mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCOTTI-PIQUET AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 31 mai, 7 octobre et 13 décembre 2021 (non communiqué), M. C, représenté par Me Piquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel la maire de la commune de Marnes-la-Coquette a retiré le permis de construire modificatif n° 092 047 19 C0004 M1 qu'elle lui avait délivré le 26 février 2021 ;
2o) de mettre à la charge de la commune de Marnes-la-Coquette la somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure contradictoire prévue par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée ;
- la décision de retrait du permis de construire n'est motivée ni en fait ni en droit en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 juillet et 16 novembre 2021, la commune de Marnes-la-Coquette conclut au rejet de la requête. Elle demande, en outre, que soit mise à la charge de M. C la somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le retrait du permis de construire modificatif a été réalisé à la demande de M. C et qu'il avait pour objectif de délivrer une autorisation d'urbanisme solide au vu du risque de recours contre un permis de construire modificatif illégal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique,
- les observations de Me Piquet, représentant M. C, et celles de M. A représentant la commune de Marnes-la-Coquette.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 août 2019, la maire de la commune de Marnes-la-Coquette a délivré à M. C un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 20 avenue Etienne de Montgolfier. Un permis de construire modificatif relatif à ce projet a été délivré par la maire de la commune par un arrêté du 26 février 2021 en vue notamment de modifier la clôture implantée à l'alignement et créer une fenêtre à châssis fixe et verre translucide sur la façade Nord-Est de la maison projetée afin de se conformer aux prescriptions de l'avis émis par l'architecte des bâtiments de France sur le projet initial. Par l'arrêté du 7 avril 2021 dont le requérant demande au tribunal l'annulation, la maire de la commune de Marnes-la-Coquette a procédé au retrait du permis de construire modificatif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". L'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui ne peuvent intervenir qu'après que son destinataire a été mis à même de présenter ses observations, sauf en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles. Si un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie, le respect du caractère contradictoire de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration constitue une garantie pour le titulaire du permis que l'autorité administrative entend rapporter.
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué ne vise aucune demande de M. C mais un courrier du 6 avril 2021 de Mme D E, maire de la commune de Marnes-la-Coquette, qui se trouve être également sa signataire. Si la maire de la commune de Marnes-la-Coquette soutient que M. C a demandé le retrait de l'arrêté du 26 février 2021 lors d'une conversation téléphonique le 19 mars 2021, le requérant conteste avoir formulé cette demande. L'existence d'une demande de retrait du permis de construire modificatif ne ressort pas davantage de la seule indication " Suite à la discussion que vous avez eue avec Madame le Maire et pour faire suite à la demande que vous avez formulé à cette occasion " contenue dans le mail adressé par le secrétaire de mairie au requérant à l'occasion de la notification numérique de l'arrêté attaqué. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de retrait du 7 avril 2021 a été prise sur la demande de M. C ou après que ce dernier a été mis à même de présenter des observations. Dès lors, cette décision est entachée d'un vice de procédure, qui est de nature à avoir privé M. C d'une garantie au regard des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Au surplus, l'arrêté du 7 avril 2021 ne comporte pas l'énoncé des considérations de fait sur lesquelles il se fonde, en méconnaissance des dispositions, rappelées au point 2 du présent jugement, de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 avril 2021.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de la commune de Marnes-la-Coquette en ce sens doivent être rejetées.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1500 euros qu'elle paiera à M. C, au titre des frais non compris dans les dépens que celui-ci a exposé.
D É C I D E:
Article 1er : L'arrêté de la maire de la commune de Marnes-la-Coquette en date du 7 avril 2021 est annulé.
Article 2 : La commune de Marne-la-Coquette versera à M. C une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Marnes-la-Coquette relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Marnes-la-Coquette.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Louvel, premier conseiller,
Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
Rendu public par mise au disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
T. Louvel
Le président,
signé
P. ThierryLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2107070
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026