lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LANGLOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 juin 2021, 25 mars 2022 et 3 mai 2022, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées les 25 mars 2022 et 4 mai 2022, M. H B, représenté par Me Langlois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation et de le munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l'effacement du système d'information Schengen des données le concernant ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
s'agissant de la décision de refus de séjour :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas la possibilité de l'admettre au séjour dans le cadre du pouvoir discrétionnaire dont il dispose ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il était inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur pour l'années universitaire 2020-21 ;
- elle procède à une inexacte application des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
s'agissant de la mesure d'éloignement :
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors que le préfet n'était pas en situation de compétence liée de procéder à son éloignement du seul fait du refus de séjour dont il a fait l'objet ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
s'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire:
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
s'agissant de la décision d'interdiction de retour :
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête, faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa codification applicable jusqu'au 30 avril 2021 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les observations de Me Bertaux, substituant Me Langlois, représentant M. B, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant du Burkina-Faso né le 1er octobre 1988, est entré en France le 8 novembre 2018, muni d'un visa de long-séjour étudiant et a été admis au séjour en qualité d'étudiant. Par un arrêté du 30 avril 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de destination et lui a interdit d'y retourner pour une durée d'un an.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la légalité du refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté est revêtu de la signature de M. D C, attaché, adjoint au chef de bureau du séjour des étrangers à la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui avait reçu du préfet de ce département une délégation, par l'arrêté PCI n° 2021-067 du 29 octobre 2021, régulièrement publié le 5 novembre 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E A, directrice des migrations et de l'intégration, les décisions de refus de renouvellement de titre de séjour, les décisions d'obligation de quitter le territoire français, ainsi que les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français.
3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour énonce les considérations de droit et de fait qui constitue son fondement. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient que le préfet n'a pas tenu compte de son inscription dans une formation d'expert en cyber sécurité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui ne fonde sa demande de titre de séjour que sur son inscription à une formation en anglais, ait fait état de cette inscription auprès du préfet. En tout état de cause, à supposer même que les pièces éparses et afférentes à quatre établissements d'enseignement différents témoignent de l'admission de M. B dans une formation en sécurité informatique, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le requérant ait sollicité une telle admission avant l'intervention de la décision attaquée. Le moyen tiré du défaut d'examen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, si le requérant soutient que le préfet n'a pas examiné sa demande d'admission au séjour au titre du pouvoir discrétionnaire de régularisation dont il dispose, il ne résulte d'aucun texte, ni d'aucun principe que le préfet ait l'obligation de procéder à cet examen pour l'ensemble des demandes de titres de séjour aboutissant à des refus. Il n'a donc pas méconnu l'étendue de sa compétence, en ne procédant pas, dans le cas de M. B, à un tel examen de sa situation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes du I de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". () ".
8. Pour refuser de faire droit à sa demande de renouvellement, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que le requérant, diplômé à l'issue de l'année 2019-2020 d'un master 2 en informatique, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pour l'année scolaire 2020-2021 en vue de suivre une préparation au Test of English for International Communication (TOIEC) auprès d'un établissement dénommé ESECAD appartenant au groupe Skill and You, alors que cette formation, assurée par une société d'enseignement à distance, ne nécessitait pas un séjour en France.
9. D'une part, si le requérant soutient qu'il était encore inscrit dans sa formation de master 2 pour l'année scolaire 2020-21, dès lors que sa soutenance et sa diplomation avaient été retardées en conséquence de la crise sanitaire et du rachat de son école, il ressort des pièces du dossier que M. B avait bien achevé son cursus à la date de la décision attaquée, s'étant vu délivrer un " titre de spécialiste en informatique et systèmes d'information " de niveau bac + 5.
10. D'autre part, si le requérant soutient que la maîtrise de l'anglais est un complément indispensable à sa formation d'ingénieur informatique, cet élément est sans incidence sur la légalité des motifs de refus du préfet, alors qu'au demeurant le refus de séjour ne fait pas obstacle à ce que M. B suive la formation à laquelle il s'est inscrit. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'une inscription dans une seconde formation, déjà mentionnée au point 5, il n'établit pas l'existence d'une telle inscription à la date de la décision attaquée. S'il soutient que le retard pris dans sa demande d'inscription dans cette nouvelle formation est la conséquence de la crise sanitaire et du rachat de son école Supinfo par le groupe Ionis, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le requérant ait été empêché par cette situation dans une démarche d'inscription dans une formation universitaire, qu'au demeurant il n'a pas mentionnée dans sa demande de titre de séjour.
11. Enfin, si le requérant se prévaut de son sérieux et de son assiduité dans le suivi de ses études, le préfet n'a pas fondé sa décision sur un motif en remettant en cause les conditions dans lesquelles M. B a suivi ses études depuis son arrivée en France.
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
13. En sixième lieu, si le requérant soutient que la décision méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas des termes du dossier que le préfet ait examiné la possibilité de l'admettre au séjour sur le fondement de ces dispositions. Son moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.
14. En septième lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
15. Pour justifier d'avoir établi en France le centre de sa vie privée et familiale, M. B se prévaut de sa présence en France depuis 2018, de la présence en France de son frère de nationalité française chez qui il vit ainsi que de ses expériences professionnelles acquises dans son domaine de formation. Toutefois, le requérant, qui a séjourné régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour " étudiant " ne lui donnant pas vocation à y résider durablement, ne conteste pas les termes de la décision selon lesquelles il est célibataire et sans enfant sur le territoire national, non dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 30 ans. Son moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
16. En dernier lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu à égard à ses conséquences sur sa situation personnelle, il se prévaut des mêmes circonstances relatives à son parcours universitaire et à sa vie privée et familiale déjà examinées aux points 10 à 12 et au point 15. Son moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision d'éloignement :
17. En premier lieu, dès lors qu'il ne résulte pas des énonciations du présent jugement que la décision de refus de séjour soit entachée d'une illégalité justifiant son annulation, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision d'éloignement par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de séjour.
18. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger (), lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / () / 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; / () ".
19. Il est constant que M. B a fait l'objet d'un refus de séjour, sur le fondement duquel le préfet pouvait donc prendre une mesure d'éloignement. S'il soutient qu'il s'agissait d'une simple faculté pour le préfet et qu'il lui appartenait en conséquence de procéder à l'examen de sa situation personnelle, il ne ressort ni des termes de la décision, ni des pièces du dossier que le préfet ait agi comme s'il était en situation de compétence liée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du défaut d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés.
20. En troisième lieu, si le requérant soutient, à l'appui des circonstances déjà examinées précédemment aux points 10 à 12 et au point 15 que la décision d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu à égard à ses conséquences sur sa situation personnelle, il y a lieu d'écarter ces moyens pour les mêmes motifs que ceux déjà énoncés à ces mêmes points.
En ce qui concerne la légalité du délai de départ volontaire :
21. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision d'éloignement n'est entachée d'aucune illégalité, de sorte que le requérant n'est pas fondé à demander sur ce fondement l'annulation par voie de conséquence de la décision lui ayant accordé trente jours de délai de départ.
22. En deuxième lieu, la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire comporte les considérations de droit et de fait constituant son fondement.
23. En troisième et dernier lieu, aux termes du 1er alinéa du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
24. Le requérant, qui bénéficie d'un délai de trente jours pour exécuter la décision d'éloignement, ne se prévaut d'aucune circonstance exceptionnelle précise justifiant que lui soit accordé un délai supérieur. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
25. Il résulte de ce qui précède que la décision d'éloignement n'est entachée d'aucune illégalité, de sorte que le requérant n'est pas fondé à demander sur ce fondement l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la légalité interne de l'interdiction de retour sur le territoire :
26. Aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. () / Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
27. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a toujours résidé régulièrement en France, n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Il n'est par ailleurs ni établi, ni même soutenu, que sa présence sur le territoire français représenterait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, il est fondé à soutenir que l'interdiction de retour litigieuse est entachée d'erreur d'appréciation et, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à son encontre, à en obtenir l'annulation.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021 en tant que le préfet des Hauts-de-Seine lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
29. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
30. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifié une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 20/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010, au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". Aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription () ".
31. D'une part, l'exécution du présent jugement n'implique ni la délivrance d'un titre de séjour à M. B, ni le réexamen de sa demande de titre de séjour, comme il en fait la demande. Toutefois et d'autre part, il implique l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui résulte de l'annulation de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français. Il est donc enjoint au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, de faire procéder à la suppression, par les services compétents, du signalement du requérant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen compte tenu de cette annulation, laquelle constitue un motif d'extinction au sens de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 précité dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige
32. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. B de la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La décision du préfet des Hauts-de-Seine du 30 avril 2021 faisant à M. B interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.
Article 2: Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de M. B, de faire procéder à la suppression, par les services compétents, du signalement de ce dernier aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. H B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme F et M. G, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. FLa présidente,
signé
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026