vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | JEUGUE DOUNGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2021, M. D E, représenté par Me Jeugue Doungue, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation de regroupement familial, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet et, le cas échéant au ministre de l'intérieur, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros en réparation des préjudices moral et matériel subis en raison de l'illégalité de l'arrêté attaqué ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-7, L. 434-8 et R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le niveau de ses ressources et de celles de son épouse ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée de discrimination à raison de son âge ;
- il remplit les conditions tenant à l'intégration dans la société française et au respect des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ;
- la présence en France de son épouse n'est pas représentative d'une menace pour l'ordre public ;
- le refus illégal de regroupement familial qui lui a été opposé lui a causé des préjudices moral et matériel, évalués à hauteur de 2 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de M. E, qui n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable adressée à l'administration, sont irrecevables en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions à fin d'annulation ne sont pas fondées dès lors qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Des pièces complémentaires, produites pour M. E et enregistrées le 24 juin 2022, n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,
- et les observations de Me Ntsama substituant Me Jeugue Doungue, avocat du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant tunisien né le 7 décembre 1948 et titulaire d'une carte de résident valable du 27 juin 2017 au 28 juin 2027, a présenté, le 23 juin 2020, une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme A B. Par un arrêté du 19 mai 2021, dont M. E demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. E, âgé de soixante-douze ans à la date de la décision attaquée, vit sur le territoire français depuis les années 1970, en dernier lieu sous couvert d'une carte de résident valable jusqu'au 28 juin 2027, et que ses deux fils, nés en 1972 et 1976, sont respectivement de nationalité française et titulaire d'une carte de résident. Après le décès de sa première épouse, survenu en novembre 2015, l'intéressé s'est marié, le 7 août 2017 en Tunisie, avec Mme A B, au profit de laquelle il a sollicité le regroupement familial, une première fois le 10 octobre 2018 et une seconde fois le 23 juin 2020. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé est retraité et qu'il perçoit des ressources mensuelles d'un montant total de 1 157,27 euros, constitué d'une pension de retraite et d'une retraite complémentaire. Si, au cours de la période de douze mois précédant le dépôt de sa seconde demande de regroupement familial, ses ressources étaient inférieures d'environ soixante euros aux critères d'acceptation du regroupement familial, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de sa situation de retraité, de son âge et son état de santé, il pourrait bénéficier d'un complément de revenus lui permettant de combler ce faible écart, ses enfants s'étant par ailleurs engagé à lui apporter une aide financière en cas de besoin. En outre, il ressort du certificat médical en date du 1er juin 2021, établi par un néphrologue, que l'intéressé souffre notamment d'une insuffisance rénale chronique et qu'il bénéficie d'un suivi médical régulier en raisons de ses graves problèmes de santé, qui nécessitent la présence d'une tierce personne pour tous les actes de la vie quotidienne. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, M. E est fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a, en refusant de faire droit à la demande de regroupement familial présentée au profit de son épouse, entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. E est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée au profit de son épouse.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
5. En l'espèce, M. E ne conteste pas qu'il n'a pas formé de demande préalable indemnitaire auprès de l'administration. Ainsi, en l'absence de toute décision rejetant une demande indemnitaire du requérant, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation de l'arrêté attaqué, retenu au point 2, et sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, le présent jugement implique nécessairement que l'autorité préfectorale fasse droit à la demande de regroupement familial présentée par M. E. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'autoriser le regroupement familial au bénéfice de son épouse, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, visée ci-dessus : " L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".
8. Par courrier du 30 juin 2021, le conseil de M. D a informé le tribunal de qu'aucune demande d'aide juridictionnelle n'avait été déposée par le requérant. Dans ces conditions, les conclusions de la requête, présentées sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 mai 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. E est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'autoriser le regroupement familial au profit de l'épouse de M. E dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, Mme C et M. F, premiers conseillers,
assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
S. FLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. G
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026