Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2107322

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2107322
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, qui demandait l'annulation de la décision de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) lui retirant la subvention "MaPrimeRénov'" pour l'installation d'une pompe à chaleur. Le tribunal a jugé que les travaux avaient commencé avant le dépôt de la demande, en méconnaissance de l'article 2 du décret n°2020-26 du 14 janvier 2020, qui exige que les travaux soient postérieurs à l'accusé de réception de la demande. Les difficultés de connexion et les conseils erronés des services de l'Anah, bien que regrettables, ne constituent pas une dérogation exceptionnelle prévue par ce décret. En conséquence, la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juin 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle l'Agence nationale de l'habitat (Anah) a rejeté son recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 janvier 2021 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat a retiré la subvention " MaPrimeRénov' " qu'elle lui avait accordée pour l'installation d'une pompe à chaleur.

Il soutient que s'il a procédé à l'installation de la pompe à chaleur avant d'avoir déposé sa demande de prime à la transition énergétique, les services de l'Anah, dont il avait pris l'attache, lui avait indiqué qu'il devait avancer les frais d'installation de cette pompe à chaleur et que la prime de transition énergétique ne lui serait versée qu'après le versement de l'aide au titre des certificats d'économie d'énergie (CEE).

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 15 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé, le 13 novembre 2020, une demande de prime de transition énergétique dite " Ma PrimeRénov' " pour l'installation d'une pompe à chaleur de son logement. Par une décision du 27 novembre 2020, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) lui a accordé une prime d'un montant estimé à 3 000 euros. Par une décision du 20 janvier 2021, l'Anah lui a retiré cette aide. Par une décision du 11 janvier 2022, dont M. B demande l'annulation, l'Anah a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. B, contre la décision du 20 janvier 2021.

2. Aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable au litige : " II. - Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. / Toutefois, le directeur général de l'agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment : / - en cas de travaux ou prestations urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - en cas d'application des articles L. 125-1 et L. 122-7 du code des assurances pour les dommages causés par des catastrophes naturelles ou par les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. / Par dérogation au premier alinéa du présent II, entre le 1er et 31 janvier 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations, sous réserve que ceux-ci aient commencé au cours de la même période. / Pour les travaux d'isolation des murs, en façade ou pignon, mentionnés au 10 de l'annexe 1 au présent décret, lorsque ces travaux sont réalisés par l'extérieur et ne portent pas sur des parties communes ou éléments d'équipements communs à plusieurs logements, par dérogation au premier alinéa du présent II, jusqu'au 1er novembre 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux, sous réserve que ceux-ci aient commencé entre le 15 juillet 2020 et le 31 août 2020 ".

3. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la facture datée du 6 août 2020 que les travaux ont commencé avant l'accusé de réception de la demande de prime qui a été déposée le 13 novembre 2020. Si le requérant relève qu'il a débuté la création de son dossier de demande prime en mai 2020, qu'il a rencontré des difficultés pour se connecter sur le site dédié et que les services de l'Anah lui ont indiqué qu'il devait d'abord obtenir l'octroi de l'aide au titre des certificats d'économie d'énergie (CEE) avant la prime de transition énergétique et l'ont ainsi induit en erreur, ces circonstances, pour regrettables qu'elles soient, ne sont pas de nature à établir que la demande entrerait dans un des cas de dérogations prévues par les dispositions rappelées au point 2.

4. Sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Buisson, président ;

- M. Ausseil, conseiller ;

- Mme L'Hermine, conseillère ;

assistés de Mme Duroux, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

M. L'Hermine

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

C. Duroux

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°210732