vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107513 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIEU ET ASSOCIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 21 septembre 2021, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les Allées de Madrid " et M. et Mme C, représentés par la SELAFA Cabinet Cassel, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° DP 092 051 21 D3141 du préfet des Hauts-de-Seine du 11 mai 2021 de non-opposition à déclaration préalable pour des travaux réalisés 3 rue Boutard, à Neuilly-sur-Seine ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le syndicat des copropriétaires dispose d'un intérêt à agir contre la décision attaquée ;
- le syndic est autorisé à agir en justice au nom du syndicat des copropriétaires ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée de fraude ;
- elle méconnait les dispositions de l'article UA 12.1.3 du plan local d'urbanisme de la commune.
Par des pièces complémentaires et un mémoire en défense, enregistrés les 27 juillet et 6 septembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par lettre du 23 avril 2024, les parties ont été informées de ce que la décision du tribunal était susceptible d'être fondée sur deux moyens relevés d'office tirés du défaut d'intérêt à agir du syndicat des copropriétaires requérant et de l'irrecevabilité de la requête du fait du caractère superfétatoire de la décision attaquée, dès lors que le projet autorisé par l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable correspond, au sens des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme à la sous-destination " établissement social " de la destination " équipements d'intérêt collectif et services publics ".
Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les Allées de Madrid " et M. et Mme C ont produit des observations, enregistrées le 24 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ausseil,
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. L'Etat est propriétaire, au sein de la résidence des Allées de Madrid sise 3, rue Boutard, à Neuilly-sur-Seine, de lots de copropriété qui, jusqu'au 31 août 2019, étaient occupés par la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine pour les besoins de la trésorerie municipale de cette ville. A la suite du déménagement de ce service, l'Etat a entendu affecter ces locaux à l'hébergement d'urgence et a consenti, à cette fin, une convention d'occupation domaniale à l'association COALLIA puis déposé, le 8 avril 2021, une déclaration préalable de travaux. Le 11 mai 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a pris l'arrêté n° DP 092 051 21 D3141, de non-opposition à la déclaration préalable, dont les requérants demandent l'annulation.
Sur la recevabilité de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R. 421-14 à R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () / b) Les changements de destination d'un bâtiment existant entre les différentes destinations définies à l'article R. 151-27 ; pour l'application du présent alinéa, les locaux accessoires d'un bâtiment sont réputés avoir la même destination que le local principal et le contrôle des changements de destination ne porte pas sur les changements entre sous-destinations d'une même destination prévues à l'article R. 151-28 () ". Aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme : " Les destinations de constructions sont : / 1° Exploitation agricole et forestière ; / 2° Habitation ; / 3° Commerce et activités de service ; / 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; / 5° Autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire. ". Selon l'article R. 151-28 du même code : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / () 4° Pour la destination " équipements d'intérêt collectif et services publics " : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, autres équipements recevant du public () ". Il résulte des dispositions combinées des articles R. 421-14, R. 421-16 et R. 421-17 du code de l'urbanisme que sont soumis à déclaration préalable les changements de destination des constructions tels qu'ils sont définis aux articles R. 151-27 et R. 151-28 du même code.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 322-1 du code de l'action sociale et des familles : " Sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, les établissements et les services, dotés ou non d'une personnalité morale propre, énumérés ci-après: [] 8o Les établissements ou services comportant ou non un hébergement, assurant l'accueil, notamment dans les situations d'urgence, le soutien ou l'accompagnement social, l'adaptation à la vie active ou l'insertion sociale et professionnelle des personnes ou des familles en difficulté ou en situation de détresse ". Aux termes de l'article R. 322-1 du même code : " Sont considérées comme établissements, au sens de l'article L. 322-1 et des dispositions du présent chapitre, les installations aménagées par une personne morale de droit privé pour l'hébergement collectif et permanent d'adultes en vue de leur réadaptation sociale, quel que soit leur nombre, sans les insérer dans une famille ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les locaux faisant l'objet de la décision en litige étaient antérieurement occupés par la trésorerie municipale de Neuilly-sur-Seine et se rattachaient ainsi à la destination des " Equipements d'intérêt collectif et services publics " mentionnée à l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme. Il ressort des mêmes pièces que l'Etat a entendu réaffecter ces locaux à un usage d'hébergement d'urgence régi par les articles L. 322-1 et R. 322-1 du code de l'action sociale et des familles. Une telle structure doit être regardée comme un établissement d'action sociale au sens de l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme correspondant à une sous-destination de la destination susmentionnée des Equipements d'intérêt collectif et services publics. Dans ces conditions, et dès lors que les travaux entrepris dans les locaux faisant l'objet de la décision attaquée ne constituent pas un changement de destination au sens des dispositions précitées des articles R. 151-27 et 151-28 du code de l'urbanisme, aucune autorisation d'urbanisme n'était nécessaire. Il résulte de ce qui précède que la décision du préfet des Hauts-de-Seine de non opposition à déclaration préalable est superfétatoire et n'est donc pas susceptible de faire grief aux tiers. Ainsi les requérants ne sont pas recevables à contester la légalité de l'arrêté du 11 mai 2021.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les Allées de Madrid " et M. et Mme C au titre des frais liés au litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le préfet des Hauts-de-Seine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les Allées de Madrid " et M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet des Hauts-de-Seine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les Allées de Madrid ", à M. A et Mme B C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en est adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président ;
Mme Saih, première conseillère ;
M. Ausseil, conseiller ;
assistés de Mme Pradeau, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Ausseil
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026