mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | LECOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires, enregistrés les 28 mai 2021, 1er juin 2021 et 17 juillet 2023, la société Sedifrais Montsoult Logistic, représentée par Me Saint-Sans, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par laquelle l'inspectrice du travail de la section 2-10 de l'unité départementale du Val-d'Oise de la DRIEETS Ile-de-France a refusé de lui accorder l'autorisation de licencier M. B pour motif disciplinaire ;
2°) d'annuler la décision du 29 mars 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, a rejeté explicitement son recours hiérarchique et confirmé la décision de l'inspectrice du travail de la section 2-10 de l'unité départementale du Val-d'Oise du 8 juillet 2020 refusant de lui accorder l'autorisation de procéder au licenciement de M. B pour motif disciplinaire ;
3°) de l'autoriser à procéder au licenciement de M. B ou à défaut, d'enjoindre à l'inspectrice du travail d'autoriser la société à procéder à son licenciement dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a entaché sa décision d'une erreur de fait, en considérant que la matérialité des faits n'était pas établie ;
- les faits sont suffisamment graves pour justifier le licenciement de M. B.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 26 août 2022, M. B representé par Me Lecourt conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Sedifrais Montsoult Logistic la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lecourt, représentant M. B ;
- et les observations de Me Cailloux-Meurice substituant Me Derrienic, représentant la société SEDIFRAIS MONTSOULT LOGISTIC.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce les fonctions de chef d'équipe au sein de la société Sedifrais Montsoult Logistic. Il détient le mandat de membre suppléant du conseil social et économique (CSE). Le 28 janvier 2020, la société Sedifrais Montsoult Logistic a sollicité auprès de l'inspection du travail, l'autorisation de procéder au licenciement de M. B pour motif disciplinaire. Par une décision du 8 juillet 2020, l'inspectrice du travail de la section 2-10 de l'unité départementale du Val-d'Oise a rejeté la demande d'autorisation de licencier M. B. Par un courrier du 8 septembre 2020 réceptionné le 10 septembre 2020, la société Sedifrais Montsoult Logistic a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Du silence gardé par la ministre du travail est née une décision implicite de rejet le 11 janvier 2021. Par une décision du 29 mars 2021 la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a retiré la décision implicite de rejet née le 11 janvier 2021 et a confirmé la décision de l'inspectrice du travail. Par sa requête, la société requérante demande l'annulation des décisions des 8 juillet 2020 et 29 mars 2021.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 2411-10 du code du travail : " Le licenciement d'un membre de la délégation du personnel du comité social et économique interentreprises ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail ". L'article L. 1235-1 du même code prévoit que : " () le juge, à qui il appartient d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. () Si un doute subsiste, il profite au salarié ".
4. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
5. Pour refuser de faire droit à la demande d'autorisation de licencier M. B, fondée sur deux griefs, relatifs notamment au déstockage de la marchandise sans avoir procédé au mouvements de marchandises idoines et au dépôt d'une palette sur les quais de réception en méconnaissance de l'organisation interne, ainsi qu'à l'absence de réaction ayant permis au chauffeur de recharger les palettes sans avoir de retour de marchandise émanant du fournisseur, l'administration s'est fondée sur la circonstance que la matérialité de ces griefs n'était pas établie.
6. La société fait valoir que les images de vidéo-surveillance produites permettent d'établir la matérialité des faits reprochés à M. B. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier qu'il existe d'importantes anomalies dans les stocks pour trois marchandises, il n'est pas sérieusement établi, au travers du script des enregistrements de la vidéo-surveillance, que M. B a procédé d'une part, au mouvement des marchandises litigieuses, ni, d'autre part, qu'il n'a pas réagi à leur chargement. En outre, les témoignages produits au dossier de M. A, daté du 7 novembre 2021 et de M. C, daté du 8 novembre 2021, ne sont pas de nature à établir la matérialité des faits. Au surplus, par décision du 11 août 2020, le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Pontoise a classé sans suite la plainte déposée le 11 octobre 2019 par la société requérante pour vol en réunion au motif que l'infraction n'est pas matériellement caractérisée. Dans ces conditions, et ainsi que l'a relevé le rapport de contre-enquête établi le 14 décembre 2020 dans le cadre du recours hiérarchique formé par la société requérante, les agissements reprochés à M. B ne peuvent pas être retenus comme matériellement établis. Par suite, les moyens tirés de ce que les faits sont matériellement établis et de ce qu'ils sont suffisamment graves pour justifier une autorisation de licenciement doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède, que la société Sedifrais Montsoult Logistic n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 8 juillet 2020 et du 29 mars 2021. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, pour celles aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige
8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par la société Sedifrais Montsoult Logistic au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la société Sedifrais Montsoult Logistic, la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Sedifrais Montsoult Logistic est rejetée.
Article 2 : La société Sedifrais Montsoult Logistic versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Sedifrais Montsoult Logistic, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à M. D B.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
Mme Colin, première conseillère ;
M. Jacquelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne à la ministre du travail de la santé et de la solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2107085
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026