué repose sur des absences qui ne sont pas matériellement établies et est par suite entaché d'erreur de qualification juridique des faits.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 août 2021, le 1er octobre 2021, le 13 décembre 2022, le 2 janvier 2023, le 17 octobre 2024 et le 5 décembre 2024, la commune de Seraincourt conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à titre reconventionnel, à ce que Mme D soit condamnée à lui rembourser la somme de 1 068,90 euros correspondant aux trop-perçus sur la période du 1er juin au 31 décembre 2020 ;

3°) à ce que la somme d'un euro symbolique soit mise à la charge de Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 11 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lusinier, conseillère,

- et les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, agent titulaire ayant le grade d'adjoint administratif, a exercé les fonctions de secrétaire de mairie dans les services de la commune de Seraincourt (Val-d'Oise) du 1er octobre 2017 au 14 mars 2022. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal, d'une part, d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel la maire de la commune a décidé de procéder à une retenue sur son traitement pour absence de service fait les 4, 29 et 30 juin 2020, les 1er, 3, 6, 7, 8 et 9 juillet 2020, ainsi que les 3 et 12 novembre 2020, et d'autre part, d'enjoindre à la commune de Seraincourt de lui reverser les sommes irrégulièrement retenues.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 janvier 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". L'article 87 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dispose que : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 du titre Ier du statut général (). ". Selon l'article 4 de la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité () / II n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; () ".

3. Il résulte de ces dispositions que toute journée au cours de laquelle un agent public s'est abstenu, du fait de son absence injustifiée, d'accomplir ses obligations de service, doit donner lieu à la retenue qui y est prescrite.

En ce qui concerne l'absence du 4 juin 2020 :

4. Il ressort du certificat médical du 4 juin 2020, délivré par le docteur E, que Mme D ne pouvait pas se rendre sur son lieu de travail à cette date en raison de son état de santé. Dès lors, l'absence de l'intéressée était justifiée, ce que ne conteste pas la commune dans ses dernières écritures. Elle ne pouvait donc pas donner lieu à une retenue sur traitement.

En ce qui concerne les absences des 29 et 30 juin 2020 :

5. Il ressort du certificat d'arrêt de travail établi le 28 juin 2020 par le docteur F, que Mme D a été arrêtée jusqu'au 30 juin 2020 inclus. Est à cet égard sans incidence le certificat médical établi le 15 avril 2021 par le docteur A, attestant que l'intéressée a été reçue en urgence le 29 juin 2020 pour " une lésion oculaire bilatérale pouvant justifier un repos de la journée ". Par suite, les absences de Mme D étant justifiées, elles ne pouvaient pas donner lieu à une retenue sur traitement.

En ce qui concerne l'absence du 1er juillet 2020 :

6. Si la commune de Seraincourt soutient que Mme D était absente le 1er juillet 2020, ce que cette dernière conteste, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir. Dès lors, cette prétendue absence, inexistante, ne pouvait donner lieu à une retenue sur traitement.

En ce qui concerne l'absence du 3 juillet 2020 :

7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition dressé le 3 juillet 2020 à 11 heures 45 minutes, que, le 3 juillet 2020, Mme D était entendue par la brigade de gendarmerie de Vigny dans le cadre d'une enquête préliminaire pour des faits de harcèlement au travail dont elle s'estimait victime. Lors de cette audition, l'officier de police judiciaire a indiqué à Mme D qu'elle était convoquée le même jour à 14 heures à l'unité médico-judiciaire, comme l'atteste le certificat de présence établi par le docteur C. Dès lors, l'absence de Mme D était justifiée, ce que ne conteste pas la commune dans ses dernières écritures. Elle ne pouvait donc pas donner lieu à une retenue sur traitement.

En ce qui concerne les absences des 6, 7, 8 et 9 juillet 2020 :

8. Si Mme D soutient qu'elle était en congé annuel les 6, 7, 8 et 9 juillet 2020, il ressort de la feuille de congés de l'année 2020 versée à l'instance, qui fait état de demandes de congés pour les périodes du 25 au 27 juin 2020 et du 6 au 31 août 2020, qu'elle ne mentionne en revanche aucune demande pour les 6, 7, 8 et 9 juillet de cette même année. Par suite, les absences de Mme D n'étaient pas justifiées et pouvaient donc faire l'objet d'une retenue sur traitement.

En ce qui concerne l'absence du 3 novembre 2020 :

9. Si la commune de Seraincourt conteste la régularité de l'absence de la requérante en date du 3 novembre 2020, il ressort de l'attestation de la brigade de gendarmerie de Pontoise, réalisée le 18 mai 2021, que Mme D a été entendue le 3 novembre 2020 dans le cadre de l'enquête précitée afin d'être confrontée en audition à M. Maurice, conseiller municipal et conjoint de la maire de Seraincourt. Dès lors, l'absence de l'intéressée était justifiée et ne pouvait donc pas donner lieu à une retenue sur traitement.

En ce qui concerne l'absence du 12 novembre 2020 :

10. Il ressort du certificat médical du 12 novembre 2020 délivré par le docteur E que Mme D ne pouvait pas se rendre sur son lieu de travail le 12 novembre 2020, en raison de son état de santé. Dès lors, son absence de ce jour était justifiée, ce que ne conteste pas la commune dans ses dernières écritures. Elle ne pouvait donc pas donner lieu à une retenue sur traitement.

11. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2020 en tant qu'il retient sur son traitement les sommes correspondants aux absences des 4, 29 et 30 juin 2020, des 1er et 3 juillet 2020, ainsi que des 3 et 12 novembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Seraincourt de restituer à Mme D les sommes indument retenues sur ses bulletins de salaires, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions reconventionnelles de la commune de Seraincourt :

13. La commune de Seraincourt forme une demande reconventionnelle tendant au remboursement des trop-perçus dont la requérante aurait bénéficié au titre de la période ayant couru du 1er juin au 31 décembre 2020. Toutefois, comme le relève Mme D, de telles conclusions ne sont pas recevables dans un litige d'excès de pouvoir comme celui en cause dans la présente instance. Dès lors, elles doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Seraincourt la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions de la commune présentées sur le même fondement ne peuvent qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : L'arrêté du 13 avril 2021 est annulé en tant qu'il décide de retenir sur le traitement de Mme D les sommes correspondants aux absences des 4, 29 et 30 juin 2020, des 1er et 3 juillet 2020, ainsi que des 3 et 12 novembre 2020.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Seraincourt de restituer à Mme D les sommes indument retenues sur ses bulletins de salaires, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Seraincourt versera à Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la requête de Mme D sont rejetées pour le surplus.

Article 5 : Les conclusions reconventionnelles de la commune de Seraincourt sont rejetées.

Article 6 : Les conclusions présentées par la commune de Seraincourt au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la commune de Seraincourt.

Délibéré après l'audience du 3 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.

La rapporteure,

signé

V. LUSINIER

La présidente,

signé

C. ORIOL

La greffière,

signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions